Egypte: Un journaliste incarcéré réapparaît devant un tribunal après trois mois de disparition

communiqué de presse

Le journaliste égyptien Badr Mohamed Badr, emprisonné depuis plus de deux ans, a comparu devant un juge le 25 février après avoir disparu pendant trois mois, alors qu'il aurait dû être libéré. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ces procédures inacceptables, moyens détournés pour maintenir les journalistes en prison.

Le journaliste d'Al Jazeera Badr Mohamed Badr, en détention préventive depuis mars 2017 pour "appartenance à un groupe terroriste" et "diffusion de fausses nouvelles", avait disparu depuis le 3 décembre 2019. Fin novembre, la justice avait approuvé sa libération, mais la décision n'avait pas été suivie d'effet et l'administration pénitentiaire n'avait plus communiqué d'information sur son cas, laissant ses proches sans nouvelles pendant près de trois mois. Il vient de réapparaître, le 25 février, lors d'une audience du tribunal de la sûreté générale du Caire, car une nouvelle enquête a été ouverte contre lui. Cette fois, les charges n'ont pas été précisées.

"Comme si de rien n'était, la justice égyptienne revient sur sa décision de libérer Badr Mohamed Badr et le fait comparaître après plusieurs mois d'absence, dénonce Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). Tout est fait pour maintenir les journalistes derrière les barreaux et remettre les compteurs à zéro en ouvrant une nouvelle enquête, afin de contourner la durée légale maximale de la détention préventive, qui est de deux ans."

Ce procédé a déjà été utilisé contre un autre journaliste d'Al Jazeera, Mahmoud Hussein. Arrêté en décembre 2016, il avait été déclaré libérable en mai 2019, mais au dernier moment, l'administration pénitentiaire avait annoncé son maintien en détention et l'ouverture d'une nouvelle enquête contre lui.

D'autres journalistes, notamment Moataz Wednan, Hassan Al-Banna Mubarak et Mostafa Al-Aasar sont emprisonnés sans jugement depuis plus de deux ans . Leur détention préventive dépasse ainsi la durée maximale théoriquement autorisée dans le pays.

L'Egypte occupe la 163e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

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