Maroc: Philippe Garrel revient à ses premières amours

Tous les trois ans environ, il donne des nouvelles avec un film en noir et blanc explorant les rapports amoureux.

En compétition pour la première fois à la Berlinale, Philippe Garrel continue de creuser son sillon avec "Le sel des larmes", ode à la jeunesse. Pour ce nouveau film, l'héritier de la Nouvelle vague a enrôlé ses élèves du conservatoire et a travaillé avec Jean-Claude Carrière, scénariste entre autres de Buñuel et Godard, et avec Arlette Langmann. "On a écrit sur la jeunesse, forcément d'après notre jeunesse", a confié le réalisateur français de 71 ans samedi en conférence de presse. "C'est un portrait de quand on avait 20 ans, j'ai juste éliminé la drogue".

Le film se penche sur les amours de Luc, jeune provincial de passage à Paris pour passer le concours d'entrée à l'école Boulle et devenir ébéniste comme en rêve son père, joué par André Wilms. Incarné par un nouveau venu, Logann Antuofermo, le personnage de Luc passe de bras en bras et ne cesse de s'interroger sur ses sentiments, inquiet de savoir s'il s'agit vraiment d'amour.

Après sa rencontre avec Djemila (Oulaya Amamra, découverte dans "Divines"), il croisera la route de Geneviève, qu'il connaissait du lycée. Leur histoire s'épuisera quand il ira s'installer à Paris.

La rencontre avec Betsy le bouleversera jusqu'à ce qu'elle lui impose un couple à trois avec un de ses amis. Cette farandole de figures féminines pourrait faire oublier l'autre relation qui est au centre du film, celle qu'entretient le jeune homme avec son père, entre désir de plaire et velléités d'indépendance.

C'est au coeur de cette relation que le silence et les incompréhensions laisseront le plus de traces, comme cette scène où Luc fait mine d'être absent pour ne pas ouvrir la porte à son père. Comme à son habitude, Philippe Garrel opte pour une mise en scène quasi atemporelle (les portables existent mais n'ont pas droit de cité à l'écran), sous influence de la Nouvelle vague, de Truffaut notamment. "Avec un scénario classique, on peut faire un film moderne", avance-t-il, en dépit de dialogues parfois surannés et d'une voix off apportant une dimension très littéraire à l'ensemble. "J'essaie de faire des films que des gens qui ne sont pas cinéphiles puissent comprendre. Il faut être très simple, très explicite", a souligné celui qui, grâce à des heures de répétitions avec les acteurs, se contente d'une ou deux prises le jour du tournage.

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