Cameroun: Les élections législatives annulées dans une partie des régions anglophones

Camerounais lisant des journaux dans la rue.

Les habitants de onze circonscriptions devront retourner aux urnes dans les prochaines semaines. La décision vient du Conseil constitutionnel, et a été rendue publique hier soir.

C'est la CRTV, la radio-télévision nationale, qui a rapporté hier soir la décision du Conseil constitutionnel. Au total, dix circonscriptions du Nord-Ouest, et une circonscription du Sud-Ouest devront organiser de nouvelles élections.

Pour l'instant, la date du nouveau scrutin dans les localités concernées n'a pas encore été rendue publique. La plus haute juridiction du pays n'a pas non plus exposé les raisons qui l'ont poussée à prendre cette décision.

Grégoire Owana, le secrétaire général adjoint du RDPC, le parti au pouvoir, s'est dit « frustré » par le jugement au micro de la CRTV, mais s'« incline devant la décision ». Akuma Acha, l'un des candidats aux élections législatives du SDF, le Front social démocrate, parti d'opposition, se réjouit au contraire de l'annonce. « La Cour constitutionnelle a fait justice » a-t-il déclaré.

Dans les deux régions anglophones, les séparatistes avaient appelé les habitants à ne pas se rendre aux urnes, et menacé de représailles les votants.

Les jours suivant le scrutin, 40 requêtes en annulation totale ou partielle du vote avaient été déposées au Conseil constitutionnel par plusieurs partis politiques, et notamment par le SDF.

■ Human Rights Watch contredit dans un rapport la version des faits du ministère de la Défense camerounais concernant les violences du 14 février à Ngarbuh, village en zone anglophone. Des violences qui ont causé la mort de plusieurs civils. Ilaria Allegrozzi est l'auteure du rapport de l'ONG : elle nous raconte la version des événements relayée par Human Rights Watch.

[...] D'après les témoins, une fois les tueries terminées, les militaires se seraient adressés aux habitants du village en avertissant que le village serait détruit s'ils continuaient d'abriter les séparatistes. Donc une vraie représaille.

«Le gouvernement parle d'incident malheureux, nous parlons de tueries délibérées»

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