Afrique de l'Ouest: Libre circulation des personnes et des biens - La Task force au rapport

26 Février 2020

La Task force sur le schéma de la libéralisation des échanges de la CEDEAO, a tenu sa réunion annuelle les 24 et 25 février 2020, à Ouagadougou pour faire le bilan des quatre ans d'activités et dégager des perspectives.

Les entraves de toute nature érigées le long des corridors et des ports des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) font perdre à l'économie de la région, d'importants points de croissance.

Dans l'optique de lever ces obstacles et d'accélérer davantage le processus d'intégration communautaire, les Etats membres ont mis en place en mai 2016 une Task force sur le schéma de la libéralisation des échanges de la CEDEAO. Après quatre années d'activités, cette structure fait le bilan de son premier mandat, au cours de sa réunion annuelle qui s'est tenue les 24 et 25 février 2020 à Ouagadougou.

Selon le président de la Task force, Salou Djibo, au cours de ces quatre années, sa structure a, entre autres, rencontré les décideurs des Etats membres, les usagers aux frontières et consulté la société civile à l'effet de mieux appréhender les problèmes et de faire avancer les politiques et les règles en matière d'intégration.

« Nous avons présenté nos constats, rapports et recommandations aux instances officielles et lors des conférences », a précisé M. Djibo.

Pour lui, cette dernière rencontre constitue une occasion de présenter le rapport d'activités 2019 de son institution, le plan de travail de 2020 et de convenir du plan de présentation de son rapport final.

Cette réunion offre également l'opportunité aux participants d'échanger sur les difficultés opérationnelles ainsi que sur les facteurs de succès en matière de libéralisation des échanges dans l'espace CEDEAO.

La fermeture des frontières nigérianes sur la table

Et la question de la fermeture par le Nigeria de ses frontières avec le Niger et le Bénin était au menu des échanges, a indiqué le président de la Task force. « Cette fermeture n'est pas sans conséquences. Mais nous travaillons à ce que tout le monde prenne conscience de l'intérêt de cette libre circulation.

Il est important que l'on respecte sur le terrain, les textes qui ont été signés et ratifiés par les Etats membres », a-t-il signifié.

Le problème nigérian a un impact négatif sur les producteurs de la sous-région, a souligné le président d'honneur du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA), Mamadou Cissokho.

« Les producteurs ont non seulement perdu des milliers de tonnes de marchandises mais aussi leurs produits ne circulent plus. Car beaucoup utilisent ce corridor pour l'écoulement de leurs productions », a-t-il martelé.

A l'écouter, le ROPPA envisage porter plainte devant la Cour de justice de la CEDEAO pour les dommages subis par les producteurs. Pour M. Cissokho, les paysans de la zone ouest-africaine sont victimes de tracasseries sur les routes par manque d'informations sur la non taxation des produits de cru.

Passer au peigne fin les facteurs limitants

C'est pourquoi, il a invité chaque gouvernement à prendre des dispositions pour informer suffisamment ses populations.

Selon le ministre de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur, Paul Robert Tiendrebéogo, il est important que la fermeture de la frontière nigériane ne perdure pas au regard de ses impacts sur l'image et la crédibilité de l'organisation ainsi que sur la bonne santé de l'espace communautaire.

Le ministre a par ailleurs rassuré la Task force, de l'engagement du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, en sa qualité de champion de la libre circulation des personnes et des biens dans l'espace CEDEAO, à œuvrer à côté de ses pairs, de sorte à gagner le pari d'une zone ouest-africaine où les citoyens auront le droit d'aller et de venir, de s'installer et de travailler là où ils désirent.

Le commissaire de la CEDEAO, chargé du commerce et des douanes et de la libre circulation, Tèi Konzi, a pour sa part invité les participants à la rencontre à examiner sans complaisance les difficultés opérationnelles qui handicapent le bon fonctionnement de la Task force et ses activités dans les Etats membres.

Pour ce qui est des perspectives, M. Konzi les a appelé à prendre en compte les nouvelles dynamiques et les nouveaux développements de la région pour revoir le mandat de la Task force et les activités réalisables.

Il a enfin, salué les actions concrètes du gouvernement burkinabè en faveur de l'approfondissement de l'intégration régionale, notamment dans le dossier nigérian.

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