Madagascar: Make The Choice Madagascar - Culture d'algues marines dans la baie Lohotrozona Antanambe

Né à Ankazoabo Sud Toliara, il a passé son enfance d'une ville à une autre puisque son père était gendarme et souvent affecté. À 12 ans, il a continué ses études à Fianarantsoa jusqu'à l'obtention de son diplôme de baccalauréat.

Dès lors, il a habité seul avec son petit frère. Cette situation l'a obligé à prendre des responsabilités très tôt. « Tout au long de mon enfance, le sport m'a beaucoup aidé à adopter de bonnes valeurs : l'effort, la solidarité et le respect de l'autre. Même si mes parents étaient souvent absents, le sport m'a aidé à avoir une bonne maîtrise de soi.

Chaque jour après l'école, j'allais faire du sport, j'aimais courir et jouer au football. Puis arrivé à la maison, je faisais cuire le riz et la viande, puis je faisais mes devoirs. », raconte-t-il. Après le lycée, il a déménagé dans la capitale pour pouvoir suivre des études universitaires dans la filière Gestion.

« Depuis la classe de Troisième, j'ai été passionné par l'électricité. Habile de mes mains, quelques années plus tard, je suis devenu technicien en électroménager et en froid industriel. En 2007, j'ai été directeur technique pour le groupe SMTP », explique-t-il.

Le projet Farming Antongile Bay

Odilon a hérité du caractère de son père : travailleur, honnête et déterminé. Son savoir-faire dans le domaine de la culture des algues marines, il le doit à un Américain qui lui a transmis énormément de connaissances en la matière. En collaboration avec un ami, il a déjà développé son activité dans la région d'Analanjirofo.

Cela l'a permis de maîtriser toutes les techniques. Cette fois-ci, en participant au concours MTCM, il envisage de mener seul cette activité en cultivant des algues rouges et d'autres espèces. Notons que l'agar agar est un gélifiant alimentaire extrait d'algues rouges. Actuellement, il a déjà acquis un site dans la baie Lohotrozona Antanambe où il pourra construire la sècherie. Un hangar est aussi prêt pour le stockage des produits.

« La production d'algues se fera sur un cycle de quarante-cinq jours et nécessite un séchage d'environ quatre à cinq jours. Pour ce faire, je compte mobiliser les pêcheurs pour la culture d'algues. Les femmes des pêcheurs, quant à elles, travailleront à la sècherie. Mon but est de donner un revenu fixe tous les quarante-cinq jours aux familles de pêcheurs.

La plantation d'algues attirera également plus de poissons dans le lagon. Nous allons produire à la fois des algues brutes et raffinées. Nos produits s'adressent aux industries agroalimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques. Actuellement, mon équipe et moi-même sommes en train de travailler sur la fiche technique de nos produits pour pouvoir ciblée des clients potentiels à Madagascar» dit-il.

Dans trois à cinqans, il envisage d'acquérir un broyeur qui lui permettra de transformer les algues séchées engrais biologiques et aliments de bétail. De cette manière, il pourra exporter ces produits avec des valeurs ajoutées. À long terme, il envisage d'ouvrir un laboratoire d'analyse pour l'extraction des algues.

L'aventure MTCM

MTCM a ouvert de nombreuses portes à Odilon. Depuis sa participation, il a été contacté par de nombreuses personnes souhaitant collaborer avec lui. « Au tout début de l'aventure, je me sentais assez gêné par rapport aux autres candidats car la majorité d'entre eux sont jeunes. Certains sont plus à l'aise avec les nouvelles technologies tandis que moi avec mon âge, je dois apprendre. J'avoue qu'il y a plusieurs aspects du projet que je ne maîtrise pas encore.

Néanmoins, dans l'aventure MTCM, j'avance step by step. Les ateliers/formations proposées m'ont beaucoup aidé à avancer et à prendre confiance en moi. Par exemple, les experts nous ont appris à faire attention à la communication orale, à soigner notre apparence et nos gestes. »

Aujourd'hui, Odilon a une confiance totale en son projet. Plusieurs personnes le soutiennent, il est au stade d'élaboration du business plan. « L'entrepreneuriat est un levier de développement pour Madagascar. J'aime mon pays, voilà pourquoi je suis fier de contribuer à son ascension. Je remercie Simon Gomis, CEO de ELAmad, d'avoir eu l'initiative de créer le dispositif MTCM à Madagascar car mon projet ne serait pas à son stade actuel sans l'existence du concours », conclut-il.

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