Congo-Kinshasa: Kasaï Central - Les médias interdits de diffuser tout contenu politique

Pendant que le Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, consolide la presse comme «quatrième colonne» de la démocratie en RD. Congo, le gouverneur de la province du Kasaï Central menace de fermer toutes les radios qui oseront diffuser tout contenu à caractère politique sur leurs ondes émissions.

Sur ordre de Martin Kabuya, renseigne-t-on, l'Union nationale de la presse du Congo, UNPC/Kananga, vient de réduire sous silence certains médias qui ont organisé des débats politiques sur la vie quotidienne de cette province en ruines.

Cette mesure draconienne et anti-démocratique entre en violation de l'article 23 de la Constitution en RDC qui stipule que : « toute personne a droit à la liberté d'expression ». Ce droit implique la liberté d'exprimer ses opinions ou ses convictions notamment, par la parole, l'écrit et l'image, sous réserve du respect de la loi, de l'ordre public et de bonnes mœurs.

Donc, la décision de l'autorité provinciale constitue une entrave à la liberté de la presse dans le Kasaï Central où le torchon brûle entre Martin Kabuya et les députés provinciaux. Cette situation risque de mettre encore la province en péril.

Incapable de fermer légitimement les médias comme il avait essayé au début de sa mandature, le numéro Un du Kasaï central instrumentalise à présent le président de l'UNPC pour étouffer dans l'œuf toute contestation de ses bévues publiques sur le policier tabassé et torturé chez-lui sous sa barbe.

Des journalistes en colère contre le Gouverneur

Non content d'avoir instrumentalisé tous les services de la territoriale, de l'enseignement scolaire et des hôpitaux, des régies fiscales et financières, il s'en prend maintenant à la presse audiovisuelle. "Grave entorse à la liberté de presse et d'opinion dans toute une province où il n'y a plus désormais que la voix du « Roi-Soleil » à entendre". Nous demandons aux responsables de l'UPNC à Kinshasa de réagir rapidement contre la décision du Gouverneur et surtout de suspendre même leurs représentants au niveau de province. C'est anormal", dénonce un journaliste d'une radio locale à Kananga.

Lui qui est déjà accusé dans plusieurs dossiers salles dans sa juridiction, le tout puissant Gouverneur continue encore et toujours à poser des actions antisociales.

Pour nombreux observateurs avertis, sa gouvernance est loin de la vision du Président de la République qui a besoin d'un Kasaï Uni et prospère et surtout de la paix sur toute l'étendue du territoire national.

Evidemment, la tension ne fait que monter où la population, les élus provinciaux sont en colère contre Martin KABUYA qui dirige la province comme un royaume.

Pendant que les autres gouverneurs de provinces voisines soignent leurs relations avec les assemblées provinciales et même enterrent les haches de guerre, au Kasaï Central c'est le numéro un lui-même qui déclare la guerre publique aux députés. Ces derniers sont lésés dans leurs droits légitimes jusqu'à couper leurs honoraires. "Seuls ceux qui l'encensent ont droit à leurs émoluments", a confirmé un élu du Kasaï Central.

A cette allure, poursuit-il, rien de bon n'augure la prochaine rentrée parlementaire où le spectre du chaos total est déjà planté et ira inévitablement plonger toute la province dans le vide et l'inconnu.

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