Madagascar: Accès aux services de santé - L'Androy pénalisé par le problème d'éloignement

Une femme atteinte de fistule obstétricale prise en charge auprès du CHRR Ambovombe.Bénéficier des offres, services et soins de santé relèvent d'un parcours du combattant pour de nombreux habitants de la région Androy. Pour certains, il faut parcourir des centaines de kilomètres pour une prise en charge.

De ses dix-sept ans, Soa (nom d'emprunt), une jeune fille d'Amboasary est prise en charge suite à une opération pour réparation de fistule obstétricale auprès du centre hospitalier de référence régional (CHRR) d'Ambovombe. Une situation survenue après l'accouchement de deux jumeaux, ses troisièmes enfants. Sa famille a cotisé pour permettre son évacuation auprès dudit centre hospitalier, ce qui a pris trois jours selon ses dires.

C'est seulement après ces trois jours qu'une délégation a pu quitter Amboasary pour Ambovombe. Et là encore, il a fallu faire preuve de patience. « S'embarquer directement dans le premier taxi- brousse n'était pas évident. Mais après deux tentatives, on a pu quitter Amboasary », raconte-t-elle. La galère était loin d'être fini car il a fallu à Soa et à quelques membres de sa famille, endurer un long trajet d'une trentaine de kilomètres de la route nationale n°13. Le piteux état de cette dernière a fait que la traversée aurait duré une heure trente minutes environ.

Le vécu de Soa et de sa famille constitue la réalité des habitants de la région Androy. Et dans plusieurs cas, les malades ne peuvent même pas s'offrir un voyage en taxi- brousse mais sur des charrettes. L'éloignement constitue un obstacle majeur dans l'accès aux soins et services de santé dans le Sud du pays. La situation participerait également au maintien du fort taux de mortalité mère-enfant.

Choix. Outre les difficultés liées au piteux état des routes, il y aurait également l'insécurité. Avec un niveau ambiant assez élevé, la population de l'Androy ne serait pas trop enclin à quitter leur localité pour les centres hospitaliers de référence. « Il arrive qu'une famille qui a un malade présentant une urgence chirurgicale fasse un choix entre laisser son foyer et le peu qu'elle dispose sans personne pour les surveiller, et quitter leur localité pour la prise en charge du malade. Ce, en sachant que dès qu'ils vont quitter leur fokontany, leurs biens seront en proie aux assauts des dahalo », avance avec regret le Dr Robena Mampionondray Razafindratovonimanana, chef service maternité auprès du CHRR Ambovombe. Avant de noter « au lieu de fréquenter les hôpitaux, ils se tournent vers les solutions précaires ». Viendraient ensuite les difficultés financières. Le coût des transports sont élevés et correspondent parfois au coût d'une opération chirurgicale.

Avancées. Le centre hospitalier de référence régional d'Ambovombe-Androy dispose actuellement d'une ambulance permettant de rallier les districts et communes environnantes. Une avancée majeure pour faire face à l'éloignement selon la population locale, mais qui présenterait toutefois son lot de bémol. « Le coût est très élevé », a-t-on précisé. Un responsable auprès dudit CHRR a fait savoir que , pour bénéficier du service d'ambulance, un malade devrait payer 1200 Ar pour chaque kilomètre effectué. Ce qui serait énorme pour la population de l'Androy, compte tenu des problématiques socio-économiques de la région.

Un autre projet de dotation de clinique mobile dans le cadre du programme du Japon dans l'amélioration de l'accès à la santé maternelle devrait bientôt être opérationnel. Devant desservir les sept districts des trois régions Atsimo-Andrefana, Anosy et Androy, la clinique mobile devrait être réceptionnée de façon officielle jeudi prochain à Antananarivo. Une initiative qui pourrait enlever une épine des pieds de la population des trois régions, si la clinique en question arrive à répondre aux besoins réels de la population du Grand Sud. A savoir une prise en charge de la médecine générale et une prise en charge des opérations d'urgence.

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