Afrique: Dégradation de la qualité de l'air à Dakar et sur l'ensemble du pays - Tsunami de poussière

26 Février 2020

Les services de la météo avaient alerté la veille, le Centre de gestion de la qualité de l'air (CGQA) a donné hier, mardi 25 février, plus de détails sur l'épaisse couche de poussière couvrant l'ensemble du pays et altérant ainsi la qualité de l'air devenue très mauvaise. Ce nuage de poussière qui ne se dissipera que progressivement à partir du jeudi prochain, selon la météo et le CGQA qui invitent les populations à se protéger, a entrainé une surenchère dans la vente de masques de protection dont les prix sont passés du simple au triple, voire plus

Alerte «rouge» : la qualité de l'air passe de mauvaise à très mauvaise

Les services de la météo avaient alerté la veille, le Centre de gestion de la qualité de l'air (CGQA) a donné hier, mardi 25 février, plus de détails sur l'épaisse couche de poussière couvrant l'ensemble du pays et altérant ainsi la qualité de l'air devenue très mauvaise. Ce nuage de poussière qui ne se dissipera que progressivement à partir du jeudi prochain, selon la météo et le CGQA qui invitent les populations à se protéger, a entrainé une surenchère dans la vente de masques de protection dont les prix sont passés du simple au triple, voire plus

Alerte «rouge» : la qualité de l'air passe de mauvaise à très mauvaise

«Les concentrations moyennes horaires de PM10 ont dépassé 750 microgrammes par mètre-cube et les PM2,5 avoisinent les 100 microgrammes par mètre-cube». C'est le Centre de gestion de la qualité de l'air (CGQA) de la Direction de l'environnement et des établissements classés (Deec) qui alerte ainsi sur détérioration de la qualité de l'air qui est passée de mauvaise à très mauvaise depuis la nuit de lundi à mardi.

Dans un bulletin de prévision reçu à l'APS, le CGQA attribue cette détérioration à «une hausse des concentrations de particules (PM10 et PM2,5) dans l'air ambiant». En effet, «les poussières désertiques en provenance du Sahara constituent le principal facteur aggravant de cette dégradation de la qualité de l'air», explique la source.

Déjà, avant-hier lundi, le CGQA avait déjà prévenu en annonçant qu'une couche dense de poussière allait intéresser progressivement l'ensemble du territoire sénégalais jusqu'à jeudi. Dans son précédent bulletin, le centre a indiqué que ces particules de poussière affecteront, en premier lieu, les localités Nord et Nord-Est à partir de l'après-midi du lundi et se propageront par la suite vers les régions Centre et sur la Côte (Dakar, Mbour, Fatick).

Et la Direction de l'exploitation de la météorologie de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (ANACIM) et le CGQA qui ont souligné une densification de la poussière sur le pays dans la journée d'hier mardi, sur fond de «visibilités fortement réduites», avec la «qualité de l'air déjà mauvaise ce lundi à Dakar», précisent qu'elle se dissipera par contre progressivement à partir du jeudi.

Bref, une très mauvaise qualité de l'air est prévue pour les journées du mardi et du mercredi, tandis que la baisse des concentrations de particules d'origine désertique sera progressive à partir du jeudi, informent les deux structures. Non sans prévenir d'un risque sanitaire élevé pour les personnes particulièrement sensibles (les personnes souffrant de maladies respiratoires, jeunes enfants et personnes âgées). Dès lors, au vu du degré d'exposition aux concentrations élevées de particules, il est déconseillé de trop s'exposer à l'air ambiant, tout comme les activités sportives intenses à l'extérieur sont à éviter.

Recommandations sanitaires, en cas de pollution

En cette période marquée par une dégradation de la qualité de l'air qui est passé de «mauvaise à très mauvaise» au Sénégal depuis lundi soir, il est recommandé à l'ensemble de la population : - de respecter scrupuleusement tout traitement médical en cours, ou de l'adapter sur avis de leur médecin - de consulter leur médecin en cas d'aggravation de leur état ou apparition de tout symptôme évocateur (toux, gêne respiratoire, irritation de la gorge ou des yeux) - d'éviter (ou de limiter) toute activité physique ou sportive intense (notamment compétition) à l'extérieur augmentant de façon importante le volume d'air et de polluants inhalés ; - de veiller à ne pas aggraver les effets de cette pollution par d'autres facteurs irritants des voies respiratoires, tels que l'usage de l'encens, de solvants et surtout la fumée de tabac ; - Les jeunes enfants, les asthmatiques et les personnes âgées devraient éviter de s'exposer longuement à l'air ambiant pendant la période.

KAOLACK - VENTS DE POUSSIERE, FORTE CANICULE ET POLLUTION Les populations craignent le surgissement d'épidémies

En dépit de la forte canicule qu'elles ont vécue pendant une bonne partie de la nuit du lundi 24 au mardi 25 février, les populations de la ville de Kaolack ne vont pas oublier de sitôt leur journée d'hier mardi. En effet, elles ont été réveillées par un violent vent de poussière qui a soufflé durant toute la journée, suivie d'une forte chaleur et d'interminables tourbillons.

Un phénomène météorologique qui a semé la crainte chez des populations de Kaolack qui redoutent de faire face, dans les prochains jours, à d'éventuelles épidémies de maladies respiratoires ou autres pathologies affectant les yeux. Dehors, la situation était insoutenable, beaucoup préféraient rester à la maison, enfermés dans leurs chambres.

Les personnes qui devaient rejoindre leurs lieux de travail s'empressaient, le nez caché à l'aide d'un mouchoir ou d'un masque pour limiter les dégâts. Visiblement, ces moyens de protection étaient aussi prisés par de nombreux conducteurs de vélos-taxis, et même certains automobilistes qui s'en servaient parfois comme moyen de protection, si leur véhicule n'est pas doté d'un système de climatisation.

Au sein des concessions, il fallait passer le balai en permanence pour essuyer couloirs, vérandas, chambres et autres pièces accueillant du monde, car à chaque coup de vent, les dépôts de poussière s'accumulaient et rendaient la respiration impossible.

D'après les services météorologiques, cette tempête éolienne, soufflant d'Est en Ouest va se poursuivre jusqu'au jeudi 27 février prochain et couvrira la quasi-totalité du pays pendant tout cette période. Par conséquent, ils ont recommandé aux populations de prendre toutes les dispositions nécessaires pour se protéger et pallier à d'autres éventualités.

TRAITE DES VENDEURS DE MASQUES

Un temps poussiéreux, accompagné d'un vent chaud et sec, les Dakarois se sont réveillés avec une mauvaise qualité de l'air, hier mardi. Pour se protéger de ce mauvais temps, beaucoup de personnes font recours aux masques pour se couvrir le nez et la bouche. Mais c'est compter avec la détermination des vendeurs de ces accessoires de tirer le maximum de profits de ce climat hostile. Conséquence, les prix des masques sont passés du simple à plus du double.

Hommes, femmes, jeunes, vieux, bref, toutes les tranches d'âges ont, en ce temps poussiéreux, un objet en commun qu'ils portent : c'est un masque pour se protéger de ce mauvais temps qui sévit depuis lundi soir. Conséquences, les vendeurs de ces accessoires de protection se frottent les mains.

Situé à la périphérie du centre-ville, précisément dans la commune de Gueule Tapée-Fass-Colobane, au marché Colobane, l'un des plus anciens et des plus connus de Dakar, jeunes et vieux marchands se sont reconvertis en vendeurs de masques pour profiter de cette «très mauvaise qualité de l'air» dans la capitale.

Vendeur de chaussettes, de casquettes, en temps normal, Baye Fall a investi le créneau de la vente de masques. «Je me suis réveillé ce matin (hier, ndlr), j'ai vu le temps qu'il fait et je me suis dit que les Dakarois seront intéressés par les masques. Et je suis allé chez le quincailler qui est à l'intérieur du marché pour acheter le parquet et les revendre», explique le vendeur. Habitué d'acheter des masques, à cause du milieu où il évolue, Alioune Sène constate que les prix des masques ont augmenté.

«Il y a une différence de prix parce que ceux que j'achetais à 200 francs, aujourd'hui on les vend à 300 francs et ceux qu'on vendait à 300 francs, sont cédés aujourd'hui à 500 francs. Il y a trois prix pour les masques, dans le marché, alors qu'avant ça on les vendait à un seul prix : 200 francs Cfa l'unité».

«IL EST RECOMMANDE D'ACHETER LES MASQUES EN PHARMACIE»

Ce que confirme un gérant d'une pharmacie à Colobane. Dr Alioune Badara confie que les masques sont produits «les plus demander depuis ce matin, hier mardi, ndlr). On a vendu une cinquantaine de masques depuis ce matin». Se faisant ravitailler (de masques) par une autre structure, le docteur souligne que les prix des masques ont augmenté.

«On avait des masques à 150 francs, à un temps. Mais ces masques-là sont en ruptures, on a un stock chez une autre structure ; actuellement on les vend 800 francs l'unité». Pour le docteur, il est recommandé d'acheter les masques à la pharmacie, pour ne pas courir de risques. «Il y a des masques, quand on les met, on n'a pas le temps de bien respirer. Et de ce fait, on n'a pas assez d'oxygènes. Donc je pense qu'il est mieux indiquer de passer à la pharmacie pour avoir des masques», conseille le docteur.

Si la plus part des Dakarois rencontrés optent pour les masques pour se protéger de la poussière, Moutapha Dione, lui trouve que «le masque l'empêche de respirer normalement».

Toutefois, il a sa méthode à lui pour se protéger. «Je mets le beurre de karité dans mon nez, à l'intérieur de mes narines, pour me protéger. C'est simple pour moi et c'est efficace», dit-il. Cependant, le docteur Alioune Badara, met en garde contre option car, à l'en croire, à part les masques, il n'y a pas d'autres moyens de se protéger. «il n'y a pas de médicaments pour nous protéger, il y'a seulement les masques».

DIOURBEL : Un nuage de poussière causant beaucoup de désagréments aux populations

La région de Diourbel est envahie depuis hier, mardi 25 février, par un nuage de poussière charrié par un vent soufflant du Nord au Sud. Une situation qui peut causer beaucoup de maladies pulmonaires telles les pneumonies, selon les techniciens de la sante. Conséquence, les masques de toute sorte se vendent comme de petits pains dans la ville de Diourbel

C'est une épaisse poussière qui a envahie très tôt hier matin la région de Diourbel. Pour se déplacer, les automobilistes sont obligés d'allumer leurs phares, pour une meilleure visibilité de la chaussée. Même si cette poussière a causé beaucoup de désagréments aux populations, mais elle a permis aux vendeurs de masques de se tirer d'affaires.

En effet, il est difficile de croiser deux personnes sans que l'une ne mette un masque. Les masques se vendent comme de petits pains, pour le bonheur de vendeurs à la sauvette. Une fois en ville, nous croisons Moustapha Diop, un vendeur de masques qui nous propose son produit échangé à 100 francs Cfa l'unité.

Ayant presse fini d'écouler ses masques, il n'a même pas eu le temps de nous dire son chiffre d'affaires, le gain qu'il venait de réaliser à mi-journée. Toutefois il se contente de nous dire : «les affaires marchent bien. Nous rendons grâce à Dieu». A quelques pas de là, c'est Mme Fatou Bintou Mbaye Kane, une maîtresse d'Economie familiale, en voile, qui nous explique le danger que représente cette poussière.

«C'est un effet tout à fait naturelle. Nous demandons seulement aux populations de se protéger, protéger les enfants, puisque vous savez que le vent véhicule beaucoup de choses. Il faut que les gens ferment les portes des maisons pour éviter la pénétration de la poussière à l'intérieur c'est-à-dire inviter toute la population à bien se protéger. Heureusement, on constate beaucoup de vendeurs de masques et c'est important que les gens se protègent parce que ça apporte toujours certaines maladies».

Mme Yacine Ngom Gueye, une gérante de buvette en face de la RTS, soutient pour sa part que «c'est la volonté divine ; mais nous devons prévenir en nettoyant tout le temps nos matériels de travail. Nous devons protéger les aliments contre cette poussière. Les aliments souillés peuvent causer des diarrhées chez les enfants.»

Ousmane Faye, un vendeur de masques trouvé devant les locaux du Conseil départemental déclare : «c'est un temps poussiéreux qu'on observe aujourd'hui. C'est pourquoi, je me suis reconverti en vendeur de masques. Il y en a pour toutes les bourses. Il y a des maques qui se vendent à 300 francs, 200 francs ou 100 francs Cfa. Nous avons écoulé deux douzaines de masques, depuis le matin.»

Pour Ndongo Wade, mécanicien de son état et masque au nez, «la poussière est dangereuse pour la sante. Elle occasionne des maladies. Nous craignons aujourd'hui l'épidémie de coronavirus qui fait des ravages en Chine».

CONSEQUENCES SANITAIRE : Crainte de pneumopathies et autres maladies pulmonaires

L'épaisse couche de poussière sous lequel croule Diourbel et le reste du Sénégal est nuisible pour la santé des populations qui s'expose à ce phénomène météorologique.

Pour Dr Moussa Ndiaye, le médecin-chef du district sanitaire de Diourbel, ce nuage de poussière peut causer des maladies pulmonaires telles que les pneumopathies. Le sable soulevé par cette poussière peut contaminer des aliments mal protégés et peut entrainer des invectives digestives. Ainsi, Dr Ndiaye recommande aux populations de ne pas sortir ou, à défaut, de se protéger en mettre des masques ou des foulards

MBOUR - CIRCULATION DE LA BRUME SECHE : Des activités au ralenti, des masques pour se protéger

La brume sèche sévissant depuis hier sur l'ensemble du territoire national a fait tous ses effets dans la petite côte. Tout ou presque est affecté : les hommes, la faune et la flore portent les stigmates ou les traces de ce vent chaud et poussiéreux. Les activités sont au ralenti. D'une visibilité presque nulle au petit matin, la situation a évolué en milieu de journée.

Les pêcheurs sont à cale sèche et n'ont pas pris le risque d'aller braver la mer pour trouver du poisson. Ils respectent le bulletin météo et répugnent la furie de la mer, avec des vagues pouvant détruire leurs embarcations. Les origines du phénomène semblent connues, mais ses conséquences non maîtrisées.

Selon des informations recueillies, le fait est connu des géographes comme une manifestation des vents chauds (dépressions sahariennes) venus du désert du Sahara soulevant la poussière pour en faire une masse opaque, une nuée ocre. Des éclaircis notés dans l'après-midi ont permis à des gens de vaquer à quelques occupations.

La constante, c'est la forte utilisation des cache-nez ou communément appelés masques par certaines populations pour se protéger. Ces derniers redoutent des nuisances à leur santé. D'autres ont préféré se couvrir le visage avec des foulards ou des cols. Les asthmatiques, parmi les plus vulnérables à ce phénomène, craignent pour leur état de santé.

PRECAUTIONS A PRENDRE

Un homme de la santé suggère de demander aux enfants de ne pas s'aventurer dans la rue pour ne pas s'exposer à des nuisances olfactives ou prendre de l'air impur pouvant causer des maladies respiratoires. Il conseille aussi la protection des aliments et des breuvages.

Pour lui, des dépôts de particules de toute sorte, en suspension dans l'air, drainés depuis n'importe où sont susceptibles de transformer n'importe quoi et favoriser toute sorte de pathologie.

Des informations recueillies auprès d'automobilistes faisant un déplacement en dehors de la petite côte signalent une présence dissuasive des forces de l'ordre. Ainsi, les voitures dans une visibilité presque nulle sont obligées de rouler lentement ou même s'arrêter pour ne pas prendre de risque inutile.

SAINT-LOUIS - DES MASQUES ET DU BEURRE DE KARITE : La solution des populations

Brahima Diarra fait partie des personnes à Saint-Louis qui sont les plus touchées par la poussière constatée ces joursci. Allergique à la poussière, au brouillard et à certaines odeurs, l'homme a en effet une sinusite. Une situation qui le pousse à bien se protéger pour ne pas tomber malade.

Les masques et le beurre de karité constituent ses moyens de protection contre cette vague de poussière. Elles sont nombreuses, à Saint-Louis, les personnes qui ne sont pas du tout épargnées par la poussière. C'est le cas d'ailleurs pour Ibrahima Diarra qui souffre de sinusite.

"Je suis allergique à la poussière et au brouillard. Donc quand cela commence, je me protège en mettant du beurre de karité dans les narines, dans un premier temps, et ensuite, je dispose toujours d'un masque dans mon sac. Et quand la poussière se lève, je le mets durant toute la journée, et même le soir dès fois je dors avec", at-il fait savoir tout en révélant la souffrance qu'il vit en ce moment.

"C'est très difficile de vivre dans ces conditions dans la mesure où quand on sort dans la poussière ou dans le brouillard, la nuit on ne dort pas car on a les narines complètement bouchées. Donc, il faut utiliser un médicament pour les déboucher. Malheureusement, on ne peut pas tout le temps utiliser des médicaments pour déboucher les narines, donc il faut se protéger", a-t-il ajouté.

Aux parents également, il conseillera de mettre du beurre de karité dans les narines des enfants pour au moins atténuer la poussière car il sera difficile d'avoir des masques pour tout le monde. "Je pense que si tous les parents le faisaient, il y aurait beaucoup moins de risques.

Et surtout boire beaucoup car c'est ce qui est recommandé par les médecins afin de pouvoir évacuer la poussière qui se trouve au niveau des poumons", a soutenu Ibrahima Diarra.

Une situation difficilement vécue également par les personnes souffrant d'asthme. "Il nous est difficile parfois de pouvoir respirer. Il s'y ajoute aussi la conjonctivite parce que certaines personnes qui ont déjà les yeux tous rouges. On ne peut pas sortir ni rien faire. C'est vraiment difficile", a renseigné Bator Fall qui a aussi révélé que sa fille asthmatique n'est pas allée à l'école depuis deux jours.

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