Cote d'Ivoire: Exposition/"Prémonition" - Houkami Guyzagn renforce sa vocation de détection de jeunes talents

26 Février 2020

L'Agence de promotion des jeunes artistes plasticiens, Houkami Guyzagn renforce sa vocation. Et ce, à travers l'initiative de l'exposition intitulée « Prémonition » qui se tient depuis le 13 février 2020, au sein de sa galerie, à Abidjan-Attoban.

Cette exposition qui prend fin le 29 février, met en lumière quatre jeunes sortis fraichement de l'Ecole Supérieure des Arts Plastiques, d'Architecture et de Design (ESAPAD) ainsi qu'un jeune commissaire d'exposition, Dr Amani Désiré.

A travers les quatre jeunes talents (Marius Mbra, Adelart Gnaoa, Aristide Koffi et Ezan Franck) en devenir, l'Agence Houkami Guyzagn poursuivi donc sa mission détection et d'insertion dans le tissu socio-économique.

« Prémonition » est une exposition collective qui réunit ces jeunes qui portent un regard sur la terre d'Eburnie et surtout nouveau sur la création ivoirienne.

Cette exposition vise, d'une part, à révéler de jeunes espoirs dans le domaine de la création artistique. Et d'autre part à donner la parole à la nouvelle génération sur sa vision du monde contemporain.

Présentation de ces jeunes espoirs de l'écurie Houkami Guyzagn

Gnaoa Adelard est né le 03 Janvier 1990 à SINFRA. Après un parcours scolaire brillant, il intègre la plus prestigieuse des écoles d'art d'Afrique de l'ouest, l'École Nationale des Beaux-Arts d'Abidjan, actuelle École Supérieure des Arts Plastiques, d'Architecture et de Design (ÉSAPAD) où il décroche le diplôme supérieur des Arts Plastiques et le Master 2 en spécialité peinture.

Il développe une écriture picturale assez originale, en prenant comme prétexte le crocodile. Il explore l'univers des reptiles et met en lumière le graphisme du crocodile dans toute sa suprématie, par le biais de la peinture.

Son attachement à ce prédateur, prend sa source dans cette prise de conscience liée à la condition humaine.

Une situation qui fragilise notre monde et qui pousse notre jeunesse à errer dans les entrailles de la facilité. Pour arrêter ce fléau qui mine amèrement le monde entier, ADELARD parle à la jeunesse ivoirienne à travers la voix de l'art.

Pour lui, cette jeunesse doit s'approprier le formidable potentiel (la puissance, la force, la loyauté, le courage) de ce grand animal marin, ce maître des eaux, pour ne plus mourir à petit feu.

C'est un cri de guerre qu'il lance à la future génération, afin que celle-ci fasse sortir de son âme son génie, partant sa fibre de compétence.

Franck Ézan explore la complexité de l'homme, du point de vue de ses aspects physiologiques. Diplômé de l'École Supérieure d'Arts Plastiques, d'Architecture et de Design (ÉSAPAD), c'est dans son histoire personnelle qu'il puise le questionnement nécessaire à son travail de création.

C'est une histoire intime, qu'il conjugue entre Art et Société, avec des expériences liées à une enfance tout aussi tourmentée qu'heureuse.

Son rapport aux autres, les vicissitudes de la vie et surtout l'interaction avec son frère jumeau constitueront les principaux éléments déclencheurs du génie artistique ; qu'il possède en soi et qu'il exploite esthétiquement sur ses toiles. ÉZAN réinvente le monde à sa façon, selon lui, il le sublime.

Il crée son propre univers enchanté, où la générosité des couleurs et des formes empruntent un chemin singulier à chaque expérience, conférant à ses œuvres, un caractère poétique.En somme, sa fibre artistique a vocation de sublimer et de ré-enchanter un monde anesthésié par le doute et terrorisé par la différence.

Marius M'BRA est né le 12 Novembre 1993 à Abidjan en Côte d'ivoire. La découverte de sa fibre artistique le conduit à intégrer la prestigieuse École Nationale des Beaux-Arts d'Abidjan en 2014, actuelle École Supérieure d'Arts Plastiques, d'architecture et de Design (ÉSAPAD) après obtention de son baccalauréat série D.

Il sort major de sa promotion avec la meilleure des mentions et obtient le diplôme Supérieur Master 2 spécialité Peinture en 2019.

Il examine méthodiquement une technique de peinture sans pinceau et peinture, c'est-à-dire peindre sans la peinture matérielle, tout en usant la matière plastique synthétique (filets à mailles ou "éponge", appellation ivoirienne) qu'il sectionne pour faire apparaître des visages et des formes humaines, à travers la technique du collage.

Il modifie ainsi son rapport au portrait, dont la discontinuité et l'apparition subjective convergent sur des questionnements sur l'identité. Dans cette démarche, il rassemble les histoires de chacun, leur identité et après, intègre leur ADN sous forme de cristallisation de leur témoignage.

En somme, l'artiste utilise leur témoignage qu'il juxtapose ou superpose à leur histoire sur des toiles recouvertes de grands filets. Ceci aux fins de former un lien fort et souple, car l'identité ne peut être ni un monologue, ni quelque chose d'absolu.

En somme, c'est une redéfinition du soi qui passe par l'attention portée aux autres, ainsi que par l'acceptation d'une identité toujours en mouvement, indiscernable, et pourtant constitutive de notre rapport au monde.

KOUAMÉ Koffi Aristide est né le 17 juin 1995 à Abidjan (Côte d'Ivoire), est titulaire du Diplôme d'Études Supérieures Artistiques (D.E.S.A.) et d'un Master 2 en peinture, obtenus à l'École Supérieure d'Arts plastiques, d'Architecture et de Design d'Abidjan. Aristide vit et travaille à Abidjan.

Son travail traite essentiellement le sujet de l'homme et de son environnement. L'idée de recyclage de tongs vient tout simplement du fait qu'en Afrique, précisément en Côte d'Ivoire, l'on a tendance à réutiliser des objets de notre quotidien, notamment, les bidons, les sacs plastiques, les boites de conserve et bien d'autres objets recyclés.

Artiste mix-media, il s'agit pour Aristide d'agir comme un archiviste, un environnementaliste, un documentaliste et un narrateur au service de l'art.

Les sujets traités ici sont relatifs à question de l'identité, la récupération et bien d'autres préoccupations sociales. Ce aux travers du recyclage de tongs pour en faire des œuvres picturales.

Aristide joue intelligemment avec le lien entre ce qui est considéré comme « vanité », comme beau et esthétique comme cet art du « recyclage ». Donnant ainsi aux déchets une seconde vie en les façonnant pour créer des portraits.

Aristide Kouamé va plus loin en insérant des lettres, des mots pour accentuer l'idée de l'écriture, car soutient-il « si l'Afrique avait fondé son avenir sur l'écriture la jeunesse africaine ne serait pas en quête d'identité ».

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