Madagascar: Classe politique - Le rajeunissement prend forme

Le Président de la République figure parmi les plus jeunes dirigeants en Afrique. Et depuis son arrivée au pouvoir, les nominations qui se succèdent dans la plus haute administration donnant l'impression qu'un processus de rajeunissement de la classe politique est enclenché. Une nouvelle génération de quadragénaire fait surface et prend les commandes.

Ils sont ministres, secrétaires généraux et directeurs généraux de Ministères, gouverneurs de Région, et ils sont tous issus d'une nouvelle génération de dirigeants âgés d'une quarantaine d'années. Au sein du gouvernement, cette escouade de « quadra » occupe une place importante. Les dernières recrues, notamment la ministre de l'Education nationale et de l'Enseignement Technique et Professionnel, Iarintsambatra Andriamanana; celle de l'Eau, de l'Assainissement et de l'Hygiène, Voahary Rakotovelomanantsoa; celui de la Sécurité publique, Fanomezantsoa Randrianarison, sont tous issus de cette génération et viennent renforcer les rangs des Tianarivelo Razafimahefa, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, Roberto Tinoka, de la Jeunesse et des Sports; Irmah Naharimanana, de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la Femme; Lalatiana Andriatongarivo, de la Communication et de la Culture. Ils promettent un dynamisme dans la conduite des affaires de l'Etat pour relever le grand défi de l'émergence du pays, promis par le Président de la République. Et s'ils échouent, le régime met en jeu sa crédibilité.

Critère. Ce vent de « jeunisme » souffle alors dans les ministères pour assurer le relai du dynamisme promis en haut lieu. Et les nominations donnent l'impression que l'âge devient un critère important pour occuper un poste de secrétaire général ou de directeur général. Depuis 2019, des jeunes cadres prennent à tour de bras les rênes de plusieurs départements ministériels. Les Indriamanga Rakotoarisoa, nouveau secrétaire général du ministère de l'Environnement et du Développement durable, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, pour celui de l'Economie et des Finances, Firiana Ranesa, pour celui des Postes, Télécommunications et du Développement numérique, Imbiki Herilaza, pour celui de la Justice, incarnent cette génération. Ils occupent le débat public et échafaudent les arcanes pour coordonner au niveau des ministères les projets de réforme tant promis. Ils constituent la cheville ouvrière de tous les projets gouvernementaux et, de ce fait, n'auront pas droit à l'erreur.

Fraîcheur. La tendance de la haute sphère affecte aussi les régions. Parmi les nouveaux gouverneurs de région, il y a ceux qui se distinguent par leur âge et qui veulent donner un air de fraîcheur à ces collectivités. Ils sont chargés d'impulser le développement de leurs collectivités respectives et ne décomplexent pas pour relever ce grand défi. Edaly Ranoelson, gouverneur de l'Atsimo Andrefana - et le benjamin des nouveaux hommes forts des régions - promet un dynamisme pour l'émergence de sa circonscription. Celui d'Anosy, Jerry Hatrefindraza, fait aussi partie de cette nouvelle génération de dirigeants des régions qui affiche de la vivacité.

Espoir. Dans le camp de l'opposition, on suit le même rythme et les anciens barons se retirent pour laisser les commandes aux jeunes loups. Dans le camp du TIM, cette vague de « jeunisme » emporte aussi avec elle certaines figures du parti. Alors qu'elle n'a même pas bouclé une année à son poste de secrétaire général du TIM, Olga Ramalason, sénatrice élue sous les couleurs de ce parti, en fait les frais et cède sa place au jeune Riana Andriamasinoro, ancien candidat à la mairie d'Antananarivo. Certains voient en cette nomination un espoir de nouveau dynamisme. Pour l'épauler, le parti TIM compte sur la ferveur du député Fidèle Razara Piera, un autre « quadra », dans la communication du parti. A peine nommées, ces nouvelles figures de la formation de Marc Ravalomanana passent à l'act, secouent leurs militants et promettent de réviser la structure du parti après les échecs successifs lors des dernières échéances électorales.

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