Congo-Kinshasa: Le FCC-CACH bunkerisé

Au moment où l'attention des états-majors politiques, toutes tendances confondues, est accaparée par les tractations secrètes entre les partenaires de la coalition FCC-CACH autour du partage des responsabilités dans les entreprises et services publics, mais aussi dans la diplomatie et la Territoriale, des questionnements se font jour face au verrouillage d'un hermétisme sans appel du binôme au pouvoir.

Liés pour le meilleur mais surtout pour le pire, le couple infernal des Kabilistes et Tshisekedistes s'est définitivement assis sur l'adage selon lequel « la politique est dynamique ». La conduite des affaires publiques au cours de la présente mandature devant suivre la voie qu'ils se sont frayés au terme de deals aux contours demeurés secrets. Pourtant, des velléités d'adhésion ne manquent pas. On a beau crier sur tous les toits sa fidélité, son admiration, son indéfectible attachement à l'une ou l'autre de deux Autorités morales suprêmes, c'est peine perdue. Les portes de la coalition restent désespérément verrouillées ; les nouvelles entrées ne sont pas admises. Circulez, il n'y a rien à voir.

Or, c'est là manier imprudemment un couteau à double tranchant. La conservation à la limite de la jalousie d'un pouvoir ballotté de toutes parts d'où sont exclus des alliés objectifs et de bonne foi, (si tant est qu'en politique ces vertus signifient grand-chose), c'est entretenir durablement des frustrations nuisibles au plus haut point dans un environnement sociologique embrumé par l'ethnicisme et le clanisme, véritables piliers (malheureusement) d'un succès électoral.

Prétendre gouverner avec des institutions étatiques privatisées à outrance, et renvoyer des alliés, même de la dernière heure, aux échéances de 2023 revient, par ailleurs, à envoyer le mauvais signal des leaders suffisants qui, le moment venu, auront bien du mal à s'attirer des sympathies des exclus d'aujourd'hui. Et avec eux, des masses qui auront eu le temps de mûrir des griefs mortifères de réélections déjà mises à l'index.

Le FCC s'est particulièrement illustré dans l'exercice d'exclusion des partenaires, pourtant, bien outillés par le poids de leur présence au Parlement. L'exemple de l'AFDC de Modeste Bahati est emblématique à ce propos. Et à ce jour, nul ne peut affirmer que le PPRD et ses alliés en soient sortis grandis. La politique, entend-on souvent, est faite d'ouverture. Même à travers les murs blindés d'un bunker.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.