Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - Le général Yav Mushid en tournée dans la région pour appuyer les efforts de restauration de la paix

27 Février 2020

Parti de Mbau, Oicha, Matombo, Mayimoya, Kokola, Eringeti, Luna, Kasindi et Beni, des agglomérations au cœur même de l'insécurité grandissante causée par les ADF dans le grand Nord-Kivu, le commissaire général adjoint en charge de la Police administrative en RDC, est arrivé en ville de Butembo mercredi 26 février.

Comme partout ailleurs, l'officier de la police vient palper du doigt la situation sécuritaire dans la contrée et voir ce que les hommes sous son commandement doivent faire au côté des forces armées.

A l'issue des échanges qu'il a eus avec les autorités politiques et policières, Patience Mushid Yav s'est adressé via la presse, à tous les jeunes, les appelant à un sursaut patriotique pour sauver la patrie du plan des envahisseurs. A eux, le numéro 2 de la Police congolaise demande de se méfier de mouvements rebelles et de rejoindre les services de sécurité pour protéger le territoire national.

Patience Mushid estime qu'il est temps pour Butembo, Beni et Lubero de tourner la page de l'insécurité afin de réfléchir développement.

« La Police a comme mission : la sécurisation des agglomérations. Nous sommes en train de sécuriser les cités conquises par les FARDC. Notre ennemi, les ADF, fuit un contact direct avec notre population. Nous sommes venus jouer un constat. À la population, il faut mettre à la disposition de la Police et de l'armée des informations fiables. Je m'adresse à la jeunesse parce que la police et les FARDC, c'est pour notre jeunesse. Ce que nous sommes en train de remarquer, cette jeunesse est en train de renforcer les rangs des ADF, des forces négatives. Nous disons stop. Il est temps que cette jeunesse vienne à nous. Maintenant, nous voulons parler développement quand nous sommes à Beni, à Butembo ou à Lubero », souhaite-t-il.

L'ADF ne décolère encore pas

L'ADF n'a toujours pas cédé. Il demeure toujours à la manœuvre, tue, pille ou brûle des maisons, malgré la pression militaire exercée sur lui. La dernière des récentes attaques dont il est auteur remonte à la mi-journée de ce mercredi 26 février à Makumo, dans l'Ituri.

Selon John Vulevero, membre de l'ONGD CRDH, au moins 2 personnes dont un militaire et un civil ont encore trouvé la mort. D'ailleurs, il indique qu'il ne s'agit là que d'un bilan provisoire qui risque d'être alourdi. Même si le calme semble revenir dans ce chef-lieu du groupement Bangole, en territoire de Mambasa, John Vulevero informe que Makuno se vide de la quasi-totalité de ses habitants qui craignent le pire.

Surtout, alors qu'hier, les attaques ADF se concentraient autour de la ville et du territoire de Beni, les djihadistes semblent également tourner leur frappe vers une partie de l'Ituri voisin. Depuis quelques semaines, des localités du territoire de Mambasa sont tombées victimes de cette barbarie humaine.

Nombreux observateurs redoutent une crise sécuritaire généralisée dans la partie Nord-Est du pays. D'autres encore craignent que le plan d'implantation d'une nouvelle race de la population non autochtone réussisse pour faciliter la balkanisation de la RDC. Ainsi, les appels se multiplient-ils pour demander aux autorités congolaises de s'employer sans calcul pour renverser la tendance. Surtout, changer les stratégies de la guerre contre l'ennemi qui se montre toujours nuisible face aux populations civiles.

Appel à la vigilance

L'appel vient essentiellement des forces vives de la commune rurale d'Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Elles insistent sur la vigilance malgré l'accalmie observée. Philippe Bonane, son président, touche particulièrement le déplacement des habitants du territoire de Beni et ses environs dont l'ennemi peut profiter pour surprendre.

« On ne peut pas dire que nous sommes en paix. La commune est pleine la journée mais le soir, nous ne passons pas la nuit dans nos maisons. Nous devons tirer gare, nous devons toujours être vigilants, voir si l'ennemi peut venir d'ici ou de là. Quand il y a l'accrue des visiteurs, c'est le moment où l'ennemi peut aussi chercher à occasionner des morts », prévient l'acteur de la société civile.

Ce dernier reste convaincu que la résilience, la résistance ainsi que la vigilance sont des armes nécessaires pour faire échec au plan de balkanisation qui vise l'Est du Congo.

« En plus de cette vigilance, nous demandons la résilience profonde, c'est-à-dire, connaitre réellement que l'ennemi est parmi nous mais nous ne pouvons pas quitter notre milieu notre milieu », exhorte-t-il.

Alors qu'au moins 120 ménages du site des déplacés de guerre de l'école primaire Mwangaza-Pakanza est en cours de désengorgement pour le quartier Oicha premier, grâce au financement de l'AIDS, la commune d'Oicha continue d'accueillir cependant de nombreux déplacés venant de tous bords. Ce qui nécessite encore prudence et attention.

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