Congo-Kinshasa: Protéger les sages-femmes en première ligne de la riposte contre Ebola

La République démocratique du Congo reste aux prises avec la deuxième plus grande épidémie d'Ebola au monde, même si la découverte de nouveaux cas ralentit. Depuis la déclaration de l'épidémie le 1er août 2018, il y a eu plus de 3 300 cas confirmés et plus de 2 200 décès.

« L'épidémie due au virus Ebola n'épargne personne », explique le professeur Steve Ahuka, coordinateur général de la riposte contre Ebola.

Parmi les personnes les plus à risque, on trouve les professionnel·le·s de santé, qui risquent leur vie en soignant les autres, et qui constituent environ 5 % des cas d'Ebola, selon des estimations datant de juillet dernier.

Le personnel travaillant dans le domaine de la santé procréative est particulièrement à risque. « Les soins obstétriques et plus particulièrement l'accouchement, un moment où on donne la vie, présentent un grand risque de contamination par le virus via les fluides biologiques », explique le Dr Monique Kapamba, experte nationale en santé procréative.

« Les femmes enceintes et allaitantes ainsi que le personnel qui travaille dans les maternités ont besoin de protection », précise le Dr Ahuka.

L'UNFPA travaille avec l'organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère de la santé publique pour renforcer les mesures de prévention et de lutte contre l'infection dans les structures de santé procréative situées dans les régions affectées par Ebola.

Donner la vie sous la menace d'Ebola

Plusieurs analyses indiquent que les besoins des femmes enceintes ont été mal pris en charge dans les précédentes ripostes contre Ebola.

Renforcer la prévention et la lutte dans le domaine de la santé procréative permettra de faire en sorte que les professionnels de santé puissent répondre aux besoins de toutes les femmes, qu'elles aient besoin d'un bilan gynécologique, de consultations prénatales, de surveillance du travail, de soins pour l'accouchement ou de soins postnatals.

Prévention et lutte comprennent l'utilisation de masques, de gants, de blouses et de lunettes, la stérilisation de l'équipement et l'usage systématique de désinfectant, ainsi que la mise en place d'espaces d'isolement pour les patientes ou le personnel que l'on pense être atteint·e·s du virus.

L'UNFPA, l'OMS et le ministère de la Santé proposent des formations à ces mesures pour 400 sages-femmes dans plus de 300 structures de santé.

« Il est urgent et important de renforcer les mesures de prévention dans les maternités qui se trouvent dans les zones à risque », déclare le Dr Kapamba. Elle dirige l'équipe qui fait ce travail de formation dans les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri.

La supervision par les pairs

De plus, le programme déploie des agent·e·s de liaison dans les structures de santé, pour évaluer la mise en place des mesures de prévention et de lutte contre l'infection. « Dans les maternités, la supervision des activités de prévention et de lutte est essentielle », explique le Dr Kapamba.

Depuis octobre 2019, des équipes d'inspecteurs et inspectrices en obstétrique ont visité les régions à risque d'Ituri et du Nord-Kivu.

Recruté·e·s par l'UNFPA, leur mission est de superviser les accouchements et autres services de santé procréative pour s'assurer que leurs pairs ne présentent pas de risque d'infection par Ebola.

La surveillance par les pairs permet d'assurer que les normes sont maintenues bien après la fin des sessions de formation.

« Cette initiative vise à assurer que l'application des mesures de prévention devienne un réflexe », résume le Dr Polycarpe Takou, coordinateur humanitaire de la riposte contre Ebola pour l'UNFPA.

« En plus de la formation et de la supervision qui s'y rapporte, l'UNFPA donne aux maternités l'équipement essentiel pour assurer la mise en place complète des mesures et prévention et de lutte, pour débarrasser ces zones du virus Ebola », ajoute-t-il.

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