Ile Maurice: Propos injurieux contre le PM sur Facebook - Sweta bientôt fixée sur son sort

27 Février 2020

Le procès intenté à Karishma Randhay, aussi connue comme Sweta, accusée d'avoir tenue des propos diffamatoires contre le Premier ministre en janvier 2018, tire bientôt à sa fin. Ce jeudi 27 février, l'avocat de la défense, Ashik Toorabally a présenté ses plaidoiries devant la magistrate Navina Parsuramen.

«J'ai eu ce lien sur le site Pornhub et c'est ainsi que je l'ai partagé sur ma page Facebook», avait notamment expliqué Karishma Randhay dans sa déposition. En cour, aujourd'hui, son avocat est revenu sur les éléments nécessaires afin de prouver le délit. «Il faut d'abord établir que les propos ont été adressés à un recipient ou un destinataire. Pravind Jugnauth has never been the recipient and this has been confirmed by a witness in court», poursuit Me Toorabally.

Celui-ci va plus loin en s'interrogeant sur l'absence du chef du gouvernement durant le procès. En effet, le nom de Pravind Jugnauth figure bel et bien sur la liste des témoins de la poursuite mais il n'a jamais été appelé à témoigner en cour. «Vu qu'il n'est pas venu déposer en cour, il n'y a rien qui prouve que lesdits propos lui ont causé des inconvénients», a insisté l'avocat.

L'affaire sera de nouveau appelée en cour le 20 mars prochain.

Vidéos publiées sur Facebook: vous vous exposez aussi à des poursuites

Selon la loi, toute personne, filmée à son insu ou sans son aval, peut poursuivre l'auteur. Ce dernier risque une amende ne dépassant pas Rs 1 million et une peine d'emprisonnement allant jusqu'à cinq ans, sous l'article 47 de l'Information and Communication Technologies Authority (ICTA) Act.

Si d'autres personnes partagent à leur tour ces photos ou vidéos, ils participent au délit et sont aussi passibles de poursuites. Par ailleurs, selon le Data Protection Office, toute infraction à la Data Protection Act (DPA) 2017, causée lors d'un tournage, est sanctionnée par une amende de Rs 200 000 et une peine d'emprisonnement maximale de cinq ans.

D'autre part, même si l'outil informatique est à la portée de tous, beaucoup ne connaissent pas vraiment leurs droits et leurs devoirs. Me Ashok Radhakissoon, ex-président de l'Independent Broadcasting Authority et de l'ICTA, explique que, sans le consentement d'une personne, on n'a pas le droit de la photographier ou de la filmer et encore moins de poster les clichés sur les réseaux sociaux. Mais de nos jours, il suffit d'une prise de bec avec quelqu'un pour voir une photo ou une vidéo de vous avec des insultes circulant sur les réseaux sociaux.

«Imaginez qu'une personne tombe sur une photo ou une vidéo d'elle sur les réseaux sociaux et que des gens l'ont partagée ou y ont ajouté des insultes. Cela peut lui causer de l'anxiété. C'est une atteinte à sa vie privée. Une invasion à son image», souligne l'homme de loi. Il ajoute toutefois que, si un photographe doit prendre une photo pour illustrer un sujet et que la personne fait partie d'une foule, c'est autre chose. Et selon un officier de la DPA, lorsque quelqu'un prend une photo ou une vidéo dans un lieu public, l'autorisation de la personne qui y figure est nécessaire uniquement si elle est isolée et reconnaissable.

Plusieurs victimes de ce genre de situation ont du reste porté plainte à la Cybercrime Unit pour harcèlement ou porté le cas en cour, réclamant réparation.

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