Cameroun: Le comité de désarmement et de démobilisation implique dans le massacre de Ngarbuh

27 Février 2020

Créé le 30 novembre 2018 par décret du président de la République, Paul Biya, pour recueillir les combattants qui acceptent de déposer les armes, le Comité national de désarmement de démobilisation et de réinsertion (CNDDR) serait-il devenu un réservoir de miliciens pour le compte du régime de Yaoundé ainsi qu'un réceptacle des infiltrés de la lutte d'indépendance du peuple anglophone ?

L'on serait tenté de répondre par l'affirmative au regard des derniers développements de l'actualité dans le Southern Cameroons (nord-ouest et sud-ouest).

En effet, d'après le rapport de la coalition de 28 organisations de la société civile pour les droits de l'homme et la paix dans les régions anglophones, l'un des cerveaux du massacre de Ngarbuh perpétré par des milices bororos sous l'encadrement de 6 soldats camerounais s'appelle Nfor Marcel alias « Bullet », un pensionnaire du CNDDR à Bamenda. Ce dernier est présenté dans le rapport comme un ex-combattant qui a opéré dans le village Ngarbuh.

Par ailleurs, quelques jours après l'assassinat d'une trentaine de personnes (dont des femmes enceintes et des jeunes enfants), le CNDDR a fait un certain nombre de publications sur sa page Facebook qui donnent à penser que cette attaquée ciblée sur des civils était une opération visant à punir les familles dont les membres ont rejoint la lutte armée.

Voici une publication du 16 février 2020 à 11h 29 mn : "Tant que les garçons Amba (indépendantistes armés, ndlr) existent dans vos communautés, il y aura des victimes, et certains d'entre eux seront des enfants. C'est ce qu'on appelle des dommages collatéraux. AmbaFools (sympathisants du mouvement indépendantiste, ndlr) s'assoient à l'étranger et dit, nous devons casser des œufs pour faire une omelette ", a-t-on lu sur la page du DDR.

Compte tenu du très faible engagement des combattants indépendantistes anglophones à déposer les armes, le pouvoir de Yaoundé a rempli ces centres de DDR de Buea et de Bamenda de désœuvrés et de prisonniers, payés par certains membres du gouvernement pour se faire passer pour des combattants ayant déposés les armes.

Aux dernières nouvelles, 2 jeunes gens diplômés de l'école polytechnique de Bamenda présentés au gouvernement par le gouverneur du nord-ouest, Lele LAfrique comme des ex-combattants séparatistes, ont disparu avec 1,5 millions de FCFA qui leur ont été remis pour convaincre les séparatistes armés à déposer les armes et rejoindre les centres de DDR.

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