Congo-Brazzaville: Initiative - Le Motissage, une voie de salut pour les jeunes égarés

La Kasa Anonymat est porteur d'un projet intitulé Motissage au profit des jeunes égarés et des orphelins de la société. Lancé le 24 février au lycée technique de Kinkala, dans le département du Pool, par Robinson Solo, promotrice du label, ce projet vise à rattraper cette couche vulnérable afin de la sortir du bourbier dans lequel elle est plongée.

Il s'agit pour Robinson Solo d'organiser une série d'ateliers sur le slam, la sensibilisation, les animations autour des livres, le développement humain et les jeux ludiques. Les bénéficiaires sont les élèves, les orphelins que l'on rencontre à des lieux respectifs, c'est-à-dire les écoles et les orphelinats ainsi que des centres de détention où sont incarcérés des mineurs. Tous concernés par la phase de ce projet qui a connu la présence de plusieurs personnes lors de son lancement. Motissage est dédié aux jeunes vulnérables. « C'est une façon pour moi d'aider ces jeunes à réaliser un projet d'avenir.

J'ai surtout été inspirés par le message à la nation du chef de l'Etat dans lequel il invitait les jeunes à travailler, de ne pas se lancer dans la délinquance. Ça a finalement attiré mon attention parce que la nation c'est nous tous. Il faut une volonté collective pour mener à bien cette action. Je me suis alors sentie concernée, tout en sachant que la jeunesse est la fondation d'une nation », a indiqué Robinson Solo.

Interpellée par les mots du président de la République Denis Sassou-N'Guesso, elle s'est engagée à redorer le blason, le destin émietté de ces jeunes qui ont presque perdu espoir et ne trouvent le salut qu'en posant des actes criminels et d'autres vices sociétaux. Robinson Solo a décidé alors d'aller vers cette couche vulnérable pour discuter, échanger et dialoguer pour mieux les connaître afin de détecter l'origine du mal. Les ayant compris, elle leur fait savoir que l'on peut toujours garder espoir car rien n'est encore perdu.

Elle voudrait montrer aux yeux du monde qu'à travers l'art, on peut aider la société à se développer. « J'ai voulu rappeler le rôle que l'art peut jouer dans la société dans la mesure où il peut l'aider à évoluer. Et de part l'art aussi, on peut réaliser un grand projet. Par ce projet, je veux leur dire qu'il y a de l'espoir et que l'on peut toujours réaliser ses rêves peu importe le choix. Et ils peuvent mieux faire demain et il ne sert à rien de se décourager. Donc, Motissage est à la fois une action préventive et curative », a expliqué R. Solo.

Cette artiste slameuse et de renommée internationale pense, par ailleurs, qu'on ne pourra jamais jeter un couteau parce qu'il vous aurait blessé. Tout homme est un être vulnérable. Le monde ne doit pas se leurrer à ce sujet. Il peut arriver que l'on se retrouve, à en croire Solo, à un mauvais endroit, à un mauvais moment pour que tout puisse chambouler. Elle-même victime des "bébés noirs", elle se dit ragaillardie de repartir vers ces jeunes qui l'ont agressée autre fois pour leur dire : « Prenez ces armes que je vous propose pour que vous sachiez affronter la vie et à bannir ces actes barbares ». A propos de l'éducation de ces enfants qui attirent son attention, Robinson Solo pense que les parents ont une part de responsabilité. Ils ne prennent pas un peu de leur temps pour discuter avec leurs enfants. Ce qui amène un bon nombre d'entre eux à prendre des distances et à se retrouver le lendemain dans la rue.

Au-delà des difficultés rencontrées dans l'exécution de Motissage, l'initiatrice entend aller jusqu'au bout. Elle est satisfaite des avancées constatées grâce à une volonté farouche qui l'anime et reste confiante quant à l'aboutissement. « Mais on ne reculera devant rien. Mon ambition est de réhumaniser cette société », a-t-elle signifié avec assurance. Notons que les activités se poursuivent durant cette semaine et prendront fin le 29 février à Brazzaville. Il reste ainsi à visiter l'orphelinat Sainte-Immaculée de Massengo, l'école privée Sainte-Thérèse et le quartier des mineurs de la Maison d'arrêt de Brazzaville.

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