Congo-Kinshasa: FCC-CACH - Ne pas « zapper » les audits !

28 Février 2020

Des informations échappées de Rotana Hôtel, où le « Comité de suivi » de la coalition FCC-CACH était appelé à mettre la dernière main au document portant partage des entreprises et services publics, attestent qu'un compromis a été trouvé entre les deux parties. Selon Augustin Kabuya, cadre de Cach et Secrétaire général de l'UDPS, qui a participé aux négociations, les conclusions de leurs travaux ont été envoyées à leurs « autorités morales » respectives, à savoir le Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi pour Cach, et le Chef de l'Etat sortant, Joseph Kabila, pour le FCC, pour avis et considérations.

En principe, indique-t-on, les nominations de nouveaux mandataires publics devraient intervenir incessamment, sauf pour la SNCC (Société Nationale des Chemins de fer du Congo) et la Gécamines (Générale des Carrières et des Mines), dont les ordonnances de nomination sont en souffrance depuis le mois de mai 2019.

Pendant que l'on parle avec insistance du partage du « gâteau » du Portefeuille de l'Etat entre le FCC (Front Commun pour le Congo) et le CACH (Cap pour le Changement), nombre des compatriotes ne cessent de tirer la sonnette d'alarme sur l'impératif d'auditer les entreprises et services publics, de manière à savoir dans quel état se trouvent leurs finances, leurs outils de production, leurs ressources humaines, leurs patrimoines fonciers et immobiliers, leurs parcs automobiles, etc.

Une insistante prière est adressée aux « dignitaires » de FCC et de CACH afin qu'ils ne commettent pas la gaffe de « zapper » les audits, car cela risque de donner l'impression qu'ils ont accordé des primes d'encouragement aux mandataires publics sortants, dont beaucoup hébergent pleins de cadavres dans les placards des entreprises et services publics sous leur gestion.

Ce serait scandaleux que des « Kuluna » en pagnes, jupes et cravates, impliqués visiblement dans la faillite non déclarée des entreprises et services publics sous leur responsabilité, puissent partir sans rendre compte de leur surendettement, des arriérés de salaires s'échelonnant parfois sur une trentaine de mois, des outils d'exploitation cannibalisés, des villas et terrains vendus aux enchères ou distribués entre copains et copines, des recettes consommées mécaniquement à la source, etc.

Il faut absolument un temps d'arrêt, destiné à faire l'état des lieux de ce patrimoine de l'Etat, avant de passer à l'étape de la nomination de nouveaux mandataires publics ou du maintien à leurs postes de ceux encore en place. Ne pas se soucier de la santé financière et logistique des entreprises et services publics soumis à la « tombola » du partage des postes, c'est cautionner - répétons-le - l'impunité des hommes et femmes ayant usé et abusé de ces unités de production comme des biens sans maître.

Si les « dignitaires » de FCC et de CACH sont réellement animés de la volonté de reconstruire le pays avec un budget minimal de 11 milliards de dollars américains pour l'exercice 2020, ils devraient se faire violence et surseoir au positionnement précipité de leurs candidats au sein des conseils d'administration et des comités de gestion des entreprises publiques. S'ils tiennent à ce que les nouveaux mandataires se mettent au service de la collectivité nationale, ils devraient privilégier les audits, passage obligé pour la vérification et la certification des comptes, avant l'étape des nominations ou « placements » des cadres et militants impatients de trouver du travail ou de le conserver.

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