Madagascar: Conjoncture - L'improbable retour au pouvoir du TIM

Renaître de ses cendres. Le lundi noir n'a pas seulement anéanti le patrimoine de Marc Ravalomanana, ancien président, il a également réduit en cendres les fondations du TIM, le parti qu'il a créé. Après sa défaite à la présidentielle, l'échec du TIM aux législatives et aux communales où l'IRD l'a nettement devancé, Marc Ravalomanana a remobilisé sa troupe, ou plutôt ce qu'il en reste, au By Pass pour tenter de se refaire le moral. L'objectif de la réunion était de s'organiser pour reconquérir le pouvoir. Une ambition légitime pour celui qui a été chassé du pouvoir par un mouvement populaire en 2009 mais en a-t-il encore les moyens ?

Le fait est qu'on croyait que l'épreuve de son exil sud-africain l'a assagi, il n'en fut rien. Il est resté entier, sans remords ni regrets, sans rien changer à sa méthode. à preuve, il vient de nommer un nouveau secrétaire général du parti sans passer par le bureau national ni par le congrès. Du coup Olga Ramalason a été royalement mise sur la touche malgré son attachement et sa fidélité au parti. Elle n'est pas la seule à avoir été victime d'une telle ingratitude et d'un tel cynisme. Lors des députations et des communales, il a préféré miser sur de nouvelles têtes parachutées à travers un primaire qu'il a manipulé au détriment de valeurs sûres du parti pour ne citer que Guy Rivo Randrianarisoa ou Felix Randriamandimbisoa qui figuraient parmi les soixante treize députés réclamant le rejet de la loi électorale concoctée pour l'écarter de la présidentielle de 2018.

Les membres honnis du TIM ont préféré voir ailleurs pour continuer leur carrière politique plutôt avec réussite à en juger ceux qui siègent au cabinet du nouveau maire d'Antananarivo.

Appel sans écho

Ravalomanana a fait un appel aux « brebis galeuses » pour un retour au bercail avec un brin de sarcasme faisant allusion à un regret de ceux qui sont partis. Il espère ainsi rameuter tous ceux qui ont fait du TIM un rouleau compresseur et remettre à flot le rafiot. Il sait qu'il n'y a plus grand monde autour de lui. Rina Randriamasinoro, Hanitra Razafimanantsoa, Fidèle Razarapiera sont les seuls caïds restés à ses côtés supportant ses frasques. On se demande jusqu'à quand ?

Un appel qui risque de rester sans écho étant donné qu'il ressemble à un attrape-nigaud. Comment peut-il faire revenir tous les barons du TIM par un simple sifflement ? S'il en avait le pouvoir, tout le monde l'aurait soutenu lors de la présidentielle de 2018. Mais personne ne l'a fait. De Pierrot Botozaza à Yvon Andrianasandratriniony en passant par Solofonantenaina Razoarimihaja, Raharinaivo Andrianatoandro, Henri Randrianjatovo, Pascal Jaosoa, Rajemison Rakotomaharo, Donnat Andriamahefamparany, Joseph Yoland. Ali Sarety, Yves Aime Rakotoarison, Fetison Rakoto Andrianirina sans compter les personnalités d'autres partis qui l'ont épaulé, tous ont quitté la barque. Beaucoup se sont mordus les doigts, ont passé plusieurs mois en prison pour être jetés comme une peau de citron par la suite.

Les dernières élections ont montré les limites du TIM. Certes il reste un grand parti, faute de mieux, mais il lui est presque impossible de reconquérir le pouvoir à travers les élections. Mais on peut toujours rêver.

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