Cameroun: « Les entreprises pourront mieux se développer »

interview

Charles Etoundi, auteur de l'essai Fusion des bourses de valeurs mobilières de l'Afrique centrale.

Quels sont les opportunités qu'offre la Bvmac à l'économie de la sous-région, et même aux populations ?

Les enjeux sont d'ordre stratégique, politique et économique. Sur le plan stratégique, les Etats gardent toute leur souveraineté en se libérant des financements extérieurs qui, à terme, contribuent à les assujettir. Ce qui sur le plan politique, permettra aux institutions, en fonction des priorités des besoins du pays, de décider des projets à mener. Sur le plan économique, la mise en place d'une véritable bourse permettra d'accroitre la qualité et la quantité de la production locale. En termes d'opportunités, ce sont des entreprises qui pourront davantage se développer, parce qu'elles pourront se financer sur le marché financier de manière directe, sans plus passer par les établissements bancaires qui demandent des garanties. Une croissance des entreprises qui aura des répercussions sur la croissance économique du pays. Les entreprises produiront davantage, emploieront davantage et paieront davantage le fisc. Nous mettrons là en place une théorie économique citoyenne où le consommateur est aussi actionnaire. Il s'agit là d'un modèle à la fois de marché et de financement.

Qu'est-ce qui bloque l'intensification des activités à la place boursière de Douala ?

Les entreprises sont réfractaires ou incapables de se faire coter en bourse en raison d'une organisation et d'une gestion approximative des capitaux, de la crainte de perdre leurs actions en bourse ou encore du désir de cacher leurs véritables chiffres d'affaires de peur de faire augmenter leur redevance au fisc. Or, elles ignorent qu'ouvrir leurs capitaux en bourse est un moyen de développer leurs entreprises. Les entreprises manquent d'informations sur les marchés financiers.

Quelles solutions proposez-vous pour la redynamiser ?

La volonté politique s'est exprimée à un niveau, en fusionnant les deux bourses. Mais elle doit faire mieux. Les politiques doivent établir des textes règlementaires et législatifs qui inciteront les entreprises à se faire coter en bourse. Ce serait par exemple l'introduction d'un régime obligataire d'entrée en bourse et un régime facultatif. Le premier oblige les entreprises à céder en fonction de leur chiffre d'affaire, un nombre établi d'actions. Si elles franchissent le seuil imposé, elles entrent dans le régime facultatif, où elles bénéficieront d'un ensemble de mesures incitatives. L'autre suggestion est la formation des cadres qui pourraient suggérer à leurs employeurs de faire coter leur entreprise en bourse, mais aussi se proposer en gestionnaire de leurs actions, parce que maitrisant le fonctionnement du marché financier.

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