Sénégal: Dialogue politique autour de la décrispation de l'espace politique - Général Niang refile la patate chaude à Macky

28 Février 2020

Réunie hier, jeudi 27 février, autour de son président, le Général à la retraite Mamadou Niang, pour examiner le deuxième sous-point de l'Objectif spécifique numéro 7 (Os7), la Commission cellulaire du dialogue politique s'est accordée à faire une recommandation à l'attention du président de la République pour une décrispation de l'espace politique. Ce consensus intervient après le désaccord noté concernant le premier sous-point de cet Os7 qui portait sur l'arrêté Ousmane Ngom et autres sujets.

La Commission cellulaire du dialogue politique a franchi hier, jeudi 27 février, un pas important. En effet, après plus de deux semaines d'échanges infructueuses sur le premier sous-point de l'Objectif spécifique numéro 7 (Os7), les acteurs politiques qui abordaient lors de la rencontre d'hier, le deuxième sous-point de cet objectif spécifique qui concernait la décrispation de l'espace politique, ont finalement décidé de tirer une conclusion et refiler la patate chaude au président de la République, Macky Sall.

En effet, après plusieurs heures d'échanges, il a été finalement retenu de tous les acteurs de faire une formulation de recommandation concernant ce point à adresser à toutes les institutions dont le président de la République, l'Assemblée nationale et les partis politiques pour la prise de mesures allant dans le sens du renforcement de la décrispation de l'espace politique. Joint au téléphone, Déthié Faye, Coordonnateur du Pôle des Non-alignés s'est félicité de l'esprit d'ouverture qui a prévalu lors de cette rencontre.

Ainsi, revenant sur le consensus trouvé, il a souligné sans donner plus de détails qu'il est demandé la revue de tous les textes et lois qui sont de nature à favoriser souvent l'arrestation des acteurs politiques créant ainsi une situation de tension dans l'espace politique. «Cette recommandation recoupe la proposition que le pôle des Non-alignés avait faite dès le premier jour où ce point a été abordé. Nous avions dit que nous ne sommes pas pour qu'on aborde des questions sous l'angle personnel mais de façon générale pour ne pas donner l'impression aux yeux de l'opinion que le dialogue ne vise pas à régler le problème des Sénégalais mais seulement les nôtres ou encore à régler le problème de Jean ou Paul», a-t-il laissé entendre.

Poursuivant son propos, le leader de la Convergence pour la démocratie et la République (Cdr) Fonk sa kadu lance ainsi la balle dans le camp du Président Macky Sall. «Objectivement, le président de la République qui a pris l'initiative du dialogue, a compris que l'espace politique est, aujourd'hui, miné par des problèmes. Donc, s'il y a une recommandation allant dans le sens de la décrispation, je doute fort sur la base des engagements qu'il a pris de mettre en œuvre tous les consensus forts, qu'il va décider autrement puisque cette recommandation est un consensus fort». Joint également au téléphone, Cheikh Sarr, Coordonnateur adjoint du pôle de la majorité confirme lui-aussi ce consensus.

Aussi a-t-il déclaré : «On a finalisé les discussions sur le cadre normatif de l'objectif spécifique numéro 7 (Os7) et on a eu un consensus fort. La commission recommande la prise de toutes les mesures allant dans le sens de la décrispation de l'espace publique». Seulement, tout en précisant que le «président a dit qu'à chaque fois qu'il y a un consensus, il va le mettre en œuvre», Cheikh Sarr s'est voulu clair en précisant qu'«Il y a des questions sur lesquelles il n'y a pas eu de consensus».

Citant entre autres l'arrêté Ousmane Ngom, l'article 80 du Code pénal, le cumul des mandats de chef de l'Etat et chef de parti... , l'ancien maire de la ville de Guédiawaye a indiqué que «tous ces points étaient discutés à part mais il n'y a pas eu de consensus». Ainsi revenant sur le sens du consensus trouvé hier, le Coordonnateur adjoint du pôle de la majorité a tenu à préciser qu'il «concerne le deuxième sous-point de l'Os7» donc, «différent de celui qui était débattu lors des précédentes rencontres et qui concernait l'arrêté Ousmane Ngom et autres».

«Nous ne sommes pas pour le traitement des cas de façon individuelle mais nous sommes pour qu'on prenne des mesures pour la décrispation de l'espace publique. Le consensus obtenu aujourd'hui (ndlr-hier,) est très important puisque quand on dit prendre des mesures, nous donnons une grosse orientation», a-t-il martelé. Avant d'insister : «Il faut que toute la classe politique se mobilise pour parvenir à cette décrispation de l'espace publique. Les gens ne doivent pas penser que la décrispation de l'espace publique incombe uniquement à l'autorité par le biais d'une amnistie pour Karim Wade et Khalifa Sall. L'opposition, elle aussi, doit avoir un comportement allant dans le sens de cette décrispation de l'espace public. Elle (opposition) doit avoir un comportement qui permet de décrisper en évitant certains excès».

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