Cameroun: Câble diplomatique, le régime Biya aux abois

28 Février 2020

Les renseignements qui nous parviennent indiquent que le régime Biya est confronté à quatre puissants vents contraires :

- La popularité et la légitimité démocratique nationales désormais incontestables du Président élu Maurice Kamto, auprès duquel de nombreux barons du régime Biya tentent déjà de faire discrètement allégeance

- L'hostilité affichée des grandes puissances américaine, britannique et française après ces derniers crimes de Biya contre l'humanité dans le Nord-Ouest-Sud-Ouest du pays.

- Une baisse drastique des recettes de l'État en raison de l'instabilité sécuritaire galopante, qui paralyse et réduit massivement les recettes pétrolières, les exportations et les recettes douanières du pays.

- La montée en confiance de la population du Cameroun qui intègre de plus en plus le principe de la puissance de sa masse en millions de personnes contre les menues forces répressives du despote Biya qui ne compte que quelques dizaines de milliers de membres.

Pour contrer le premier vent, le régime Biya s'obstine à vouloir débaucher du monde autour du Président élu Maurice Kamto, qui devrait, selon certains câbles, resserrer les rangs avec tous ses alliés loyaux et continuer d'étoffer sa présence sur tout le terrain national à travers ses prochains mots d'ordre. Biya a en outre énormément renforcé sa garde rapprochée, se sachant désormais épié sur terre comme dans le ciel camerounais où des satellites internationaux, tels Google Earth, balaient sans cesse l'ensemble des mouvements de troupes dans le pays.

Pour contrer la deuxième contrariété, le régime Biya s'est engagé dans une offensive médiatico-diplomatique désespérée, en tentant de réactiver ses réseaux néocoloniaux français de droite, de gauche et du centre, mais aussi d'extrême-droite et en finançant massivement des cabinets de lobbying notamment à Addis-Abéba, Paris, Bruxelles, La Haye, Genève, Washington et New York.

L'objectif est de desserrer l'étau des organisations des droits de l'Homme et des procédures judiciaires internationales en constitution à l'UA, à l'UE, à la CPI et à la CIJ, mais aussi et surtout à l'ONU, contre le régime Biya.

L'opposition camerounaise travaillerait quant à elle à favoriser la prise d'une résolution internationale offensive contre l'impunité des forces de défense fidèles à Biya au Cameroun, à tous les niveaux pertinents. Biya, son gouvernement et sa hiérarchie militaire devraient bientôt écoper de sanctions internationales individuelles pour crimes contre l'humanité au Cameroun.

Sur le troisième front, celui de la baisse des recettes macro-économiques, le régime Biya s'est mis à puiser dans les ultimes réserves du Trésor pour équilibrer son budget.

Un assèchement du robinet financier de la Banque de France risquerait de lui être fatal à court terme, ce qui rend urgente pour le clan Biya, la normalisation des relations Biya-Macron.

Or Biya fuit le contact téléphonique de l'Elysée, conscient qu'il est de la grande colère du Président français, qui aurait décidé de sacrifier le vieux despote et de négocier les intérêts français avec des représentants véritablement légitimes du peuple camerounais.

L'opposition camerounaise devrait travailler sérieusement à confirmer la crédibilité de l'alternative qu'elle offre pour faire définitivement basculer l'establishment occidental, en même temps que le Peuple camerounais.

Enfin, pour ce qui est du quatrième front, le régime Biya a investi des sommes énormes dans les renseignements généraux, en infiltrant dans les populations des centaines d'agents secrets chargés de lui rendre compte de l'évolution de l'opinion et du degré d'hostilité des civils envers le régime.

Ces agents secrets sont aussi chargés de distiller régulièrement des doses de peur, de surestimer la puissance du régime, et de favoriser les sentiments tribaux, régionalistes, d'attiser les querelles autochtones/allogènes et d'inciter la population à cultiver un certain anticolonialisme superficiel.

Selon nos câbles, l'opposition politique mobiliserait également une contre-intelligence, capable de porter la Cause Commune dans tous les recoins du pays.

Mais la contre-propagande de l'opposition camerounaise accuserait encore d'un grand retard à l'intérieur du territoire national, contrairement à la diaspora où le rejet du régime Biya a définitivement triomphé.

Au total, toutes les synthèses diplomatiques qui nous parviennent confirment l'isolement avancé du régime Biya et le risque d'autant plus grand qu'il ne s'engage dans des solutions extrêmes.

La peur et l'isolement, on le sait, rendent fou. Le 25 mars au Parlement français, on sait pour finir qu'une nouvelle politique française au Cameroun pourrait se décider aux détriments du régime camerounais actuel. Des jours troubles s'annoncent...

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