Maroc: Rencontre à Paris avec Kébir Mustapha Ammi autour de son roman "Ben Aïcha"

Les salons de la Chancellerie du Maroc à Paris ont abrité, mercredi soir, une rencontre avec Kébir Mustapha Ammi autour de son nouveau roman "Ben Aïcha".

Paru aux éditions "Mémoire d'encrier", le roman relate l'histoire d'un amour impossible entre un corsaire marocain et une princesse française.

En 166 pages, le livre revient sur les péripéties de Ben Aïcha, un célèbre corsaire marocain du XVIIe siècle, parti de rien, devient amiral, puis ambassadeur et qui rencontre, un 13 février 1699, un point culminant dans sa vie, Marie-Anne de Bourbon, princesse de Conti, fille du Roi Louis XIV.

C'est lors d'une somptueuse fête à Versailles, que les destinées des deux protagonistes se sont croisées, lorsque "Ben Aïcha s'incline et baise la main de la princesse. Son cœur se met alors à battre comme « s'il allait se rompre ».

"C'est un roman à la croisée des chemins, un roman métis, un roman sur la liberté d'être d'ici et d'ailleurs, une réécriture d'un passé non assumé souvent. Je voulais que la beauté et la fragilité de la poésie croisent la vérité du roman et s'en emparent. Je voulais que ce roman soit comme une ode à l'amour", relève l'auteur.

«C'est un roman sur l'amour et sur le respect de l'autre. Ben Aïcha célèbre l'amour impossible entre un musulman et une princesse française, en faisant fi de toutes les frontières et de tous les obstacles», affirme l'auteur devant un public composé de personnalités du monde de la culture et des lettres, françaises et marocaines.

Ce roman est aussi «une œuvre engagée». Car parler d'amour de nos jours c'est «faire preuve d'engagement», souligne Kébir Mustapha Ammi.

Il s'agit d'un roman d'une «totale liberté» où il n'y a «aucune espèce d'entrave», qui raconte «un amour torride entre deux personnes absolument libres qui font fi de tous les obstacles ». «Ben Aïcha», c'est aussi une « fable d'amour et de liberté qui révèle les tumultes d'une relation scellée par l'impossible», affirme l'auteur.

Pour Abderrahim Hafidi, islamologue et journaliste, qui a animé cette rencontre tenue dans le cadre des Mercredis de l'ambassade, ce roman est « une fresque littéraire », qui se déroule dans un siècle qu'on appelle le grand siècle en France, celui de Louis XIV.

Kebir Ammi, « un écrivain fécond très attaché à l'esthétique du mot », nous plonge dans cette grande époque de l'Histoire de France, avec cette minutie propre au romancier qui a le droit d'inventer tout en restant dans le périmètre du crédible. C'est grâce à un travail de documentation et les détails de l'époque que Ben Aïcha a pu « apparaître comme un personnage crédible qui sort en chair et en os du papier», commente Abderrahim Hafidi.

« Le livre est un film prêt à être porté à l'écran. Un livre plein de péripéties, un livre facile à lire, mais qui nous tient en haleine », assure-t-il.

Sur cette idée d'en faire un film, Kébir Mustapha Ammi confie à la MAP, qu'il « en serait très heureux ». « Faire un film, c'est très difficile. C'est trouver un producteur, c'est aussi beaucoup d'argent. Mais si cela venait à se faire, ce serait magnifique, car cela donnerait vie à un moment important de l'Histoire du Maroc et de la France», affirme-t-il.

Essayiste, dramaturge et romancier, Kebir Ammi est né à Taza, au Maroc, et vit en France depuis plus de trente ans. Il est l'auteur d'une œuvre ouverte sur l'altérité, la diversité et la beauté du monde. "Le partage du monde" ou encore "Un génial imposteur" sont entre autres parmi ses romans parus chez Gallimard et Mercure de France.

Lancés en 2005, les Mercredis de l'ambassade proposent un rendez-vous avec des personnalités du monde de l'art, de la culture et de la politique, ayant un lien avec le Maroc d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Ces rendez-vous, organisés dans les salons de la Chancellerie constituent un espace de réflexion, d'échange et de débat sur des thématiques diverses ayant trait au Maroc et aux relations maroco-françaises.

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