Niger: Marchés militaires - Un collectif d'avocats se met en place

Quelles seront les suites judiciaires au Niger après l'audit portant sur la gestion des marchés du ministère de la Défense nationale révélé cette semaine ?

L'audit, demandé par le président Issoufou et diligenté par l'actuel ministre de la Défense, révèle notamment l'existence de surfacturations et d'achats de matériel militaires jamais livrés. Au vu des immenses pertes humaines enregistrées ces derniers mois dans les attaques d'Inates et Chinagoder, plusieurs voix s'élèvent pour exiger des suites judiciaires mais certains craignent que le scandale soit étouffé.

Pour l'éviter, un collectif d'avocats est en train de se mettre en place pour déposer plainte. Et ce au nom de plusieurs familles de victimes militaires des dernières attaques. « Ces révélations montrent que nos soldats ont été exposés », regrette l'une de ces familles qui confirme son intention de déposer plainte contre l'État pour négligence. La démarche est appuyée par plusieurs organisations de la société civile, qui tentent actuellement de recenser les proches de militaires concernés par le dossier.

C'est précisément pour respecter la mémoire des victimes que la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) nigérienne encourage elle aussi les autorités à donner une suite judiciaire à ces révélations. La CNDH demande que les responsabilités soient situées, quel que soit leur niveau.

Il ne faut pas que l'impunité perdure dans notre pays. Nous estimons qu'aujourd'hui, la situation recommande que clarification soit faite et que les responsabilités soient situées, à quel que niveau que cela soit. Parce que les conséquences sont énormes, lourdes pour nos populations. Ce sont des vies humaines. Nous avons ces deux drames à Inates et Chinagoder, et nous nous avons demandé régulièrement au gouvernement de doter les forces de défense et de sécurité des moyens adéquats pour faire face à la situation [...] Si ces fonds n'avaient pas été détournés, peut-être que les forces seraient en mesure de faire face

Hamidou Talibi Moussa, porte-parole de la CNDH

Pour l'heure, le pouvoir assure noir sur blanc que le travail d'assainissement commencé ira jusqu'à son terme. Mais il n'annonce pas vouloir saisir la justice dans l'immédiat. Selon le communiqué diffusé cette semaine par le gouvernement, seuls devraient être inquiétés ceux qui refusent de rembourser le trop-plein perçu lors des surfacturations constatées.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.