Congo-Kinshasa: Le Gouvernement congolais et le groupe armé FRPI signent un accord de paix au grand soulagement de la population de l'Ituri

communiqué de presse

Le Gouvernement congolais a signé ce vendredi 28 février à Gety, à environ 60 kms de Bunia, capitale provinciale de l'Ituri, un accord de paix avec la Force de Résistance Patriotique de l'Ituri (FRPI), dernier grand groupe armé opérant dans cette province de l'est de la République Démocratique du Congo (RDC).

Cet accord tant attendu par les populations locales est destiné à restaurer la paix, la sécurité et la stabilisation dans ce territoire situé à l'est du pays.

La cité de Gety était en ébullition, avec un fort déploiement des forces de sécurité, notamment des forces armées de la RDC (FARDC) et des casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO). Quelques désormais ex-combattants de la FRPI étaient visibles parmi les nombreux invités à cette cérémonie qui s'est déroulée au Stade Tata Akobi. Sur les artères de la cité, on pouvait voir quelques calicots saluant cet accord dont la signature avait été annoncée depuis quelques mois, mais repoussées à plusieurs reprises.

Mbadu Adurodu, "général" autoproclamé et commandant de la FRPI a exprimé sa satisfaction : " Ma joie est grande, après deux tentatives avortées, cette fois-ci est la bonne. Nous avons accepté de quitter la brousse parce-que nous étions fatigués de vivre dans le maquis et nous voulons la paix, nous sommes Congolais et voulons servir notre pays".

Son épouse, qui participait à la cérémonie à ses côtés, a déclaré qu'elle était heureuse : "Enfin, mon époux va recouvrer la liberté et quitter la brousse. Je suis heureuse qu'on ne va plus m'indexer comme étant la femme d'un chef de milice... Enfin, nous allons pouvoir vivre ensemble et servir la nation", a-t-elle affirmé.

La population de Gety était aussi dans la liesse en ce "jour historique " pour elle. Anualité Zawadi, 27 ans, donne de la voix : "Pour nous femmes, c'est un jour de victoire et de grand espoir ". Elle ajoute : "Pendant 20 ans, on a beaucoup souffert, les femmes étaient violées, on n'allait presque pas aux champs, les enfants allaient difficilement à l'école, notre communauté était stigmatisée car assimilée aux miliciens de la FRPI. Avec cet accord, c'est un espoir de paix, d'unité et de cohabitation pacifique. Nous demandons que les clauses de cet accord soient respectées".

Selon les clauses de cet accord, dès sa signature, "la FRPI cesse d'exister comme groupe armé et s'engage au processus de transformation en parti politique conformément à la législation en la matière ". Par ailleurs, la FRPI "rassure le gouvernement de la non-présence des enfants associés dans ses rangs et de sa disponibilité à toute vérification ".

L'accord dispose également que le "gouvernement congolais s'engage à soumettre au Parlement un projet de loi portant amnistie pour faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques. Cependant, sont exclus du champ d'application de la loi d'amnistie les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, les graves violations des droits de l'homme, les viols, les violences sexuelles et les crimes de génocide".

En outre, le Gouvernement s'engage à mettre en œuvre le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion des groupes armés (DDR) en Ituri, en intégrant, "dans les Forces de Défense, compte tenu des impératifs de la paix, les éléments de la FRPI, qui en feront la demande, et ce, après vérification au cas par cas, des effectifs et des compétences suivant les critères définis par la loi, en ce compris l'octroi des grades ". Le Gouvernement prendra "des dispositions appropriées pour les éléments de la FRPI, demandeurs d'intégration aux Forces de Défense, qui n'auront pas satisfait aux critères de compétences, sous forme de programme de formation spéciale, en vue de leur faciliter la satisfaction à ces critères ".

Le gouverneur de la Province de l'Ituri, Jean Bamanisa Saidi a exprimé la volonté du gouvernement de mettre en œuvre cet accord : "personne n'est venu ici à contrecœur pour signer cet accord. C'est le fruit d'un engagement et d'une volonté. Nous allons nous battre pour qu'il n'y ait plus le début d'un nouveau conflit, quel qu'il soit... L'autorité de l'État doit être rétablie et nous allons tout faire pour qu'il n'y ait pas de tireurs de ficelles...", a-t-il déclaré.

Le processus ayant abouti à la signature de cet accord de paix a bénéficié d'un important soutien de la MONUSCO. Avec ses partenaires internationaux, la Mission n'a ménagé aucun effort depuis 2017, date du début des négociations, en termes de plaidoyers, d'assistance logistique, technique et financière pour promouvoir une paix durable dans le Territoire d'Irumu.

Pour la MONUSCO, cet accord de paix "représente la meilleure opportunité jamais donnée au Territoire d'Irumu en Ituri de tourner la page sur presque 2 décennies de violence et d'entrer résolument dans une phase de restauration de l'autorité de l'État et du développement économique et social", a déclaré Cecilia Piazza, Cheffe de Bureau de la MONUSCO à Bunia.

La Mission des Nations Unies en RDC a promis de poursuivre son appui au processus de pacification du Territoire d'Irumu, qu'il s'agisse du processus de DDR des ex-combattants, ainsi que la réintégration communautaire des combattants démobilisés faisant ce choix. "En plus du volet réintégration communautaire, le programme sera accompagné d'un volet dialogue démocratique pour renforcer la cohésion sociale entre les communautés afin d'assurer une paix durable dans le sud Irumu. Ces efforts sont soutenus par le Fonds de Cohérence pour la Stabilisation ainsi que par la MONUSCO, en conformité à son mandat », a précisé la Cheffe de Bureau de la MONUSCO.

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