Afrique: Espèces humaines - Une vieille lignée humaine "fantôme " exhumée de l'ADN de populations africaines

Autant les Européens portent l'héritage génétique de l'Homme de Néandertal, quatre populations d'Afrique de l'Ouest étudiées conservent aussi des gènes archaïques. Mais il s'agit d'une ancienne espèce humaine inconnue.

On sait que l'Homosapiens est apparu pour la première fois en Afrique il y a environ 300.000 ans, avant de quitter son berceau pour explorer le monde. Ainsi il croisera d'autres espèces humaines comme l'Homme de Néandertal en Europe ou l'Homme de Denisova en Asie.

Les populations européennes gardent des traces de la rencontre entre Homo sapiens et Homo neanderthalensis dans leur génome. Et les populations d'Asie et d'Océanie portent dans leur gène l'héritage de l'Homme de Denisova. Qu'en est-il pour les populations africaines ? En effet, les contributions génétiques d'ancienne espèce humaine sont mal comprises. Une publication parue dans Science Advances a passé au crible le génome de quatre populations africaines et y a décelé les traces d'un hominidé archaïque. Mais, celui-ci est totalement inconnu.

L'analyse nucléotidique de 405 personnes a révélé que quatre populations d'Afrique de l'Ouest - les Yorubas et les Esan du Nigéria, les Mende de Sierra-Leone et les habitants de la province occidentale du Gabon - détiennent entre 2 et 19 % de leur ascendance génétique d'une population archaïque.

Pour les scientifiques, la présence des fragments d'ADN ancestraux pourrait être expliqué par un métissage génétique ancestral entre Homo sapiens et un autre membre de l'espèce humaine. Appelé " introgression", ce phénomène génétique est visible dans le génome des populations modernes.

Selon l"analyse scientifique, cette nouvelle espèce aurait formé sa propre branche de l'arbre phylogénétique de l'Homme vers 650.000 ans avant notre ère, près de 100.000 ans avant l'Homme de Néandertal. La rencontre entre cette espèce "fantôme" et Homo sapiens se serait faite il y a 43.000 ans. Et on n'en sait pas beaucoup plus. "Nous ne savons pas où cette population a vécu, ni si elle correspond à des fossiles connus ni comment elle a disparu", a déclaré Sriram Sankararaman, chercheur en génétique humaine à l'université de Californie.

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