Sud-Soudan: Afflux de blessés après de violents affrontements dans l'Etat de Jonglei

People displaced by clashes in South Sudan’s Jonglei state wait for a food distribution in Pibor.
communiqué de presse

Depuis le 21 février, un gouvernement de transition est en place au Soudan du Sud. Reporté à deux reprises, l'accord de partage du pouvoir entre le Président Salva Kiir et son opposant Riek Machar a finalement vu le jour : ce dernier a rejoint le gouvernement en tant que Vice-Président, après plus de six années de guerre civile. Mais la situation reste volatile dans le pays : si la capitale Juba est calme, des violences ont pourtant éclaté dans l'État de Jonglei, dans l'Est du pays, entraînant le déplacement de milliers de personnes. MSF soigne les blessés dans la ville de Pibor, où elle gère un projet médical.

La formation d'un gouvernement de transition et les changements politiques récents ont entraîné des combats intercommunautaires entre différents groupes ethniques de la région. Les équipes MSF ont soigné 28 blessés au cours des deux dernières semaines dans le centre de santé de la ville de Pibor, dans l'État de Jonglei. Les blessés continuent d'y affluer, beaucoup arrivent également dans d'autres établissements de santé. Les activités des deux unités MSF de soins de santé primaires des villes de Gumuruk et Lekongole ont été suspendues. Les deux villes ont été abandonnées par la population fuyant les combats.

« On a su vers 2 heures du matin que nous devions partir immédiatement, explique Nassam*, un habitant de Lekongole récemment déplacé avec sa famille. Nous avons marché toute la nuit et à 16 heures le lendemain, nous sommes arrivés à Pibor. Sur la route, il y avait beaucoup d'enfants et de femmes. Nous avons tout laissé sur place car je devais porter mon père. On m'a même volé mes vêtements et de l'argent sur la route. »

MSF fournit une assistance médicale vitale dans le site de protection des civils de Pibor, où les familles ont trouvé refuge. Une salle d'urgence a été mise en place pour le triage et la stabilisation des patients, ainsi qu'une salle d'accouchement et un système de référence pour les personnes nécessitant une intervention chirurgicale.

« Nous constatons un nombre élevé de cas de paludisme, de pneumonie, de rougeole et de blessures de guerre, explique Lojana Augustino Ngorok, responsable MSF à Pibor. Les blessés sont difficiles à soigner ici, et certains ont besoin d'être référés à Juba pour des soins intensifs. »

La population a actuellement un accès très limité aux services de base comme l'eau, la nourriture, les abris et les toilettes. Nos équipes travaillent au renforcement des conditions d'assainissement et d'hygiène pour les personnes déplacées dans le camp. Avec seulement 8 latrines installées par MSF, la situation des 5 000 personnes vivant dans le site de protection reste désastreuse. Des milliers d'autres ont fui dans la brousse.

« Le nombre de patients que notre équipe voit à Pibor est trop faible en comparaison avec l'ampleur des violences et des déplacements actuels dans la région. Les services de santé étant limités en dehors de la ville de Pibor, nous sommes très préoccupés par la capacité des blessés à accéder aux soins médicaux », explique Ania Zolkiewska, chef de mission MSF.

*le nom a été changé

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