Ile Maurice: Mare-La-Chaux - La nouvelle adresse des ossements de dodo

La Mare-aux-Songes a-t-elle trouvé une sérieuse rivale ? Nouvel épisode dans la saga du dodo. Cette semaine, une équipe de scientifiques, menée par Julian Hume, paléontologue du National History Museum de Londres, et Owen Griffiths, défenseur du patrimoine, ont confirmé les premières découvertes de Mare-La-Chaux.

Dans un communiqué intitulé Lost world of the dodo: the discovery of Mare La Chaux marsh, ils retracent les débuts de cette aventure qui remonte à 2017. Point de départ: un article de Julien Desjardins, l'un des fondateurs - avec Charles Telfair - de la Royal Society of Arts and Sciences of Mauritius, en 1829. L'article paraît dans les Rapports Annuels de la Société d'Histoire Naturelle de l'Isle Maurice (1830-1834). Julien Desjardins raconte qu'il lui a suffi de plonger les mains dans un marécage de la région de Flacq, à Mare-La-Chaux, pour trouver des ossements de tortues.

Sur la base de ce récit historique, près de deux siècles plus tard, l'équipe a interrogé des habitants de la localité. Ce qui a permis de localiser ce marécage au milieu des champs de cannes, à La Gaieté. C'était en 2017. L'année dernière, en septembre 2019, une équipe de scientifiques (voir hors texte), épaulée de compétences locales du National Heritage Fund, a effectué des fouilles préliminaires à cet endroit.

Joint au téléphone en Angleterre, Julian Hume explique que «pour le moment, l'endroit est désert. Il n'y a pas d'arbre. Cet ancien lac où les animaux venaient s'abreuver était à l'époque entouré de végétation. It was a canopy forest». C'est l'étude des pollens - qui est en cours - qui permettra de retrouver les arbres qui poussaient là à l'époque des dodos et autres espèces.

Mare La Chaux se situe sur des terres appartenant à Alteo. «À terme, le projet est de réintroduire non seulement les arbres qui poussaient là, mais aussi les espèces animales», ajoute Julian Hume. Ce serait alors une attraction à vocation touristique, où les visiteurs pourraient avoir accès à un microcosme recréé.

Qu'en est-il des mesures de sécurité en vigueur autour du site ? Le paléontologue du National History Museum affirme qu'une «tour de garde avec un gardien» se trouve à proximité. Il souligne : «De nos jours, il ne suffit pas de se baisser pour ramasser des ossements. C'est un marécage qui n'est pas facile d'accès. Il faut faire des fouilles pour trouver des ossements.»

Justement, le spécialiste précise que pour l'heure, aucune campagne de fouilles n'a eu lieu à Mare-La-Chaux. Ce sont seulement des travaux préliminaires qui ont eu lieu, l'an dernier. C'est ce qui a montré que ce lieu était fréquenté, il y a «12 500 ans», par le dodo. Ainsi que la tourterelle et d'autres espèces d'oiseaux. Mais surtout par plusieurs espèces de tortues géantes. «Les tortues constituent 95 % des fossiles.» Il y a aussi le «plus grand scinque au monde, Leiolopisma mauritiana, un lézard qui pouvait dépasser les 50 cm. Mare-La-Chaux nous donne un aperçu de Maurice avant l'occupation humaine.»

Prochaine étape : réunir à nouveau l'équipe de scientifiques pour entamer des fouilles archéologiques. C'est prévu l'an prochain. «Le plus difficile est de jongler avec les emplois du temps de chacun.» Comment tout cela est-il financé ? Julian Hume précise que «chaque institution d'où sont issus les membres de l'équipe scientifique a financé son voyage».

Mare-La-Chaux : plus vieux de 10 000 ans

Quelles différences entre Mare-La-Chaux et Mare-aux-Songes ? Julian Hume, paléontologue explique que la principale différence réside dans la datation des deux sites. «Mare-La-Chaux date de 14 000 ans alors que Mare aux Songes date d'environ 4 000 ans. Nous avons l'ambition de fouiller jusqu'à toucher le fond de la mare. Mare-La-Chaux pourrait se révéler encore plus ancienne.»

Plus de: L'Express

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