Algérie: Affaires de montage automobile et financement occulte de la campagne électorale - 20 ans de prison ferme requis contre Ouyahia et Sellal

Deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia à droite et Abdelmalek Sellal

Alger — Le Procureur général près la Cour d'Alger a requis jeudi, dans le cadre des affaires de montage automobile et financement occulte de la campagne électorale de l'ancien président, Abdelaziz Bouteflika, des peines de 20 ans de prison ferme à l'encontre des deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, et de 3 à 15 ans de prison ferme à l'encontre des autres accusés avec confiscation de tous les biens saisis.

Au terme de son réquisitoire, jeudi matin au cinquième jour du procès, le Procureur général a requis des peines de 20 ans de prison ferme assorties d'une amende d'un (1) million de dinars à l'encontre des deux anciens Premiers ministres, poursuivis pour plusieurs chefs d'accusation dont "la dilapidation des deniers publics, l'abus de fonction et l'octroi d'indus avantages".

Lors de son réquisitoire, le Procureur général a affirmé que l'accusé Ahmed Ouyahia avait "monopolisé" dans l'exercice de ses fonctions, les prérogatives du Conseil national de l'investissement (CNI). Il a souligné que les enfants de Ouyahia ont "exercé une activité commerciale sans que l'accusé n'en informe ses responsables hiérarchiques", tel que stipulé par la loi.

Soulignant que l'accusé avait omis de "déclarer un compte bancaire ouvert auprès de l'agence BDL de Staouali, avec un solde de près de 30 milliards de centimes versés de manière douteuse", le Procureur général a assuré que le "préjudice matériel" causé par ces pratiques s'élève, selon l'expertise judiciaire, à "plus de 77 milliards de DA".

Concernant l'accusé Abdelmalek Sellal, le Procureur général a indiqué dans son réquisitoire que l'ancien Premier ministre avait recouru à "un cahier des charges sans fondement légal" concernant l'activité de montage automobile, "causant un préjudices de 24 milliards de dinars au Trésor".

Il a ajouté que l'accusé Abdelmalek Sellal avait abusé de ses fonctions en associant son fils, Farès, dans les activités d'importation de voitures de marque "Mazda", puis dans le montage automobile. Il a également violé la loi régissant le déroulement de la campagne électorale en "ouvrant deux comptes bancaires" au profit de la campagne de l'ancien président, et procédé à des "dépôts en violation de la loi".

Avant de requérir une peine de 15 ans de prison ferme à l'encontre des deux ministres de l'Industrie, Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda, le Procureur général a fait savoir que "les indus avantages accordés par Bedda à certains hommes d'affaires en fonction d'un cahier de charges sans fondement légal "ont entraîné des dégâts matériels dépassant les 8 millions de dinars.

Concernant la même affaire, le Procureur général a requis une peine de 10 ans de prison ferme à l'encontre de l'ancien ministre, Abdelghani Zaalane pour des charges retenues contre lui au moment où il occupait le poste de Directeur de la campagne électoral de l'ancien président et à l'encontre de Nouria Amina Zerhouni en sa qualité d'ancien wali de Boumerdès.

La même peine a été requise à l'encontre des hommes d'affaires Mohamed Bairi, Ahmed Maazouz, Ali Haddad et Hadj Malik Said.

Une peine de huit (8) ans de prison ferme a été également requise à l'encontre des hommes d'affaires Aboud Achour, Hassane Larbaoui et Farès Sellal, fils de l'ancien Premier ministre, et d'anciens cadres au ministère de l'Industrie, Hassiba Mokraoui et Tira Amine.

Le Procureur général a requis cinq (5) ans de prison à l'encontre du trésorier de la campagne électorale de l'ancien Président Bouteflika, et trois (3) ans pour les frères Semmai.

Il s'agit également d'amendes allant de 1 à 3 millions de dinars avec privation des fonctionnaires de leurs droits civils et politiques pour une durée de 5 ans.

Le Procureur général a déploré le fait que cette affaire "ait révélé la manière dont les fils de responsables bénéficiaient d'avantages de manières illégales", au moment où "des dizaines de jeunes migrants clandestins risquaient leur vie".

Pour rappel, le procès se poursuit par les plaidoiries de la défense dans cette affaire.

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