Cote d'Ivoire: Alassane Ouattara annonce son retrait de la course à la présentielle

Le président Alassane Ouattara

Le président ivoirien a annoncé, le 5 mars, qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat à l'occasion de l'élection d'octobre prochain.

« Je vous annonce solennellement que j'ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », a-t-il lancé devant les parlementaires des deux chambres réunis en congrès extraordinaire.

Depuis des mois, le chef de l'Etat ivoirien, élu en 2010, puis réélu en 2015, laissait planer le doute sur une possible candidature à un troisième mandat. La Constitution ivoirienne n'autorise que deux mandats, mais Alassane Ouattara estimait avoir le droit de se représenter en raison du changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

« Cette décision est conforme à ce que j'ai toujours dit, à savoir qu'il faut laisser la place à une jeune génération, en qui nous devons faire confiance, les jeunes Ivoiriens honnêtes, compétents, expérimentés, qui ont appris à nos côtés comme nous l'avons fait auprès du Père de la Nation Félix Houphouët-Boigny. Cela a été un honneur de servir mon pays », a précisé Alassane Ouattara, économiste, ancien directeur général adjoint du FMI et dernier Premier ministre d'Houphouët-Boigny (1990-1993).

Beaucoup d'Ivoiriens, notamment les proches du chef de l'État et la classe politique ne s'attendaient pas à cette décision. En effet, officiellement, le programme du jour devait être consacré à la révision de la Constitution ivoirienne annoncée fin 2019.

« Il est vrai que cela suscite souvent méfiance et suspicion, car c'est souvent un prétexte pour se maintenir au pouvoir. Je voudrais vous rassurer, ce projet de révision constitutionnelle ne s'inscrit nullement dans cette optique », a expliqué le président Ouattara, qui a saisi de l'occasion pour dévoiler les modifications constitutionnelles qu'il présentera le 6 mars lors d'un conseil des ministres extraordinaire.Le Congrès ivoirien devait valider toute modification de la Constitution à une majorité des deux tiers. Si cette majorité n'est pas atteinte, il faut passer par un référendum. La coalition du président Ouattara dispose d'une majorité écrasante à l'assemblée nationale et au Sénat.

L'opposition, de son côté, a déjà critiqué toute révision. Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), de l'ancien président Henri Konan Bédié, a évoqué un « tripatouillage », et l'ancien Premier ministre Guillaume Soro, candidat à la présidentielle d'octobre et actuellement en exil, l'a jugé « inacceptable ».

Depuis bientôt dix ans, les différentes déclarations ont renforcé le climat de tension qui règne après la crise postélectorale de 2010-2011 qui avait fait trois mille morts.Avant d'annoncer son retrait de la course à la présentielle, Alassane Ouattara a tout d'abord fait un bilan de ses neuf ans de gouvernance, se disant « fier de toutes ces belles performances accomplies ». Selon lui, « ces résultats sont conformes aux engagements » de campagne pris devant ses compatriotes.

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