Maroc: Ces artistes marocaines qui brillent par leurs talents

Certaines artistes marocaines ont connu une réussite exceptionnelle et sont devenues de véritables icones de la scène culturelle. Que ce soit dans le monde de la musique, de la littérature, du cinéma ou encore des arts plastiques, elles ont réussi des parcours impressionnants et font, aujourd'hui, la fierté de leur pays. Voici une liste non exhaustive de quelques-unes de ces femmes qui ont brillé en 2019 par leurs talents, leur dynamisme et leur force de caractère

Nada Azhari, meilleure artiste d'Afrique du Nord

La jeune artiste marocaine Nada Azhari a été sacrée, cette année à Lagos, lors de la 6ème édition des All Africa music awards (AFRIMA). L'étoile montante de l'univers "Indie Pop Electro" a remporté le trophée de "meilleure artiste féminine en Afrique du Nord" pour son hit "Jrit" où la voix cristalline et profonde de la talentueuse chanteuse mêle rêves et désirs dans une atmosphère bien à elle.

Il est à noter que les artistes marocains ont dominé les nominations de la 6ème édition de cette compétition de référence qui décerne chaque année des trophées aux artistes les plus prisés au niveau du continent. Les organisateurs avaient, en effet, nommé des musiciens marocains 23 fois dans l'ensemble des catégories de l'AFRIMA. Il s'agissait dans la catégorie "meilleur artiste féminin en Afrique du Nord" notamment de Jaylann, Psychoqueen et Salma Rachid, en plus de la gagnante.

Farah Rigal, l'interprète qui apporte un coup de jeune aux chansons de Fairouz

Dans son album-concept, "la voix de la réconciliation et de la paix", Farah Rigal réussit le pari fou de reprendre le répertoire de la diva Fairouz. Un exercice périlleux qui a vu se fracasser nombre de chanteuses. Dans un registre de world music, mêlant sonorités modernes aux accents groovy, funky et jazzy, la chanteuse a su se démarquer sans tomber dans l'imitation. "C'est ce qui fait l'exception de Farah Rigal", assure son producteur qui souligne que la chanteuse marocaine a obtenu l'accord de la diva Fairouz «ravie» par le «coup de jeune» apporté à ses chansons.

De 8 à 14 ans, Farah Rigal est une vraie petite star à la télévision marocaine où elle présentait, chaque dimanche matin pendant six ans, une émission jeunesse «La mini-chaîne», sous son nom de jeune fille Farah Tahiri. Quelques années plus tard, elle s'installe en France où elle écrit et compose des chansons.

Chanteuse à la voix généreuse et groovy, elle "enrichit" depuis une dizaine d'années "une expérience de scène et studio dans des registres multiples po-rock, soul-funk, world et jazz... ". Cette expérience l'amène à rencontrer le producteur Bernard Nicolet de Labalme Music France, avec lequel elle enregistre plusieurs chansons, à l'image de Stormy Weather qui connaît une belle diffusion sur les radios françaises et internationales en 2016/2017. Une autre collaboration, la même année, lui donne l'occasion de chanter dans sa langue natale et mêler sa voix à celles des Gipsy Reyes sur le titre Lacho Sakai, très largement diffusé sur le Maghreb, l'Europe et l'Amérique du Sud.

Touria Oulehri, une romancière habitée par la condition de la femme

Telle une mosaïque, ses textes sont construits tesselle par tesselle. Les mots y sont lisses et tranchants à la fois, simples et profonds. Son écriture, recherchée, n'est point un agencement d'idées, de phrases, de récits fluides/prévisibles. Dans les romans de Touria Oulehri, l'attention du lecteur est constamment sollicitée. Il est bousculé, déconcerté par des concepts aussi philosophiques que puisés dans la vie de tous les jours. Son engagement -de toujours- pour la condition de la femme est omniprésent. Son dernier roman, "Aime-moi et je te tue" (Virgule éditions, 2019) est "un coup de poing porté au flanc des convenances". Dans ce roman, comme pour les précédents, Touria Oulehri dit "écrire avec le cœur". "Quand on écrit avec ses émotions, on peut transmettre au lecteur toute la passion qui nous anime et le faire adhérer à ce monde imaginaire qu'on crée et qui reflète quelque part la réalité", confie-t-elle, le regard pétillant, l'allure moderne, volontaire. Si, l'écriture lui permet, en tant qu'universitaire, d'avoir un contact avec la littérature dans la perspective de la transmission des savoirs et des cultures, son approche, en tant que romancière, semble être plus globale, plus subjective. Il s'agit de renvoyer un autre regard, des émotions, une certaine vision de la société.

Laila Lalami, une écrivaine marocaine made in America

La romancière marocaine Laila Lalami, établie en Californie, a été nominée à deux grands prix américains cette année, dont le très convoité National Book Award 2019 (Prix national du livre) pour son dernier roman "The Other Americans".

Le roman de Lalami faisait partie de dix œuvres sélectionnées, sur un total de 397 candidatures, dans la longue liste du prix de la fiction du National Book Award.

"The Other Americans", paru au printemps aux éditions Pantheon New York/ Penguin Random House, avait été largement salué par la critique comme l'un des livres "les plus attendus" de 2019.

Laila Lalami est née à Rabat et a fait ses études au Maroc, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis où elle s'est établie depuis 1992 à Los Angeles.

Actuellement professeur d'écriture créative à l'Université de Californie à Riverside, elle est l'auteure des romans "Hope and Other Dangerous Pursuits" (2005), finaliste de l'Oregon Book Award ; "Secret Son" (2009); et "The Moor's Account" (2014). Ce dernier, un roman historique sur l'histoire d'un esclave marocain considéré comme le premier explorateur noir de l'Amérique, avait propulsé Lalami vers une notoriété aux Etats-Unis et auprès du lectorat anglo-saxon et lui a valu plusieurs prix notamment l'American Book Award et une place de finaliste du prestigieux Prix Pulitzer pour la fiction.

Lalami a été la présidente du jury de l'édition 2018 du prix de la fiction du National Book Award, qui récompense également des œuvres dans quatre autres catégories : fiction, traduction, poésie et littérature de jeunesse. Outre Lalami, parmi les prétendants au prix de la fiction figure notamment l'écrivain Colson Whitehead, lauréat du prestigieux Pulitzer Prize et de l'édition 2016 du National Book Award.

Soukaina Fahsi Une voix authentique prometteuse

Langage universel susceptible d'éveiller des sensations uniques, la musique peut être une véritable guérison pour l'esprit et un remède aux cœurs. Or, on assiste actuellement à une ère où les chants se veulent comme outil commercial plutôt que comme morceaux artistiques envoûtant le plaisir des oreilles. Face à cette montée en flèche de chansons parfois sans aucune touche artistique, un vrai talent surgit pour combler les esprits et enchanter le public : Soukaina Fahsi, une voix authentique qui fait frissonner, enrichissant ainsi la scène musicale marocaine, à travers un style musical influencé par divers rythmes du monde. Née à El Jadida en 1993, Soukaina s'annonce bel et bien comme l'une des artistes les plus prometteuses de la scène musicale marocaine. Portant plusieurs cordes à son arc, elle est auteure, compositrice et interprète avec 20 titres originaux à son compte, dont 13 chantés lors de ses tournées.

Fatima Attif, meilleure actrice à Malmö

La comédienne marocaine Fatima Attif a remporté, cette année, le prix de la meilleure actrice au Festival du film arabe de Malmö, pour son rôle dans le film "La Guérisseuse" (The Healer). Fatima Attif, qui campe le personnage de Mbraka, porte en fait sur son dos la grande partie de ce long-métrage de 102 minutes, produit en 2018. La comédienne marocaine a déjà remporté, pour le même rôle, le Prix du premier rôle féminin au Festival national du film de Tanger (1 au 9 mars 2019).

Houda Benyamina et Maryam Touzani à l'Académie des Oscars

Les réalisatrices et scénaristes marocaines Houda Benyamina et Maryam Touzani ont été nommées membres de l'Académie des Oscars, parmi 842 nouveaux membres. Les deux artistes se sont distinguées dernièrement par leurs productions filmiques et leurs prestations artistiques. Rejoignant la réalisatrice tunisienne Raja Amari dans la catégorie «Scénariste», les deux artistes marocaines auront pour tâche de sélectionner les nommés et distingués dans cette même catégorie pour le compte des prochains événements prévus dans le cadre des Oscars.

Les nouvelles nominées ne seront pas les seules représentantes du Maroc dans l'Académie des Oscars, puisqu'elles rejoignent leurs concitoyens l'acteur Saïd Taghmaoui, le réalisateur Nabil Ayouch et la productrice Khadija Alami.

Il est à rappeler que petite fille peu intéressée par les études, Houda Benyamina découvre le théâtre à l'école primaire. Elle devient alors une lectrice assidue et, à l'adolescence, fréquente les salles de cinéma. Mais, à 15 ans, elle est orientée vers un CAP coiffure. Peu de temps après, la jeune fille décide de reprendre une filière générale en classe de seconde. Déterminée, elle décroche un bac littéraire et choisit de tenter sa chance pour devenir comédienne. Houda Benyamina se forme à l'Ecole régionale des acteurs de Cannes (ERAC). Mais au fil des auditions, l'aspirante actrice est cantonnée à des rôles stéréotypés. Elle décide alors de bifurquer et commence à réaliser ses premiers courts-métrages. Parallèlement, en 2006, elle fonde l'Association «1000 Visages» qui forme des jeunes, issus de quartiers prioritaires, aux métiers du cinéma. En 2008, la jeune réalisatrice se fait remarquer avec le court-métrage, «Ma poubelle géante». Puis en 2011, elle acquiert une certaine notoriété avec le moyen-métrage «Sur la route du paradis», récompensé dans plusieurs festivals. En 2016, elle réalise son premier long-métrage, «Divines». En mai 2016, elle rafle la Caméra d'or lors de la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Le 24 février 2017, la réalisatrice reçoit le César du meilleur premier film, encore une fois pour «Divines».

Pour ce qui est de Maryam Touzani, elle est née à Tanger où elle a grandi avant de quitter le Maroc pour des études de journalisme à Londres. Quelques années plus tard, elle devient scénariste et réalisatrice de courts-métrages et de documentaires. En 2011, elle réalise son premier court-métrage «Quand ils dorment». En 2014, Maryam filme un documentaire, «Sous Ma Vieille Peau» consacré à la prostitution au Maroc. Ce documentaire donne lieu au film « Much Loved », sorti en 2015 et réalisé par son conjoint Nabil Ayouch, pour lequel Touzani participe au scénario. Elle réalise ensuite son second court-métrage en 2015, «Aya va à la plage», sur le thème de l'exploitation des jeunes enfants comme domestiques. En 2017, elle joue le rôle principal dans le film «Razzia», avant de réaliser en 2019 son premier long métrage «Adam», sélectionné pour le Festival de Cannes, dans la section «Un certain regard».

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