Congo-Kinshasa: 8 mars - Halte au folklore

S'inscrivant dans une perspective révolutionnaire, la célébration d'une «Journée internationale des femmes» fut proposée, pour la première fois en 1910 lors de la conférence internationale des femmes socialistes. C'est à une certaine Clara Zetkin que l'on attribue sa paternité.

Mais c'est en 1977 que la Journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations unies. Chaque année, l'organisation internationale met en avant-plan la lutte pour les droits de la femme, notamment pour la réduction des inégalités par rapport à l'homme.

En 110 ans de célébration de la tradition du 8 mars, les Congolaises ont-elles la même compréhension de la portée de cette journée ? Entreprennent-elles des activités ou mènent-elles des débats d'idées visant la manière de devenir actrices à part entière du développement de la société ?

Sur le terrain, malheureusement, cette journée se réduit, le plus banalement dans des centres urbains, à l'exhibition du port de pagne ou à l'organisation des défilés devant des officiels, eux-mêmes très peu au fait du sens du 8 mars. Généralement, la journée se conclut par des libations épicées dans des «nganda» ou par des débordements inappropriés.

Ce serait tout bénéfice pour les femmes d'anticiper ou d'exploiter les thèmes suggérés par les Nations unies à l'occasion de la Journée. Pour ce 8 mars, l'intitulé est «Je suis de la génération égalité, levez-vous pour les droits des femmes». L'ONU exhorte ainsi la communauté internationale à œuvrer pour la reconnaissance des droits de la femme. Lui faisant écho, le gouvernement de la République invite «Congolaises et Congolais à se lever pour défendre les droits des femmes».

Une telle mobilisation n'est possible que si la femme est consciente de ses droits et qu'elle entreprend des actions pour les conquérir. Agir autrement, c'est perpétuer une célébration folklorique du 8 mars.

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