Mozambique: Un an après le cyclone Idai, le pays à l'heure de la reconstruction

Les habitants traversent un pont de fortune à Copa où 63 maisons ont disparu sous la boue et les rochers amenés en aval par les pluies torrentielles du cyclone Idai. 38 autres maisons ont été endommagées. Les résidents estiment qu'environ 200 personnes ont été emportées au Mozambique. Un seul des corps retrouvés a été identifié.

Au Mozambique, un an après le cyclone Idai, la situation s'améliore sensiblement sur le terrain, mais la crainte des humanitaires reste grande. Au total, 2,5 millions de personnes ont toujours besoin d'assistance et, parmi elles, deux millions se trouvent en situation d'insécurité alimentaire, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

L'agence onusienne a récemment envoyé une mission au Mozambique. Son but est de faire un suivi et d'évaluer la situation, comme l'explique Déborah Nguyen, du bureau régional du Programme alimentaire mondial (PAM), actuellement à Beira, dans le centre du pays.

« La ville est en train de se reconstruire progressivement, déclare-t-elle. La vie a repris son cours ici, mais sur la côte, les habitants et les commerces ont déserté la zone. Dans les quartiers les plus pauvres de la ville, les gens vivent toujours sous des bâches en plastique. Par contre, dans les zones rurales de la région autour de Beira, la reconstruction avance. Les agriculteurs qui ont reconstruit leur maison ont commencé à replanter. Malheureusement, leurs efforts sont ralentis par les pluies torrentielles et les inondations de ces derniers mois. Donc, la nouvelle récolte devrait être un peu meilleure que les dernières mais toujours insuffisante, selon eux, pour répondre aux besoins alimentaires simplement de leur famille. Donc, ils ne vont pas pouvoir avoir de surplus à vendre et ne sont pas sûrs de pouvoir subvenir à leurs besoins jusqu'à la fin de l'année. »

Hausse de la malnutrition infantile

Deborah Nguyen alerte sur les besoins persistants et sur un manque de financement qui a contraint l'agence à revoir certaines activités à la baisse. « La plus grosse urgence, ce sont les besoins alimentaires, explique-t-elle. Aujourd'hui, il y a à peu près 4 000 cas de pellagre, une maladie rare causée par un manque de vitamines B3. C'est une maladie qui n'a pas été vue dans le pays depuis les années 1990. Et on assiste donc à une hausse de la malnutrition infantile chez les enfants de moins de cinq ans, avec 43% des enfants qui souffrent d'un retard de croissance. Il peut y avoir des conséquences très négatives pour leur développement jusqu'à l'âge adulte. Le mois dernier, le PAM a été forcé de réduire de moitié les rations alimentaires que l'on distribue dans la région de Sofala et dans les autres régions du centre du pays qui ont été les plus durement touchées par le cyclone l'an dernier. Donc, aujourd'hui, il nous faut 48 millions de dollars pour pouvoir répondre aux besoins des personnes qui souffrent ». Au Mozambique, le cyclone Idai a fait plus de 1 000 morts et deux millions de sinistrés.

Plus de: RFI

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