Congo-Kinshasa: De Carybde en Scylla à l'envers

C'était une journée de grandes réjouissances ce mardi 10 mars quand les 11 derniers pensionnaires du Centre de traitement d'Ebola (CET) de Beni ont quitté les lieux et ont été autorisés à regagner leurs foyers. Discours, cadeaux remis aux hommes et femmes qui ont résisté contre l'épidémie qui a touché près de 3.500 personnes et provoqué la disparition tragique d'environ 2400 de malades et vu au moins 1400 guéris.

L'équipe du professeur Muyembe prévient, pourtant : "l'épidémie n'est pas déclarée définitivement éradiquée. Les mesures de précaution, lavage régulier des mains avec du savon, du gel hydro alcoolique ou de la cendre restent de mise". Une alerte est également lancée sur la présence probable, quoique rare, de la présence d'un virus d'Ebola malicieusement endormi dans le liquide séminal, attendant l'occasion favorable de ressurgir et d'opérer de nouveaux ravages. Ensuite, il n'a pas été indiqué si les CET de Mangina et de Katwa ont connu la même effervescence. Tout laisse croire que l'épidémie sera déclarée vaincue dans les jours où heures qui viennent, aucun cas n'ayant été signalé au cours de vingt derniers jours.

Les autorités sanitaires auront certainement tiré des leçons de la plus longue épidémie à virus Ebola en RDC. Officiellement déclarée le 1er août 2018, il aura fallu plus de 18 mois pour espérer enfin, voir le bout du tunnel. Une longue période qui a coûté son poste à un ministre de la Santé, trop regardant sur le côté business de l'épidémie, et vu l'expérimentation de pas moins de trois vaccins de firmes pharmaceutiques différentes.

L'équipe du professeur Muyembe aurait, cependant, tort de se frotter les mains et de dormir sur ses lauriers. Car, cette fois-ci, l'alerte vient du Nord-Ubangi où du côté de Bosobolo et de Karawa, une épidémie de rougeole vient d'être déclarée. Des sources rapportent déjà quelque 600 cas dont une soixantaine de décès. Tout se passant comme si la RDC passait de Carybde en Scylla à l'envers. C'est aussi le lieu de se poser la question de savoir s'il existe réellement une politique sanitaire préventive et bien pensée, portée par un budget de santé conséquent.

La question vaut son pesant d'or. Les autorités congolaises ont la fâcheuse propension à se tourner vers la "communauté internationale" à chaque catastrophe. Dans le cas où la RDC connaîtrait des cas de Coronavirus, le fameux Covid-19, il n'est pas certain que sa voix soit entendue par des partenaires, eux-mêmes atteints et contraints au confinement.

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