Cameroun: Génocide dans la région anglophone, le régime Biya progresse dans sa mise en scène

Ville anglophone déserte de Buea

Évènements de Galim et de Bamenda : le régime Biya annonce l'arrestation ou la neutralisation des auteurs pour masquer son implication.

De la distraction. De l'enfumage. Voilà en quoi excelle le pouvoir voyou et génocidaire de Yaoundé chaque fois que son ombre apparait derrière un scandale.

En effet, pour masquer son implication dans l'attaque d'un poste de police et de gendarmerie survenue le 7 mars dernier à Galim (limitrophe de la zone anglophone), à l'ouest du Cameroun, le régime Biya fait annoncer à ses agents de propagande sur les réseaux sociaux tels que Nkonda Titus aka Ma Kontri Pipo Dem (MKPD) et Roly Klein Londell, que les hommes armés qui ont mené l'attaque de Galim ont été neutralisés à Ndop (nous attendons de voir les vidéos de leurs dépouilles) et leur armement saisi. Deux jours seulement après le drame ! Impressionnant !

La même tentative de manipulation vaut pour l'attentat à la bombe de Bamenda du 8 mars 2020. Après avoir planté des grenades programmées à la place des fêtes de ladite localité où des femmes, venues célébrer la journée internationale à elles dédiée, se sont données rendez-vous, le pouvoir de Yaoundé a échoué dans son plan de tuer le maximum de femmes possibles et accuser les indépendantistes anglophones d'avoir commis cet attentat meurtrier. Pour masquer sa responsabilité dans cet attentat, le régime Biya fait annoncer par certains médias que 5 suspects ont été mis aux arrêts.

Alors c'est simple. S'agissant de l'attaque de Galim, si l'armée camerounaise a pu savoir de manière exacte où se trouvaient les auteurs de ce coup au point de ratisser la zone et de les neutraliser 2 jours après, sans la moindre résistance, c'est qu'il s'agit des hommes armés bien connus des soldats camerounais.

C'est qu'il s'agit des membres de leurs milices criminelles qui ont été sacrifiés. Si les auteurs de l'attentat de Bamenda ont été interpellés comme veulent nous faire croire les soutiens du pouvoir Biya, cela veut dire que Yaoundé était bel et bien au courant à l'avance de cette explosion à la grenade et avait une telle idée des auteurs qu'il lui a été aisé de leur mettre le grappin dessus.

D'abord, il y a lieu de féliciter l'inédite promptitude dans la réaction des forces de sécurité camerounaises. Mais l'on se demande pourquoi la crise perdure, pourquoi les rangs des groupes armés indépendantistes grossissent tous les jours si, aussi facilement, l'armée camerounaise peut faire interpeller ou alors neutraliser les membres desdits groupes armés, quelques jours seulement après qu'ils aient été impliqués dans une attaque où un crime allégué. Le régime Biya n'est pas à sa première mise en scène.

Le 20 octobre dernier, la tête de l'officier de police Mwana est retrouvé dans un carrefour à Bamenda. 2 jours plus tard, les agents du régime font circuler sur les réseaux sociaux l'image d'une jeune dame assise à même le sol, pointée du doigt comme celle chez qui l'officier a été tué.

Début novembre dernier, l'adjudant Ndongo Jean Noël est assassiné non loin de Muyuka (sud-ouest anglophone) puis inhumé par le régime Biya.

Quelques jours plus tard, les mêmes agents du pouvoir sur les réseaux sociaux font circuler les images de jeunes gens présentés comme ceux qui ont tué puis inhumé le soldat.

Que les Camerounais qui ont encore leur jugeote en place s'habituent déjà à cette méthode du régime Biya. Comme les potentats du crime crapuleux actifs en zone anglophone avec leurs commanditaires à Yaoundé savent que l'opinion internationale est parfaitement au fait de leur existence, les milices proches du pouvoir commettent des crimes ou des attaques, puis les cyber-activistes pro-Biya accusent les séparatistes et quelques jours plus tard, annoncent la neutralisation ou l'arrestation de ces derniers. Les événements de Galim et de Bamenda n'ont pas dérogé à cette règle. Mais nul n'est dupe. La manip saute à l'œil nu.

Plus de: Africa Info

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.