Madagascar: «Omby, Madagascar et le zébu», un film sur le lien entre l'île et l'animal

Direction Madagascar pour une exploration inédite de la Grande Ile, un voyage entre le réel et le sacré, une odyssée au cœur de la culture malgache. Avec « Omby, Madagascar et le zébu », le réalisateur suisse indépendant Claude Stadelmann, signe un documentaire saisissant sur les liens entretenus entre l'homme et l'animal à bosse.

Avec notre correspondante Antananarivo,

Le cinéaste et son équipe de tournage, entièrement malgache, ont parcouru les régions de l'île au gré des rites, des traditions, des transhumances, des marchés et des récoltes. Une immersion sur cinq ans pour tenter de capter toute la valeur et la symbolique que représente ce zébu, présent partout dans la société actuelle, dans les rizières comme dans les villes, sur les billets de banque comme dans le nom de l'équipe nationale de football, dans la cuisine malgache, aussi, mais dans les sacrifices, surtout. Le documentaire était diffusé ce mercredi soir en avant-première à l'Institut français de Madagascar, avant une grande tournée des festivals en Europe et les projections dans les salles de cinéma.

« Omby, Madagascar et le zébu », ce n'est pas une enquête, mais un regard porté sur cette omniprésence de l'animal dans les sociétés malgaches. Une sorte d'identité rituelle et spirituelle contrastée par Claude Stadelmann : « Ce contraste, il va de l'animal domestique choyé, de l'animal qu'un petit paysan des Hauts-Plateaux traite presque comme son enfant, à l'animal que l'on sacrifie. On le sacrifie à l'occasion d'événements comme l'inauguration d'une route, un baptême, etc. »

Des témoignages rares

Et Claude Stadelmann de poursuivre : « Il y a une relation évidente entre les lieux, les ethnies et le zébu. Notamment dans le sud de Mada, chez les Antandroy, qui cultivent vraiment la tradition avec le zébu. À l'occasion par exemple du décès d'un Antandroy, pour montrer l'importance qu'on accorde à la personne qui va nous quitter, on sacrifie tout le troupeau, c'est-à-dire qu'on réduit à néant, en un jour carrément, toute la richesse d'une vie d'une famille. »

Avec ses images inédites de rituels, jusqu'ici peu documentés (comme le Sambatra, la circoncision collective qui a lieu tous les sept ans à Mananjary. Ou encore le Feraomby, le sacrifice pour lire l'avenir des deux prochaines années dans les entrailles de zébus à Anororo, qui a lieu tous les deux ans), ses témoignages de Malgaches isolés, ce documentaire devrait faire date dans l'histoire de la culture malagasy tant il dresse un portrait authentique et étoffé des liens profanes et sacrés tissés entre l'homme et la bête. Une bête aujourd'hui menacée.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.