Congo-Kinshasa: Coronavirus - Tout peut arriver aux Congolais !

L'alerte au tout premier cas de coronavirus enregistré à Kinshasa tend à être banalisée non seulement dans la capitale mais aussi dans le reste du pays. La quasi totalité de la population congolaise se montre pratiquement indifférente à l'égard des mesures de prévention qui émanent du gouvernement, à travers le ministère de la Santé Publique. L'animateur principal de ce ministère, Dr Eteni Longindo, est même étiqueté comme un mercenaire en quête d'une loterie en vue de se taper des millions de dollars américains sur le dos d'un faux malade de coronavirus.

Pourtant, tout peut arriver aux Congolais, comme c'est le cas pour les Européens, interdits de voyager vers les Etats-Unis d'Amérique pendant un mois, mais aussi contraints de fermer leurs écoles, universités, églises, salles de cinéma et de théâtre... de faire jouer leurs matches de football, du rugby, de basket-ball, de volley-ball à huis clos, ou d'annuler purement et simplement de grands prix d'automobile, de cyclisme, de moto... des tournois de tennis, de golf, etc. Les compagnies aériennes et les banques sont sur le point de mettre la clef sous le paillasson.

Au plan économique, toutes les bourses se sont effondrées. Le commerce mondial est touché de plein fouet. Les économies fragiles comme celle de la République Démocratique du Congo devraient s'attendre à subir, à plus ou moins brève échéance, le choc de l'effondrement des industries agro-alimentaires, manufacturières, touristiques, hôtelières, aéronautiques, automobiles, pétrolières, etc.

Il faut agir maintenant

Au lieu de donner l'impression de vivre sur une planète hors de portée du coronavirus, les Congolais devraient prendre, à partir du cas détecté à Kinshasa, de la menace que représente cette pandémie, pour tous les secteurs de la vie nationale. Compte tenu de la fragilité du système sanitaire nationale en termes d'infrastructures hospitalières, d'équipements, d'expertise médicale, de moyens financiers à mobiliser en urgence, notre combat national devrait porter, essentiellement, sur la prévention.

A cet effet, un changement radical de mentalités devrait s'opérer, chez chacun et chacune de nos compatriotes, dans les maisons d'habitation, les moyens de transport en commun, les églises, les stades, les marchés publics, les terrasses, les salles de fêtes, les funérariums, les établissements d'enseignement primaire, secondaire et supérieur, les relations humaines (bannissement de poignées de mains, d'embrassades, d'accolades), les restaurants, les lieux de travail, etc.

Une haute surveillance individuelle et collective des cas suspects devrait s'inviter dans les cités urbaines comme les villages. Des « numéros verts » devraient être rapidement mis en service, de manière à permettre des dénonciations des cas suspects mais aussi de signalement volontaire, par les personnes qui s'estiment atteintes, de leur état de santé.

N'attendons pas que d'autres Etats décrètent un embargo sur nos aéroports, nos ports, nos produits alimentaires, nos routes... pour nous réveiller, sur le tard. Rappelons-nous qu'à cause de la maladie à virus à Ebola, qui n'avait pourtant touché que la partie Est du pays, plusieurs équipes nationales et privées de football avaient sollicité l'organisation de nos matches sur des terrains neutres. Qu'on se souvienne que l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi étaient sur le point de fermer leurs frontières avec notre pays. Il a fallu de garanties solides de la cellule de riposte dirigée par le professeur Muyembe et de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) pour obtenir un « moratoire » qui pouvait être suspendu à tout moment. N'attendons pas que nous soient interdits des sorties vers l'extérieur pour prendre conscience de la nécessité de prévenir.

Créer et multiplier des structures de riposte

Ce qui s'est passé en début de semaine à l'Hôpital de l'Amitié sino-congolaise, dans la commune de N'Djili, avec une terrible vague de panique tant du côté des malades que du personnel soignant, devrait interpeller les autorités nationales, dans le sens de la mise en place des structures de riposte en dehors des formations médicales classiques. L'idéal serait que soient aménagés, à Kinshasa d'abord et dans les villes de provinces ensuite, des pavillons spéciaux destinés à accueillir d'éventuels patients atteints du coronavirus. Leur isolement contribuerait non seulement à limiter l'aire de propagation potentielle mais aussi aiderait à favoriser leur prise en charge plus efficace.

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