Maroc: Rachida Rouki - Le Maroc vit une crise de connaissance et de lecture

interview

Invitée du concept Face à la MAP, Mme Rachida Rouki, secrétaire générale du Réseau de la lecture au Maroc, met la lumière sur la réalité de cette activité au Maroc et les moyens mis en œuvre pour surmonter la crise de la lecture.

Quelle est votre évaluation de la réalité de la lecture au Maroc, et quelle est son importance pour ce qui est de l'auto-développement et du développement communautaire?

Le Maroc vit évidemment une crise de connaissance et de lecture, de l'aveu même des responsables, qui reconnaissent l'existence d'une crise dans l'éducation et la lecture, joignant ainsi leur voix à celle de la société civile. Sur le rôle de la lecture au niveau de l'individu et de la société, le Réseau de la lecture au Maroc juge nécessaire de vivre dans une société ouverte à la connaissance et à la créativité, accessibles uniquement à travers la lecture et la capacité de l'auto-formation.

Les curricula, quoique importants, doivent développer chez chaque individu la capacité du savoir et de la recherche. Nous vivons dans un monde en mutation rapide et permanente que les programmes scolaires sont incapables de suivre. Il est donc indispensable pour l'individu d'avoir une capacité d'adaptation au savoir et de l'acquérir de manière autonome, laquelle capacité ne peut être acquise qu'à travers une lecture touche-à-tout et ouverte sur la connaissance.

Quel est le bilan de l'effort du Réseau marocain de la lecture pour surmonter la crise de la lecture?

Le réseau, qui se compose de plusieurs associations et dispose d'annexes dans tout le Maroc, est parvenu à créer une société civile active bénéficiant de nombreux partenariats avec des académies régionales d'éducation et de formation, ainsi qu'avec le ministère de la Culture et d'autres partenaires. Le réseau ne peut, à lui seul, résoudre la crise de la lecture. Les partenaires gouvernementaux doivent y contribuer. Le rôle du réseau, à travers ses associations, est de sensibiliser la société à l'importance de la lecture, faisant d'elle un sujet d'actualité dans les médias, qui doivent contribuer à la résolution de cette crise, accompagnés dans cela par la société civile.

En tant que partie intégrante de la société civile, quelles sont vos suggestions et vos recommandations aux autorités concernées pour encourager les jeunes à la lecture quotidienne comme acte d'épanouissement et d'acquisition des valeurs de citoyenneté?

Il existe plusieurs expériences dans le monde qui confirment que le progrès est possible en présence d'une volonté réelle, par conséquent, les autorités de tutelle devront faire preuve d'une réelle volonté pour le développement et le changement. Le ministère de l'Education nationale, en tant qu'une des autorités concernées par la lutte contre la crise de la lecture, doit œuvrer à la promotion du système éducatif pour que l'école puisse s'acquitter de son rôle principal en matière de développement global. L'école est, en effet, un espace de développement de la patrie.

Lorsqu'il y a de la volonté, plusieurs éléments sont mis à disposition, à leur tête la promotion des bibliothèques. Aussi, les programmes scolaires doivent inciter à la lecture et proposer des textes qui développent le sens esthétique, littéraire et poétique chez les élèves. Le ministère de la Culture, étant également une autorité de tutelle pour le développement de la lecture, a la responsabilité, tout aussi importante, de faire développer la lecture à travers l'animation des bibliothèques publiques et la promotion du livre dans la société.

Ce département doit être présent, en partenariat avec les médias, pour faire la promotion du livre de manière générale, et pour élaborer des programmes importants et diversifiés sur les nouveautés dans les domaines de l'édition, la publication, les livres, les auteurs et les lecteurs, qui sont les meilleurs ambassadeurs de la promotion de la lecture.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Libération

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.