Congo-Kinshasa: Florence Dikondja - « Il est temps que la femme trouve sa véritable place dans notre société »

interview

L'ONG Initiative Femmes Debout (IFD), en partenariat avec « Le Projet ciél » (Projet citoyenneté et élection), a organisé la première édition de la journée de solidarité envers les femmes baptisée « Entr'elles », le samedi 14 mars, à Kingabwa, dans la commune de Limete.

A cette occasion, une conférence-débat a été donnée sur le thème de la femme au service de l'émergence en RDC. Joint au téléphone, Florence Dikondja, présidente de cette organisation, a accepté de répondre à nos questions sur le sens de cet événement qui a drainé beaucoup de monde.

Quel sens donnez-vous à cette journée de solidarité envers les femmes que vous avez organisée samedi dernier ?

Vous n'êtes pas sans savoir que nous sommes dans le mois de la femme, et la date du 8 mars a été décrétée journée internationale des droits des femmes. Pour des raisons de calendrier, nous n'avons pu organiser cet événement à cette date-là. Nous l'avons reporté de quelques jours. Nous avons donc décidé d'arrêter celle du 14 mars. Notre organisation, IFD a exprimé sa solidarité envers les femmes, les « oubliées » de la société du temps moderne. Évidemment, les femmes prises dans la diversité de leur statut (célibataires, mariées, divorcées, veuves, filles-mères... ). C'est le sens de cet événement. Ces femmes ont besoin d'une attention particulière parce qu'elles ont toutes leur place dans la société. La RDC doit compter sur leur apport, car elles sont porteuses de nombreuses bonnes idées qui pourraient être utiles à notre pays. Mais aujourd'hui, trop de divergences subsistent encore dans le monde, en l'occurrence en RDC. Le mois de la femme peut être l'occasion d'organiser de vrais débats sur des thèmes essentiels comme celui que nous avons abordé samedi dernier : la femme au service de l'émergence en RDC.

Pourquoi ce choix ?

La raison est double. La première consiste à libérer la parole des femmes. De tous les droits fondamentaux, la liberté d'expression est la plus importante d'entre elles. Aucun autre droit ne peut même être imaginé sans la liberté d'expression. La seconde vise à inscrire dans toutes nos actions la question de l'égalité femmes-hommes. En RDC, les femmes demeurent les premières victimes du chômage et souffrent trop souvent de conditions de travail dégradées, de harcèlement, de faibles salaires... Et les violences faites aux femmes ne diminuent pas. L'IFD veut mettre les femmes en lumière, mettre leurs combats à jour, les accompagner et contribuer, à l'échelle modeste de notre organisation, à sortir des vœux pieux.

La femme en RDC n'a pas encore trouvé sa place, selon vous ?

Je ne pense pas. C'est la raison pour laquelle nous avons évoqué ce thème qu'on peut articuler de plusieurs manières. Il est temps que la femme trouve sa véritable place dans notre société ; elle doit être à l'avant-garde des combats pour l'égalité professionnelle, contre les violences, contre tous les traitements qui empêchent son épanouissement en la cloitrant chez-elle.

Des inégalités hommes-femmes subsistent partout dans le monde. Que faire pour y remédier ? Est-ce aux gouvernants de légiférer ?

Ce n'est pas aux politiques de régler tous les problèmes. Les gens ont cette manie de se remettre sans cesse à l'exécutif, espérant que tout viendra de là. Je crois davantage aux volontés personnelles. Tout le monde, à son niveau, doit mettre la main à la patte pour lutter contre ces inégalités. C'est ce que nous essayons de faire au sein de notre organisation : mobiliser les femmes pour qu'elles se prennent en charge, car elles ont des capacités pour s'en sortir. Il n'y a aucune force plus puissante qu'une femme déterminée à se lever.

Constatez-vous des différences en matière de droits des femmes entre l'Europe, les USA et l'Afrique, par exemple ?

Même si je n'ai pas une casquette d'experte, j'ai effectivement relevé un certain nombre de différences, notamment à travers les médias. En Europe ou aux USA, beaucoup plus de femmes occupent des postes à responsabilité, tous secteurs confondus. Elles sont même à la tête d'entreprises et siègent aux conseils d'administration. Tandis qu'en Afrique, les femmes sont moins promues. Pourquoi sont-elles discriminées ? Je trouve ça aberrant.

En quoi la femme est-elle un espoir pour la RDC, selon vous ?

La femme est garante de la vie sociétale. En améliorant la qualité de vie de la femme congolaise, on améliore aussi la qualité de vie de sa famille, de sa communauté et voire de tout le pays. En ce sens, elle est un espoir pour la RDC.

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