Congo-Kinshasa: Le PDG forme ses cadres sur la bonne gouvernance comme alternative à la crise actuelle

En matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, la RDC n'est pas un bon élève. Au-delà de quelques effets d'éclats, toutes les statistiques indiquent que le pays de Félix Tshisekedi n'affiche pas une bonne mine et ne donne pas de signaux rassurants d'un aspirant à un pays émergent. C'est tout le sens du combat que mène le Parti des démocrates pour la bonne gouvernance.

Le Parti des démocrates pour la bonne gouvernance (PDG) a organisé, le samedi 14 mars 2020, à Kinshasa/Gombe, en collaboration avec le Forum d'actualités, FAICAM, une conférence-débat autour du thème : « Y a-t-il une alternative au 'néo-colonialisme' du FMI ? »

Pour cette première « fête scientifique », plusieurs personnalités, cadres du parti, chercheurs et intellectuels ont répondu à la double conférence animée par deux éminents professeurs d'université, Noël Tshiani Mwadiamvita et Matthieu Kalele Ka-Bila.

Pour le parti de Modeste Mutinga Mutuishayi, le constat est interpellateur. Car, quand on écoute les Congolais, on entend presque un même questionnement : « il faut que ça bouge ; il faut que ça change ». Pour sortir des sentiers bâtis et ne pas rester un parti des matinées politiques et de danse, le PDG de Modeste Mutinga a opté pour le débat scientifique.

Le premier orateur, le professeur Kalele a axé son exposé sur les conséquences sociales d'un pays comme la RDC de s'endetter perpétuellement auprès des institutions de Breton Wood, spécialement le Fonds monétaire international (FMI). Puisque, dans la coopération avec l'Occident, seuls les intérêts comptent. En bon sociologue, le professeur Kalele est clair et tranchant : « il faut choisir entre l'indépendance et l'esclavage ; entre la liberté et la colonisation ».

Pour lui, « le malheur de ce grand pays, c'est qu'il y a beaucoup d'argent qui circule dans des circuits obscurs ». De ce point de vue, le professeur persiste et signe : la RDC peut bien s'en sortir et se développer sans être en programme avec le FMI et la Banque mondiale. Il a cité en exemple deux présidents africains dont Laurent-Désiré

Dans son exposé, le professeur Noël Tshiani a partagé sa longue expérience (30 ans) passée au FMI, où il a travaillé dans 80 pays à travers le monde. De prime à bord, cet ancien haut fonctionnaire international a précisé que le FMI n'est pas un « néo-colonialiste » ; il traite avec des États selon leurs capacités. Ici, l'orateur a classé deux catégories de pays : ceux qui viennent au FMI avec un programme bien ficelé et savent ce qu'ils attendent, et ceux qui n'ont aucun programme et gobe tout ce que le FMI leur propose. « Malheureusement, la RDC, mon pays, est classé dans la seconde catégorie », a-t-il affirmé. Comment s'en sortir ? Noël Tshiani propose son « Plan Marshal » de 800 milliards des dollars américains, échelonné sur 15 ans.

Vers un observatoire de gouvernance

Dans son discours, le président national du parti, Modeste Mutinga, a annoncé la création d'un observatoire de gouvernance et de l'innovation qui fera régulièrement le monitoring sur la gouvernance. Cette structure travaillera avec des experts qui mèneront des études pour proposer des pistes de solutions qui seront publiées tous les trois mois.

Cet ancien sénateur a exhorté les participants et les membres du PDG à aller répercuter tous les enseignements reçus lors de ces fructueux échanges. « Le peuple a le droit de connaitre où va ses richesses et comment est géré le pays », a-t-il déclaré.

« Notre parti a opéré un choix, c'est celui de mener une lutte acharnée contre les détournements, la corruption, la concussion, le népotisme et toute autre forme d'antivaleur », a martelé Modeste Mutinga. Avant de promettre tout son soutien et celui des cadres du parti à ceux qui vont prendre l'initiative d'organiser un tel forum au niveau de son quartier, sa commune ou son district.

Pour sa part, le secrétaire général du parti, le sénateur Didier Molisho, a invité tous ceux qui partagent la même idéologie avec eux - le socio-libéralisme - de rejoindre le PDG afin de fédérer les efforts pour une « prospérité partagée ».

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