Congo-Kinshasa: Retour forcé des immigrés clandestins burundais dans leur pays

Photo: HCR/Eduardo Soteras Jalil
Un groupe de femmes burundaises attendent que des denrées alimentaires soient distribuées au centre de transit de Kamvivira.

Lundi 16 mars 2020, 48 heures après leur démantèlement, près de 2000 immigrés clandestins burundais ont été rapatriés dans leur pays le Burundi par la province du Sud-Kivu, leur point d'entrée en RDC. L'annonce a été faite par la présidence de la République.

Selon les premières investigations, renseigne-t-elle, il s'agit des adeptes d'un mouvement mystico-religieux dénommé « EZEBI YA » (dissidente de l'Eglise catholique burundaise), interdits d'activités religieuses au Burundi pour organisation des activités subversives contre le pouvoir. Aussi, apprend-on, parmi ces immigrés se trouvaient des personnalités impliquées dans un coup d'Etat manqué au Burundi.

Les investigations ont également montré, toujours selon la présidence de la République, que plusieurs enfants déclarés portés disparus par leurs familles au Burundi étaient dans les rangs de ces pèlerins mystérieux.

Plusieurs internautes présentent ces adeptes de EZEBIYA comme des guerriers ayant semé la terreur dans l'espace frontalier rwando-burundais.

L'opération de leur retour forcé a débuté dans la matinée de ce lundi à leur campement du quartier périphérique Lac Vert notamment, en présence des autorités sécuritaires provinciales.

L'armée nationale de la RDC a réquisitionné plusieurs véhicules pour transporter ces étrangers jusqu'au port de Goma où ils ont été embarqués dans des bateaux pour Bukavu, dans le Sud-Kivu.

Pour le gouverneur de province, Carly Nzanzu qui supervisait cette opération, il ne s'agit nullement d'une démarche de chasse à la sorcière, mais plutôt le respect des normes nationales et internationales en matière d'immigration.

Cependant, aucun incident n'a été déploré au cours de cette opération malgré la résistance de certains leaders de ce groupe.

La population de Goma reste en éveil pour débusquer toute autre personne suspect en situation irrégulière.

Incapables de donner les vraies raisons de leur présence en RDC ainsi que l'itinéraire emprunté, ces expatriés ont bénéficié d'un traitement digne. Ils ont été bien nourris par le gouvernement provincial et rapatriés avec les meilleures embarcations que possède la province.

Le gouvernement provincial du Nord-Kivu ayant fait sa part, les autorités du Sud-Kivu ont assuré le relais pour ramener ces étrangers à la frontière de Kanvinvira aux portes d'Uvira.

Signalons que plusieurs autres burundais éparpillés dans la ville de Goma ont volontairement rejoint le groupe et conduits sous bonne escorte au port de Goma en vue de leur embarcation.

Révélations troubles

Par ailleurs, les services de sécurité ont déniché dans la masse la tête d'affiche dissimulé et protégé par les femmes.

Le nommé NININAHAWOZE ERICK MWERU est un ancien vice-ministre de l'intérieur du Burundi ayant participé à une tentative de renversement du pouvoir légalement établi dans son pays et recherché depuis.

Les services de migration ont découvert et présenté à la presse d'autres responsables de cette bande organisée dont 2 femmes plusieurs fois refoulées du territoire congolais.

Pendant que se déroulait l'identification de ces personnes suspectes, d'autres groupes entassés dans des mini-bus ont été interceptés à Sake (27km de Goma) en provenance de Bukavu.

A la mine pauvre, ces voyageurs avaient sur eux une importante somme d'argent en euro et devise américaine et plusieurs cartes sim dissimulées dans leurs habits.

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