Afrique: Attention, les fake news sur le Covid-19 sont contagieuses

La pandémie a déjà contaminé 200.000 personnes dans le monde. Depuis l'apparition du virus en décembre dernier, des informations circulent sans que leur véracité soit prouvée.

La peau noire pourrait mieux résister face au virus, un bain chaud protégerait contre le Covid-19, même chose pour les climats chauds... Voilà quelques idées reçues et partagées sur les réseaux sociaux en Afrique subsaharienne, sans que cela ne soit scientifiquement prouvé.

Autres fausses informations, ce sont les recettes miracles. Elles vont de l'eau tiède au citron, des boisons locales fabriquées de manière artisanale en Afrique, en passant par la consommation d'ail, d'oignon ou de cannabis.

Attention à "l'infodémie"!

Le professeur Seni Kouanda est directeur de recherche en épidémiologie à l'Institut de recherche en sciences de la santé au Burkina Faso :

"Les remèdes naturels n'ont pas encore fait la preuve de leur efficacité, il n'y a pas eu de tests. A l'étape actuelle, on ne peut pas dire que ces remèdes soient efficaces. Quant à la chloroquine, il y a eu un essai qui montre une efficacité relative mais qui a besoin de passer à une plus large échelle."

Il y a aussi des préceptes religieux contre le virus, a constaté l'enseignant chercheur Alpha Bano Barry de Guinée où une épidémie d'Ebola avait fait des milliers de morts il y a quelques années.

La pandémie n'échappe pas aux fausses informations à tel point que plusieurs grandes plateformes internet ont décidé lundi (17.03) de collaborer ensemble pour combattre les fake news sur le Covid-19.

Début février, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié "d'infodémie" la surabondance de fausses informations liées au virus.

Éviter le "langage savant"

Pour Alpha Bano Barry, la peur créée par la létalité de la pandémie amène les populations à développer un ensemble d'informations non prouvées :

"Le fait de partager et de voir que d'autres personnes vont reprendre ce que vous avez eu à affirmer conduit souvent la personne, ou le groupe de personnes qui a produit la première information, à se convaincre que ce qu'ils avaient dit s'avère être vrai puisque tout le monde y croit, puisque tout le monde le dit."

Les réseaux sociaux relaient ainsi des rumeurs infondées, affirmant que le virus aurait été inventé pour anéantir l'espèce humaine ou encore que le Covid-19 aurait été prédit par certains ouvrages.

Face à toutes ces fausses informations, le professeur Seni Kouanda demande aux spécialistes d'éviter le "langage savant" :

"Quand tu parles de quelque chose, il faut que la population comprenne ce qu'on dit, même celui qui n'est pas allé à l'école, surtout dans ce contexte. Il faut aussi que le message soit relayé dans nos langues locales."

Il y a également des fausses informations qui mettent en doute parfois la réalité même du virus qui a fait des milliers de morts.

Différents gouvernements promettent des sanctions contre ceux qui véhiculent de fausses informations sur le Covid-19.

Plus de: DW

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.