Centrafrique: Démonstration de force de François Bozizé à Bouar

Alors que la présidentielle approche en Centrafrique, François Bozizé montre sa popularité à Bouar, son fief. Il appelle ses partisans à la vigilance.

Quatre mois après son retour d'exil d'Ouganda, l'ancien président centrafricain François Bozizé a été accueilli triomphalement lors de son déplacement à Bouar, dans l'ouest du pays, où il a tenu son premier meeting hors de la capitale.

Un accueil qui risque d'irriter le président Faustin-Archange Touadéra qui souhaite se présenter pour un nouveau mandat à la fin de l'année 2020. Ceci d'autant plus que François Bozize a appelé à la vigilance face aux risques de fraudes lors des scrutins à venir.

A Bouar, la mobilisation est semblable à celle d'une reconquête du pouvoir tant dans cette région que dans les villes où le cortège du leader du Parti travailliste KNK est passé.

François Bozizé, la nostalgie du pouvoir

La foule, sortie en masse, ne cachait pas sa nostalgie du temps où François Bozizé était à la tête de l'Etat.

Le déplacement de Bouar revêtait un double enjeu : redynamiser les organes de base du Parti KNK et lancer la bataille pour la reconquête de la présidence face à un ancien allié actuellement au pouvoir et dont la côte de popularité ne cesse de s'amenuiser.

Une occasion pour François Bozizé d'appeler les électeurs à la vigilance car, selon lui, tout est déjà mis en œuvre pour favoriser le candidat du régime en place.

"Les élections sont proches. Si vous manquez de vigilance, on fera venir des gens de l'étranger pour voter à votre place", a notamment déclaré l'ex-président.

"Les mécanismes de fraudes sont lancés. Voyez comment le démembrement électoral a été concocté par l'ANE. C'est de manière exclusive et partisane. La coalition de l'opposition démocratique l'a déjà dénoncé. Moi, je vous appelle à être vigilants !", a aussi lancé François Bozizé.

L'organe électoral se défend

Selon la coalition de l'opposition démocratique - COD 2020, les représentants des démembrements de l'ANE, l'Autorité nationale des élections en Centrafrique, ne seraient constitués que des membres du parti au pouvoir - le MCU, avec la complicité des préfets, sous-préfets et maires nouvellement nommés.

Selon les leaders de l'opposition, l'ANE et le pouvoir se placent dans une logique d'exclusion des partis politiques de l'opposition. Ceux-ci dénoncent un plan de fraudes massives lors des élections présidentielle et législatives prévues au mois de décembre 2020.

Selon Marie-Madeleine Hoornaert Koe, présidente de l'organe électoral, "l'ANE, qui est un organe technique neutre et indépendant chargé de la préparation et de l'organisation des élections en RCA, n'a pas vocation de truquer des résultats, quel que soit le type de scrutin".

Dans ce contexte, le scrutin présidentiel et les élections législatives qui vont se dérouler à la fin de l'année laissent redouter une nouvelle vague de violence dans ce pays encore marqué par des années de guerre civile.

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