Cameroun: « La jeunesse demeure une préoccupation de la Francophonie »

Lejeune Mbella Mbella, ministre des Relations extérieures.

Monsieur le ministre, la communauté francophone célèbre ce jour, le cinquantenaire de la Francophonie, sous le thème« la Francophonie de l'avenir », pouvez-vous parcourir avec nous ce demi siècle d'existence? Comme vous venez de le souligner, nous commémorons cette année le cinquantenaire de l'Organisation Internationale de la Francophonie, sous le thème « une Francophonie d'avenir ».

Pour l'histoire, en 1970, quatre hommes d'Etat, Léopold Sedar Senghor du Sénégal, Habib Bourguiba de Tunisie, Hamani Diori du Niger et le Prince Norodom Sihanouk du Cambodge, ont eu la brillante idée de créer l'Agence de coopération culturelle et technique(ACCT), aujourd'hui Organisation internationale de la Francophonie(OIF). L'ambition était de promouvoir la langue française et la coopération culturelle entre les peuples francophones. Le mouvement regroupait alors quelques Etats du Nord et une grande partie des pays de l'Afrique francophone.

Un demi siècle plus tard, la Francophonie s'est diversifiée dans ses missions, mais également au niveau de ses acteurs. Au-delà du rayonnement de la langue française, l'OIF s'est ouverte à d'autres civilisations avec l'adhésion des pays n'ayant pas comme langue officielle le français. C'est le cas de l'Egypte qui est arabophone et bien d'autres pays membres. Vous convenez avez moi que, la Francophonie a transcendé les barrières culturelles et linguistiques, elle touche désormais cinq continents, 88 Etats membres et gouvernements, 220 millions de francophones. Le mouvement francophone a également élargi son rayon d'action, en traitant des questions de l'humanité.

Aussi, les problématiques politiques, sécuritaires, des droits de l'Homme, économiques, migratoires, environnementales, font désormais partie du périmètre d'action de cette Institution. Quelle lecture pouvez-vous faire des rapports entre le Cameroun et l'Organisation internationale de la Francophonie? Le Cameroun a été membre associé de l'Agence de coopération culturelle et technique(ACCT) dès 1975. Il est devenu membre à part entière le 19 novembre 1991, grâce à la volonté du chef de l'Etat, S.E. Paul Biya. Dès cet instant, nous entretenons des relations denses et riches dans les domaines politique, économique, social, culturel, technique et sportif.

Sur le plan politique, il convient de noter que le Cameroun participe régulièrement à toutes les rencontres de haut niveau, notamment la Conférence Ministérielle, le Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, rencontres au cours desquelles la Francophonie examine les grandes préoccupations internationales. Mme Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie a depuis le 1er janvier 2019, effectué deux visites au Cameroun en mai et novembre 2019, avec un entretien au Sommet. Au cours de ces visites, elle a réitéré la volonté de la famille francophone d'accompagner notre pays, dans la recherche des solutions à la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Une mission d'observateurs de la Francophonie a ainsi pris part au double scrutin municipal et législatif du 9 février 2020. S'agissant de l'économie, le Cameroun bénéficie d'un accompagnement de l'OIF dans le cadre du Programme de l'emploi par l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Ce programme vise à définir les mesures concrètes à mettre en œuvre pour promouvoir l'entrepreneuriat, l'innovation et la création d'emplois chez les femmes et les jeunes de l'espace francophone. En ce qui concerne le développement social et la solidarité, plusieurs jeunes camerounais participent chaque année au Programme de volontariat international Francophone. Le Cameroun a pris part à la conférence internationale, sur l'éducation des filles et la formation des femmes, organisée par la Francophonie les 18 et 19 juin 2019 à N'Djamena. Il a été question de sensibiliser sur l'importance de l'éducation de la jeune fille et de la formation des femmes.

Quelles sont les opportunités offertes par la Francophonie à la jeunesse camerounaise? La question de la jeunesse demeure une préoccupation centrale de la Francophonie. C'est pour y répondre qu'elle met en ouvre un certain nombre d'initiatives comme le Programme FPT« insertion et formation professionnelle des jeunes» au Cameroun. Il est logé au ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) et vise à faciliter l'insertion professionnelle des jeunes. Les bourses d'étude dans le cadre des formations ouvertes et à distance (FOAD). Ces bourses sont offertes par le bureau Afrique Centrale et des Grands Lacs (BACGL) de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Elles permettent aux étudiants de suivre une partie de leur cursus dans une institution membre de l'AUF et située en dehors de leurs pays d'origine et dans les champs disciplinaires en relation avec leur pays en terme de développement.

Quelles sont les grandes articulations de la célébration du cinquantenaire? Je l'ai dit dans mon propos introductif, la commémoration de cette année est particulière, il s'agit du cinquantenaire de la Francophonie. Pour ce faire, les célébrations vont courir du 20 mars au 31 décembre 2020. A cet effet, nous avons voulu apporter des innovations à l'occasion de cet évènement singulier, le but étant de rendre la Francophonie visible. Après le lancement de la Semaine nationale de la Francophonie (SNF) au ministère des Relations extérieures, le 16 mars 2020, plusieurs manifestations étaient prévues. Cependant, la mise en application des directives du Premier ministre, chef du gouvernement, dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, a conduit à l'annulation d'une grande partie des activités. Toutefois, dans l'année, nous avons également prévu une caravane francophone, qui sera chargée de porter l'esprit du cinquantenaire de la Francophonie dans les dix régions de notre pays.

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