Tunisie: DNA - Aux antipodes du professionnalisme - L'arbitre est hors-jeu

21 Mars 2020
opinion

Ce n'est pas un élément exogène au sport-roi, mais un maillon central, un facteur essentiel. L'homme en noir doit assurer, assumer et rassurer !

La prestation de l'arbitre Mehrez Melki, triste héros du dernier USM-CA, n'a pas fini d'alimenter et de faire jaser dans les chaumières clubistes. Question en ce sens : l'arbitrage doit-il être infaillible pour échapper à toute critique ? Si la faute est de type involontaire, non préméditée et surtout avouée et assumée, elle est, du moins, à demi-pardonnée.

Sauf que là, ce n'est pas le cas. Au final, l'homme en noir a tout simplement faussé le résultat du match. Cet arbitre-là aura marqué ce tour de Dame Coupe par son manque de discernement et même de pédagogie sur le terrain. En Tunisie, depuis des années déjà, le fossé ne cesse de se creuser entre la DNA et les divers acteurs du jeu. Pourquoi ?

Parce que la scène est récurrente chaque week-end. L'incompréhension est telle que les arbitres sont rarement dédouanés de leurs erreurs. Et au final, les joueurs ne sont plus responsables de rien ! Notre football est bel et bien en danger. Il doit faire face à un phénomène, celui de la responsabilisation, de l'imputabilité du résultat à un élément extérieur et imprévisible, l'arbitrage !

Parfaitement! L'arbitrage tunisien est perfide et irresponsable ! Ce n'est pas un élément exogène au sport-roi, mais un maillon central, un facteur essentiel. Il doit assurer, assumer et rassurer! Aujourd'hui, c'est bien plus que le traitement réservé à l'arbitre, bien plus que la triste, mais implacable généralisation des comportements éhontés, c'est avant tout le sentiment d'incompréhension et plus encore l'éloignement progressif entre les clubs et l'arbitre qui frappe.

Et dès lors qu'il est légitime de se poser la question : pourquoi l'incompréhension s'accentue entre le corps arbitral et les joueurs ? La réponse sonne comme un désaveu pour la DNA : la relation se résume à la défiance via ce climat toxique et délétère au sens large. En football, volet arbitrage, si l'erreur est humaine, l'on note cependant au cours de la dernière décennie une recrudescence du comportement hautain, arrogant et même condescendant de l'arbitre. En clair, si les joueurs doivent se conformer aux décisions, l'arbitre gagnerait quant à lui à justifier l'application d'une règle.

Bref, c'est à la nécessité de pédagogie de devenir la règle dans ce cas-là. Tout deviendra alors presque légitime. En football, ne pas comprendre, c'est se faire voler ! Ne pas comprendre c'est être floué ! Ne pas comprendre c'est la porte ouverte à la manipulation, l'indécence et la fourberie! Pire : quand l'arbitre refuse d'expliquer, notamment en cas de multiplication des contestations dissimulées à travers les questions d'un capitaine, c'est qu'il abuse de ses prérogatives tout simplement !

Qui sème le vent récolte la tempête

En football, qui dit joueur professionnel dit arbitre professionnel! Or, notre corps arbitral est aux antipodes du professionnalisme, vu la quantité de polémiques qu'il déclenche régulièrement. Chez nous, c'est le règne de l'arbitre froussard qui ne se mouille jamais ! Dès lors, c'est donc bien plus que la qualité de l'arbitrage, bien plus que sa cohérence relative et bien plus qu'une série de «clean-shit » qui seront jugés.

Non, la vérité est souvent ailleurs. Il s'agit plus souvent d'une question de réputation et d'antécédents! A cet effet, pour revenir à notre ami Mehrez Melki, l'on n'oubliera pas de sitôt sa fameuse prestation lors du match CSC-USBG. Courageux l'arbitre ! Mais pour autant, est-ce une raison pour le vouer aux gémonies, le jeter dans l'œil du cyclone ou encore le balancer dans la fosse aux lions ! L'arbitre doit-il constamment répondre de ses choix devant les fans, les entraîneurs, les joueurs et surtout les médias? Nous adhérons à cette thèse, sachant qu'un bon arbitre est tout d'abord un homme cohérent avec lui-même.

C'est la meilleure signature d'honnêteté quand on y ajoute une enveloppe de pédagogie. La DNA, d'un côté, et la FTF, de l'autre, doivent le comprendre une bonne fois pour toute (et l'inscrire dans le cursus de formation volet direction nationale de l'arbitrage) : le lien, la relation arbitre-joueur doit être l'objet de tous les soins et de toutes les attentions.

C'est à ce prix que le « dénigrement » des arbitres cessera d'être un fonds de commerce. En général, les polémiques sur l'arbitrage feront toujours partie intégrante des expressions « passionnelles» sur le sport-roi. Il serait vain d'en imaginer la disparition, un rêve candide, à la limite naïf que caressent beaucoup de partisans de l'arbitrage vidéo !

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