Guinée: "Le FNDC a le droit de boycotter, mais n'a pas le droit d'atteinte à l'intégrité physique des personnes voulant manifester des avis contraires" dixit Barry Ibrahima Télico

interview

Le Président du Forum National des Jeunes des Partis Politiques de Guinée (FONAJEP), a accordé ce jeudi 19 mars 2020 une interview à notre rédaction. A l'occasion de cet entretien, Barry Ibrahima Télico a passé en revue la situation socio politique que traverse le pays, le cas de la pandémie coronavirus. Mais aussi le scrutin prévu le dimanche 22 mars prochain. Il a également rappelé le travail de terrain que mène son organisation dans le cadre de la paix et la cohésion sociale, gage de développement. Lisez !!!

Bonsoir présentez vous à nos aimables lectrices et lecteurs

Je m'appelle Barry Ibrahima Télico, Ancien Président du Forum National des Jeunes des Partis Politiques de Guinée (FONAJEP), Président et Promoteur de plusieurs structures éducative, culturelle, sportive, environnementale, sociopolitique...

Présentez nous brièvement le Collectif Agissons Autrement de Guinée (CAAG) ?

Le Collectif Agissons Autrement de Guinée, est une organisation qui est composée de leaders d'opinion et de citoyens qui ont manifesté la ferme volonté à s'investir dans l'instauration d'un nouvel ordre politique à travers un dialogue fraternel, inclusif et participatif entre tous les citoyens du pays. Aussi, promouvoir les vertus de la paix, de la démocratie, de la justice, la concorde et l'unité nationale à travers une plus grande synergie des efforts et d'actions sociopolitiques dans l'intérêt supérieur de la Guinée.

Il a pour but de faire agir autrement à travers la formation, l'information, la sensibilisation et le dialogue, l'ensemble des citoyens et des acteurs sociopolitiques afin d'aboutir à l'instauration d'une nouvelle forme de politique fondée sur des idées, des programmes, en vue d'un débat responsable. Ce collectif compte participer de manière effective et active dans le respect de nos diversités, à porter ensemble notre Guinée de paix et de solidarité vers la Prospérité.

Quel est votre constat sur la situation sociopolitique actuelle de notre pays ?

La situation socio politique actuelle de notre pays est l'aboutissement des errances, des défaillances et des manigances politiques depuis l'an 2007. La démocratie puise l'essentiel de ses vertus dans nos textes de lois. Si à longueur de journée, nous outrepassons nos droits, nous esquivons nos devoirs et nous transgressons nos lois et au finish nous appelons à la manifestation ou à la contre manifestation quand cela nous arrange. Tout cela au nom de quoi? Il y a belle lurette, nous avons rangé nos textes de lois dans nos mâles pour faire recours aux accords et aux dialogues. Lorsque cela tourne mal, nous plongeons dans le communautarisme, le régionalisme... Nous assistons à une insuffisance de dialogue objectif et un manque de confiance entre les différents acteurs socio politiques entraînant des zones de tensions récurrentes et parfois à caractère ethnique. En dépit de la situation politique du pays, il serait plus que nécessaire de penser l'éducation et à la formation des enfants de notre pays. Surtout lorsqu'on entend dans les rues de Conakry, ces enfants reprendre des refrains << Que Dieu tue les Enseignants, Amina! Que Dieu tue les Directeurs d'écoles, Amina! Que Dieu détruise toutes les écoles, Amina!... >>

La date du 22 mars prochain reste maintenue pour la tenue des élections législatives et le referendum. Quelle est votre réaction ?

Je n'ai aucun commentaire à faire face à un décret car c'est un acte exécutoire dont la portée peut être générale ou individuelle qui relève des pouvoirs du Président de la République. Pour ces élections du 22 mars 2020, on aurait évité des menaces de part et d'autre au profit d'une solution soutenue et objective dans l'intérêt supérieur de la Nation. Le lendemain des élections nous tirerons les leçons.

Des cas positifs du coronavirus ont été enregistrés en guinée au moment où les guinéens doivent se rendre aux urnes, qu'est ce que vous avez à dire ?

Je prie le bon Dieu de nous faire grâce de sa clémence afin de nous protéger et de veiller sur nous, prompte rétablissement à toutes les personnes malades à travers le monde et surtout une pensée particulière à ma petite famille. La CENI doit déployer tout le dispositif sanitaire.

Finalement les autorités ont interdit tous les vols commerciaux en provenance des pays fortement touchés par cette pandémie. Votre réaction ?

Je salue cette mesure de riposte face à la propagation du coronavirus. Lorsque l'organisation mondiale de la santé (OMS) nous dit de nous attendre au pire, il faut prendre des mesures adéquates. Nous avons déjà connu l'épidémie d'Ebola et là on parle de pandémie.

Le front national pour la défense de la constitution entend boycotter les élections du 22 mars, est ce normal ?

Le vote est un devoir citoyen, lorsqu'on se sent lésé dans un scrutin on peut manifester son désaccord, le front national pour la défense de la constitution (FNDC) est ainsi dans son droit de boycott. Mais perd ce droit lorsqu'il porte atteinte à l'intégrité physique des personnes voulant manifester des avis contraires. L'engrenage de violences et de répression n'est point à l'avantage d'un État qui se construit ou d'un Peuple qui se fortifie. Entre la raison et la passion, soyons rationnels.

Quelles sont les actions qu'envisage votre organisation à la veille des élections ?

Les belles œuvres se construisent dans le silence et je suis apôtre de cette philosophie. Nous n'allons point vous exposez nos stratégies d'actions car nous avons en face des gens qui en ont fait de la crise un business. Il y à de cela belle lurette que nous menons des actions d'apaisement sur le terrain. Et depuis, un certain temps nous constatons une diminution de la violence, c'est le cas notamment des dernières manifestations. Je profite d'ailleurs de l'occasion pour remercier, féliciter et encourager tous les membres du Collectif qui ne ménagent aucun effort pour que la paix soit une réalité et qu'aucun jeune de l'axe ne tombe. Soyez en sûre, nous continuerons nos actions sur le terrain.

Votre mot de la fin

J'interpelle les coordinations régionales en tant qu'autorités morales, d'user toute leur influence pour un apaisement. Quant aux forces de l'ordre à faire preuve de professionnalisme dans la gestion du scrutin et l'ensemble des Guinéens à un esprit citoyen et républicain.

Je vous remercie

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