Burkina Faso: Yahaya Zoungrana, député

interview

« J'ai 100% de chances d'être choisi candidat du CDP à la présidentielle de 2020 »

Les observateurs ne l'ont pas vu venir mais voilà, il vient de se positionner comme candidat à la candidature du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à la présidentielle 2020. Nous parlons du député Yahaya Zoungrana. Cet homme, militant membre « du commando de l'ombre » au temps fort du CDP, fait partie de ceux qui se sont battus pour ramener l'ex-parti au pouvoir à la lumière et ce, après l'insurrection. Aujourd'hui, il rêve de faire partie des candidats qui vont concourir le 22 novembre 2020 pour le poste de président du Faso. Mais avant, il devrait batailler dur pour passer l'épreuve des primaires au sein du CDP. Quelles sont ses chances ? Lisez l'homme et vous aurez la réponse.

 Vous êtes candidat à la candidature pour la présidentielle au sein de votre parti, le CDP. Quelles sont vos motivations ?

Avant toute chose, permettez-moi d'avoir une pensée pour nos populations en ces moments très difficiles pour notre pays secoué par les attaques meurtrières du terrorisme auxquelles viennent s'ajouter les assauts mortels du coronavirus. J'invite les populations à la prudence et à l'observance des règles d'hygiène indiquées par les autorités sanitaires. Pour répondre à votre première question, oui, j'ai décidé d'être candidat à la candidature du CDP pour la présidentielle de 2020. Plusieurs raisons militent pour cette décision. Premièrement, le processus interne du parti pour le choix du candidat, est ouvert à tout militant du CDP. Ensuite, depuis les événements d'octobre 2014, l'ensemble des militants, sympathisants et électeurs du parti, attendent les élections de 2020 pour exprimer leur fidélité au parti et à son président fondateur, le président Blaise Compaoré. Enfin, je suis candidat pour donner l'opportunité aux membres du Collège électoral de choisir un candidat à même de rassembler le parti, à même de mettre en ordre de bataille le parti pour une victoire forte au soir du 22 novembre 2020.

« Je vais à cette élection avec mes atouts qui, je pense, seront reconnus par les membres du Collège électoral »

Quelles sont vos chances d'être retenu comme le candidat du CDP ?

Si vous examinez les conditions de la directive pour être candidat, vous comprendrez que déposer un dossier de candidature n'est pas une ballade de santé. Notre parti revient de très loin depuis 2014. J'ai participé, en tant que coordonnateur de régions (Centre-Ouest & Centre-Sud), au travail de redressement du parti dans le cadre de la commission ad hoc en 2017. Cela m'a permis de constater l'enracinement du CDP dans les villes et campagnes du pays. Ensuite, depuis que je suis député CDP, je pense que je contribue à la visibilité du parti sur l'échiquier politique national à travers le travail parlementaire à l'Assemblée nationale. À l'intérieur du parti, mon combat pour le respect des textes, est connu des militants. Cela a contribué, je le pense, à la vitalité du jeu démocratique interne.

Je vais à cette élection avec mes atouts qui, je pense, seront reconnus par les membres du Collège électoral.

J'ai 100% de chances d'être choisi candidat du CDP à la présidentielle de 2020.

Qu'est-ce qui fait la différence entre votre candidature et celles de Eddie Komboïgo et de Mahamadi Kouanda ?

La différence entre moi et les autres ne peut être donnée par moi-même. C'est à ceux qui nous observent de faire la différence. Je suis très engagé en politique, mais j'arrive à garder de bonnes relations avec tous mes protagonistes, quel que soit le sujet qui nous divise car, avant tout, nous sommes des humains et à ce titre, je garde à l'esprit que tout change, sauf le changement.

On a l'impression que les différents protagonistes de la crise au sein du parti, présentent chacun un candidat. N'est-ce pas un signe que les choses pourront dégénérer davantage ?

Au CDP, le débat des idées y est des fois intense. Vous l'avez constaté, ces dernières années. A tous ceux qui craignaient un éclatement du parti, j'ai souvent répondu que le CDP n'est plus au pouvoir mais il n'est pas orphelin. Tous les courants à l'intérieur du parti reconnaissent le président Blaise Compaoré comme le fondateur du parti. Il ne s'impose jamais, mais son avis nous rassemble toujours. L'objectif de ce processus de désignation du candidat, est de choisir le meilleur d'entre nous pour que le parti gagne en 2020. Pour gagner, il faut que le candidat du CDP rassemble le CDP à 100%. Mais objectivement, cela ne sera pas suffisant. Il faut en plus qu'il rassemble au-delà du CDP pour avoir une masse critique d'électeurs pour remporter. Je pense humblement que je remplis les conditions pour cela. J'invite les membres du Collège électoral à tenir compte de l'attente de l'immense majorité des femmes, hommes et jeunes du CDP et faire le choix qui redynamisera l'ensemble de ces militants pour la reconquête du pouvoir dès 2020. Le CDP, parti de gouvernement, reste le parti qui peut apporter une alternative crédible à la gouvernance actuelle. Les populations le savent et espèrent que le CDP leur présentera un candidat à la hauteur des enjeux actuels du pays, qui sont immenses et pressants.

Que pensez-vous des conditions dans lesquelles se déroule le processus de désignation du candidat du CDP à la présidentielle ?

Si vous parlez des conditions internes au parti, en tant que candidat, je trouve que le fait qu'un des candidats soit en même temps le président du parti, biaise le jeu. En tant que membre du Bureau exécutif national, j'étais présent à l'adoption de la directive pour la désignation du candidat. Elle a été adoptée en l'état, sans amendement. Donc, elle s'impose. Pour plus de transparence et d'égalité des candidats, je pense que le président du parti aurait dû démissionner de son poste. Cela l'aurait grandi.

Quel message avez-vous à lancer aux militants de votre parti, qui attendent avec impatience de connaître le nom de leur candidat à la présidentielle ?

Aux militants du CDP de toutes les contrées du Burkina, j'exprime toute ma reconnaissance pour l'estime et l'accueil qu'ils ont réservés à ma candidature. Certains se sont déplacés sur plus de 100 km pour assister au dépôt de mon dossier. Je leur en suis reconnaissant et leur donne rendez-vous après l'élection du candidat. Tout ce que Dieu fait est parfait ; j'en suis convaincu. Restons engagés pour la victoire de notre parti, en reconnaissance au Fondateur, le président Blaise Compaoré et pour redresser le pays afin de le remettre sur la voie de l'émergence. Je vous remercie !

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