Guinée: Violences liées aux referendum constitutionnel au pays - L'opposition annonce "au moins 10 morts"

Marche du FNDC : risque d'accrochage entre manifestants forces de l'ordre

"Au moins dix personnes" ont été tuées hier, dimanche 22 mars, à Conakry au cours de violences le jour d'un référendum et de législatives boycottés par l'opposition, a affirmé dans un communiqué le collectif de l'opposition et de la société civile guinéennes opposé à un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

Les manifestants anti-Condé ont "bravé les balles des forces de l'ordre qui ont arrêté massivement, tiré aveuglément, molesté cruellement, tuant au moins 10 personnes et blessant par balle plusieurs dizaines" de personnes, a indiqué le FNDC, le collectif réunissant les partis de l'opposition et des organisations de la société civile.

Les autorités n'étaient pas joignables pour commenter ce bilan qui n'a pu être confirmé de source indépendante.Le FNDC "appelle à intensifier les manifestations demain lundi 23 mars (aujourd'hui, Ndlr) et mardi 24 mars 2020 avec pour objectif ultime le départ du dictateur Alpha Condé".

Au moins 32 manifestants avaient jusqu'à dimanche après-midi été tués depuis le début à la mi-octobre de la vague de protestation contre un troisième mandat éventuel du président Alpha Condé, qui a également coûté la vie à un gendarme, selon un décompte de l'AFP. M. Condé, 82 ans, a été élu en 2010 et réélu en 2015.

Le ministère de la sécurité et de la protection civile parle de quatre morts

Alors que l'opposition annonce «au moins 10 morts», lors du double scrutin législatif et référendaire qui s'est déroulé hier, dimanche 22 mars, en Guinée, le ministère de la sécurité et de la protection, parle de quatre morts dont deux par accident et par arrêt cardiaque.

«De source sécuritaire et hospitalière, ces différentes violences et les affrontements entre militants ont malheureusement causé la mort de 2 personnes à Conakry», informe un communiqué parvenu à la Rédaction de Sud Quotidien.L'édit du département de la sécurité et de la protection précise aussi que «l'assassin de l'une des victimes a été interpellé. De même que deux autres décès par accident et par arrêt cardiaque ont été signalés à Conakry».

Il a aussi noté que «neuf (09) agents de l'USSEL dont sept (07) policiers ont été grièvement blessés et admis à l'hôpital militaire du Camp Samory et dans une clinique à N'Zérékoré».Le Ministère de la Sécurité a tenu à souligner que de manière générale «le vote s'est déroulé dans des conditions apaisées sur l'ensemble du territoire national».Même s'il a été constaté que «certains activistes ont tenté de semer la terreur dans quelques quartiers de Conakry et quelques villes de l'intérieur du pays».

Ainsi, lit-on dans l'édit, «dès la nuit du 21 au 22 mars, deux individus ont tenté de faire exploser un véhicule dans une station d'essence à Dixinn à l'aide d'un dispositif de mise à feu lié à des grenades. Grâce à l'intervention de la population, l'un des auteurs a pu être interpellé. Alertés, les services de déminage de l'armée ont réussi à déplacer le véhicule et déclencher l'explosion en assurant un périmètre de sécurité».

Dans la journée du 21 mars, «des tirs à l'arme de chasse avaient également été enregistrés à Tougué et leurs auteurs interpellés, alors qu'à Porédaka, des délégués électoraux ont été pris en otage et n'ont pas encore été retrouvés».Des actes inciviques et de violences qui, selon le ministère, ont causé «la destruction du matériel électoral par endroit, l'attaque d'habitations et d'édifices publics, l'entrave au bon déroulement des opérations de vote, des cas de blessés et des exactions diverses».

A Conakry, ces faits étaient concentrés dans les quartiers Wanindara, Koloma, Bantounka dans la commune de Ratoma, Dabompa-plateau dans la commune de Matoto et Hafia 1 dans la commune de Dixinn.A l'intérieur du pays, sur les 33 préfectures seules Dalaba, Pita, Télimélé, Koubia, Mali, Tougué et Gaoual ont connu des troubles à l'ordre publics et des entraves à la liberté de vote.

Dans les préfectures de N'Zérékoré et Yomou des individus mal intentionnés ont tenté en vain d'empêcher le vote.Plusieurs individus ont été interpellés pour des faits de troubles à l'ordre public, détention et utilisation d'armes à feu, destruction de biens privés et publics, incendie, coups et blessures volontaires et rébellion.

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.