Congo-Kinshasa: Une seconde adresse du chef de l'État à la nation attendue ce mardi

Félix Tshisekedi va annoncer d'autres mesures, ce mardi 24 mars, pour corser la lutte contre le Covid-19 qui se trouve être une crise sanitaire mondiale. Les mesures partielles prises la semaine dernière ayant montré leurs limites, il est du devoir du chef de l'État d'assurer la protection et la survie de la population, même avec des décisions impopulaires, drastiques et attentatoires aux libertés constitutionnelles.

État d'urgence, confinement strict ou isolement de la ville de Kinshasa ? Le peuple attend.

L'heure est grave ! Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé, hier lundi à la Cité de l'Union africaine, une réunion inter institutionnelle, qui a réuni autour de lui, les bureaux de deux Chambres du Parlement -Assemblée nationale et Sénat- et le gouvernement, représenté par le Premier ministre.

Le bureau de l'Assemblée nationale était conduit par son président, Mme Jeanine Mabunda, celui du Sénat par Alexis Thambwe Mwamba, son président et le gouvernement par le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilukamba, renseigne l'ACP.

Même si rien n'a filtré, à l'issue de la réunion, la présidente de l'Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, s'est limitée à affirmer qu'ils ne pouvaient pas devancer le chef de l'État qui va annoncer, ce mardi 24 mars, d'autres mesures en rapport avec la riposte contre cette pandémie du Coronavirus, qui se trouve être une crise sanitaire mondiale.

État d'urgence, confinement strict ou isolement de Kinshasa

En moins d'une semaine, le président de la République s'adresse deux fois à la Nation ! Le caractère urgent de cette double adresse montre à suffisance que l'heure est grave. L'épidémie du Coronavirus, prenant des proportions inquiétantes, le président de la République veut parer au plus pressé pour ne pas désagréablement se laisser surprendre.

Le mercredi 18 mars, Félix Tshisekedi avait pris une série de mesures, dont le respect des règles d'hygiène, afin d'éradiquer la pandémie dont le nombre de cas ne fait que galoper. Dans la foulée, le chef de l'État a décidé la fermeture des écoles, universités et instituts supérieurs ; la fermeture des lieux de culte, de la pratique des sports, des bars, terrasses et boites de nuit ainsi que d'autres mesures limitant le nombre de personnes à 20 pour un rassemblement public.

Mais il ressort que toutes ces mesures paraissent inefficaces et loin d'arrêter la propagation de la pandémie à travers la capitale congolaise. Aujourd'hui encore, le peuple attend, avec impatience et anxiété, l'adresse du chef de l'État. Face à la menace réelle que présente le Covid-19 en RDC, précisément à Kinshasa, va-t-il corser les mesures déjà annoncées ? Rien n'est moins sûr.

Toujours est-il que la population kinoise, déjà plongée dans une psychose indescriptible, attend le second message du chef de l'État avec la peur au ventre. Déjà, le confinement partiel décrété il y a près d'une semaine n'augure pas de lendemain rassurant, tant il est vrai que les Kinois vivent au jour le jour, au « taux du jour » comme dirait le Kinois.

Quel message de plus pourra donner le président de la République ? D'aucuns estiment qu'il devient impérieux de décréter un « état d'urgence » et/ou, au besoin, un « confinement strict » des populations.

Cependant, pour plusieurs analystes, au lieu de déclarer l'état d'urgence sur toute l'étendue du territoire national, il serait, dans un premier temps, mesuré de le faire pour la seule ville de Kinshasa, où il y a déjà un nombre élevé d'infectés et des cas de morts. Kinshasa pourrait donc être mis en isolement, en coupant le lien avec les autres villes de l'intérieur du pays.

Depuis le 10 mars, convient-il de le rappeler, la ville de Kinshasa a enregistré 36 cas et compte déjà deux décès. S'il faut ajouter à ce chiffre les deux échantillons venus de Lubumbashi pour examen à l'INRB, il y a lieu de craindre le pire et de se dire qu'il y a péril en la demeure.

C'est ici que le message du chef de l'État est très attendu. Puisqu'il s'avère qu'en pareille circonstance, il n'y a que lui, le Premier citoyen, qui peut apaiser les esprits. Comme qui dirait, les Congolais se dressent comme un seul homme : « Parle, chef, ton peuple écoute ! ».

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