Congo-Kinshasa: Covid-19 - Félix Tshisekedi décrète l'état d'urgence

La police nationale congolaise et l'armée seront mises à contribution pour faire respecter les mesures édictées.

Au cours de son message à la nation du mardi 24 mars, le président de la République démocratique du Congo a décrété l'état d'urgence dans le cadre des mesures complémentaires devant permettre de freiner la propagation rapide de la pandémie de coronavirus. Il a promis de mettre à contribution la police nationale congolaise et l'armée pour faire respecter toutes les mesures édictées au sommet de l'Etat. « Devant la gravité et le caractère dangereux que comporte cette situation, je décrète l'état d'urgence, en tenant compte de la situation sécuritaire qui prévaut en ce moment dans notre pays... », a-t-il déclaré.

Face à la situation qui prévaut en RDC, Félix Tshisekedi n'a pas exclu le recours au traitement à base de la chloroquine. Faisant suite à un récent communiqué de l'usine pharmaceutique Phamakina située dans l'est de la RDC relatif à la possibilité de produire des comprimés et des injectables de l'hydroxy chloroquine, il a invité la Task force et la commission de pilotage de réfléchir sur la question, sans délai, afin de juger de l'opportunité d'une telle démarche.

Autres mesures

Dans le même ordre d'idées, le président de la République a instruit le gouvernement d'étudier le souhait des opérateurs économiques et autres partenaires désireux d'inonder le marché de Kinshasa de vivres de première nécessité et de produits pharmaceutiques jusqu'en mai prochain, et d'y réserver une suite favorable avec diligence. Il a aussi lancé un appel à la solidarité nationale de tous les opérateurs économiques ainsi que d'autres pays et organismes qui conduira à la mise en place d'un Fonds national de solidarité contre le coronavirus (Fnscc).

Dans son adresse à la nation, Félix-Antoine Tshisekedi a notamment décidé d'interdire tous les voyages de Kinshasa vers les provinces et des provinces vers la capitale afin de permettre le confinement de la ville de Kinshasa, foyer de la pandémie. Ce qui implique l'interdiction de tous les vols des passagers, de tous les mouvements migratoires par bus, camions et autres véhicules ainsi que de tous les transports fluviaux des passagers.

Service minimum

Le président Félix-Antoine Tshisekedi a également instruit la mise en place d'un service minimum au sein du gouvernement et des institutions pour pallier le confinement, à leurs domiciles des autres agents de l'Etat. Même si en réalité, plusieurs institutions du pays avaient anticipé l'instruction du chef de l'Etat en instaurant un système de rotation ou d'un service minimum proprement dit.

Le président de la République a invité le gouverneur de la ville de Kinshasa à placer plusieurs points de lavage des mains avec désinfectants ou savon, surtout dans des agglomérations à grandes affluences « où le manque d'eau et d'électricité est quasi permanent ». « Ici, j'instruis le gouvernement de trouver les moyens de ravitailler ces quartiers pour assurer l'hygiène. En même temps, il faudra multiplier les points de lavage des mains à l'aéroport international de N'djili et appuyer les équipes de la RVA (Régie des voies aériennes) et de la DGM (Direction générale des migrations) pour que nul n'échappe au contrôle d'hygiène », a-t-il déclaré.

Première adresse

Lors de son adresse à la nation le 18 mars, le chef de l'Etat congolais a annoncé les nouvelles dispositions auxquelles le pays est soumis afin de faire face au coronavirus. Ces mesures concernent notamment l'interdiction des rassemblements de plus de vingt personnes sur les lieux publics en dehors du domicile familial et la fermeture des écoles, universités, instituts supérieurs officiels et privés sur l'ensemble du territoire national pendant une durée de quatre semaines à dater du jeudi 19 mars.

Aussi les activités sportives dans les stades et autres lieux de regroupement, l'ouverture des discothèques, bars, cafés, terrasses, restaurants et églises sont également interdites jusqu'à nouvel ordre. Ces premières instructions interdisent également l'organisation des deuils dans les salles et dans les domiciles. Les dépouilles mortelles doivent dorénavant être conduites directement de la morgue au lieu d'inhumation en nombre restreint d'accompagnateurs.

L'augmentation du nombre des personnes testées positives à Kinshasa (estimé à 45 à la date du 24 mars), le souci d'éviter la propagation du Covid-19 dans les provinces et l'absence de rigueur dans l'application à Kinshasa des mesures sanitaires édictées justifient le renforcement des mesures décidées par le président de la République.

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