Tchad: Le pays endeuillé par la mort de 98 soldats dans une attaque de Boko Haram

Des soldats tchadiens

Le Tchad observe à partir de ce mercredi un deuil national de trois jours en la mémoire des 98 soldats tués au cours des affrontements lundi 23 mars avec Boko Haram à Bouma dans la province du Lac. L'affrontement a été un des plus meurtriers pour l'armée tchadienne selon le président Idriss Déby.

L'unité de l'armée tchadienne a été attaquée par surprise et sur quatre fronts. Les jihadistes, visiblement bien renseignés n'ont pas laissé de temps de réaction aux soldats tchadiens. Et quand les renforts venus de la localité voisine de Kaïga Kindjiria sont arrivés, ils sont tombés dans une embuscade tendue par les assaillants qui ont eu le temps d'emporter des armes, leurs morts et blessés et surtout brûler plusieurs véhicules avant de battre en retraite.

Selon le chef de l'État, l'unité en question a été dégarnie avant l'attaque. C'est ce qui explique la faible résistance face au déluge de feu des éléments de Abu Musab al-Barnawi, le leader de l'aile de Boko Haram reconnue par l'organisation État Islamique.

Face à la situation, la colonne de l'armée tchadienne, en route pour le Niger pour rejoindre la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger a été détournée sur la zone des combats en attendant le réajustement du dispositif de l'armée tchadienne annoncé mardi par Idriss Déby.

Le président Déby à Bouma

Idriss Déby s'est rendu en hélicoptère à Bouma. C'est la première fois que l'armée tchadienne reconnue pour ses prouesses dans la région encaisse une telle défaite. Et Idriss Déby dit prendre la mesure de la situation : « J'ai assisté à beaucoup d'opérations, mais perdre d'un seul coup autant d'hommes, c'est la première fois dans notre histoire. Je suis écœuré. Nous allons revoir tout notre dispositif pour éviter ce que Bouma a connu. »

De l'avis de plusieurs connaisseurs de l'armée tchadienne, revoir le dispositif doit consister à mettre fin aux injustices que subissent de nombreux soldats. C'est ce dont doit s'occuper le chef de l'État qui a décidé de rester au Lac pour porter lui-même la réplique à Boko Haram.

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Plus de: RFI

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